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 Les Amérindiens dans la guerre de sécession

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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Mer 28 Nov 2012 - 10:42

Des Indiens dans les troupes confédérées.

Un monument comémoratif des "cinq tribus civilisées" ayant pris part à la bataille d'Honey Spring.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Honey_Springs


La Bataille de Honey Spring est une bataille de la Guerre de Sécession qui a eu lieu le 17 juillet 1863, dans les Territoires Indiens. La victoire des nordistes fut importante pour leur prise de contrôle de ces territoires. Mais cette bataille est surtout remarquable par le fait que la majorité des combattants n'étaient pas des blancs, mais des Amérindiens et des Afro-américains .

Sommaire

1 Le contexte
2 La bataille
3 Les raisons de la victoire nordiste
4 Les conséquences
5 Les forces en présence
5.1 Nordistes
5.2 Sudistes
6 Sources
7 Notes et références



Le contexte
Au début de la Guerre de Sécession, et pour des raisons autant économiques que culturelles, les "Cinq Tribus Civilisées" des Territoires Indiens passèrent du côté confédéré. Elles fournirent des troupes mises sous le commandement du général Douglas H. Cooper, et repoussèrent les troupes indiennes fidèles à l'Union après une courte campagne dont le point culminant fut la bataille de Chustenahlah. En 1863, l'étoile confédérée avait bien pâli.
La reconquète nordiste partit du Kansas, sous le commandement du général Blunt, et chassa les confédérés du nord de la région, les troupes Cherokee en profitant pour embrasser la cause de l'Union.
Confiant dans leur supériorité numérique, les sudistes préparèrent une contre-offensive en direction de Fort Gibson. Les forces prévues étaient, outre les unités indiennes de Cooper, des troupes texanes et la brigade du général William Cabell. Celle-ci devant venir de Fort Smith, Arkansas.
Cooper se mit en marche pour Honey Spring, où se trouvait une important dépôt de ravitaillement sudiste, pour s'y rééquiper en attendant l'arrivée des troupes de Cabell.
Les nordistes eurent vent des projets sudistes et décidèrent d'attaquer avant que les forces sudistes n'aient fait leur jonction. Ils alignaient trois régiments de Indian Home Guard et le 1er régiment d'infanterie des volontaires du Kansas, régiment USCT, c'est-à-dire composé de soldats noirs ; deux bataillons de cavalerie (6e régiment de cavalerie des Volontaires du Kansas et 3e régiment de cavalerie du Wisconsin) ; un bataillon (6 compagnies) du 2e régiment d'infanterie du Colorado et deux batteries d'artillerie du Kansas.

La bataille
L'attaque des troupes nordistes du général Blunt commença le 17 juillet au matin, avec des escarmouches qui montrèrent que les confédérés avaient leur poudre mouillée.
Dans l'après-midi, sous une averse, le 1e Kansas fut lancé à l'attaque des lignes sudistes. Il fut repoussé, son colonel blessé, mais recula en bon ordre. L'action continua par des fusillades.
Le 2e Indian Home Guard se retrouva par mégarde entre les lignes. Sa retraite fut pris pour une fuite par les sudistes qui se lancèrent à l'assaut des lignes nordistes. Cette attaque fut stoppée par le feu des soldats noirs du 1er Kansas.
Cooper se replia pour refaire le plein de munitions au dépôt, mais il était pressé par les nordistes. Le combat repris de la vigueur à un pont sur Elk Creek, environ 500 mètres de la position initiale. Les forces nordistes commençant à tourner sa gauche, la retraite sudiste devint générale. Une autre tentative de bloquer l'avancée nordiste échouant à nouveau, malgré la belle contenance du régiment des Choctaw et Chickasaw pendant une demi-heure, la retraite sudiste se transforma en fuite.
Les nordistes s'emparèrent du dépôt, brûlant tout ce qu'ils ne purent récupérer. Blunt revendiqua une victoire majeure, une perte de 76 hommes seulement pour plus de 500 infligées aux confédérés. De son côté, Cooper ne reconnaissait que 181 morts.
Les raisons de la victoire nordiste
L'équipement déplorable des forces sudistes et le temps pluvieux détrempant leur poudre à fusil ont joué un grand rôle dans la défaite sudiste. Certains témoins, comme le futur chef creek G W Grayson, ont mis en cause la compétence du général Cooper, faisant remarquer que la moitié des forces sudistes restèrent l'arme au pied.
Les conséquences
Cette bataille est la plus importante de celles livrées dans les "Territoires Indiens". La victoire nordiste ouvrit la voie à la capture de Fort Smith par les troupes de Blunt. En dépit des efforts confédérés, comme ceux d'officiers tel Stand Watie, pour reprendre l'initiative dans la région, la guerre évolua en actions de guerillas et rencontres de cavalerie de faible ampleur.
La perte du dépôt de Honey Spring aggrava la situation des forces sudistes déjà pauvrement équipées, qui durent se reporter sur les prises de matériel à leurs ennemis nordistes pour poursuivre la lutte.

Les forces en présence
Nordistes District de la Frontière - Major General James G. Blunt


1e Brigade - Colonel William R. Judson
2e Indian Home Guard --- Lieutenant Colonel Fred W. Schaurte
1e Kansas Colored Infanterie--- Colonel James M. Williams(blessé, remplacé par Lieutenant Colonel John Bowles)
6 Compagnies, 3e Wisconsin de Cavalerie --- Captain Edward R. Stevens
2nd Brigade - Colonel William A. Phillips
6 Compagnies, 2e Colorado Infanterie --- Colonel Theodore H. Dodd
1e Indian Home Guard --- Colonel Stephen H. Wattles
Détachements du 6e Kansas de Cavalerie --- Colonel William F. Campbell
Artillerie
2e Kansas Artillerie montée
1e Section --- Captain Edward Smith
2e Section --- Lieutenant John P. Grassberger
3e Kansas Artillerie montée --- Captain Henry Hopkins
Sudistes1e Brigade Indienne. Troops- Brigadier General Douglas H. Cooper


Brigade Texane - Colonel Thomas C. Bass
20e Texas Cavalry (à pied) --- Colonel Thomas Coker Bass
29e Texas Cavalry - Colonel Charles DeMorse (blessé)
5e Texas Partisan Rangers--- Colonel Leonidas M. Martin
2e Brigade Indienne - Brigadier General Douglas Cooper
1e Cherokee Mounted Rifles, --- Major Joseph F. Thompson
2e Cherokee Mounted Rifles, --- Lieutenant Colonel James M. Bell
1e Choctaw---Chickasaw Mounted Rifles --- Colonel Tandy Walker
1e Creek --- Colonel Daniel N. McIntosh
2e Creek--- Colonel Chilly McIntosh
Artillerie
Lee's Battery--- Captain Roswell W. Lee
Cavalerie
Scanland's escadron, Texas Cavalry --- Captain John Scanland
Gillett's escadron, Texas Cavalry --- Captain L. E. Gillett

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Mer 28 Nov 2012 - 10:58

Des indiens dans les troupes de l'union aussi...

Un article "Civil War Archive" : United States Volunteers - Indian Troops

Union Regimental Histories

United States Volunteers - Indian Troops

1st Regiment Indian Home Guard
Organized at Leroy, Kansas, May 22, 1862. Attached to Dept. of Kansas to August, 1862. 3rd Brigade, Dept. of Kansas, to October, 1862. 3rd Brigade, 1st Division, Army of the Frontier, Dept. of Missouri, to February, 1863. District of Northwest Arkansas, Dept. of Missouri, to June, 1863. District of the Frontier, Dept. of Missouri, to December, 1863. 1st Brigade, District of the Frontier, Dept. of Missouri, to January, 1864. 1st Brigade, District of the Frontier, 7th Army Corps, Dept. of Arkansas, to February, 1864. Indian Brigade, District of the Frontier, Dept. of Arkansas, 7th Army Corps, to February, 1865. 3rd Brigade, 3rd Division, 7th Army Corps, to May, 1865.
SERVICE.--Expedition into Indian Territory May 25-July 28, 1862. Locust Grove, Cherokee Nation, July 3. Bayou Bernard July 27-28. Blount's Campaign in Missouri and Arkansas September 17 to December 3. Occupation of Newtonia October 4. Fort Gibson October 15. Old Fort Wayne or Beattie's Prairie, near Maysville, October 22. Between Fayetteville and Cane Hill November 9. Camp Babcock November 25. Cane Hill, Boston Mountains, November 28. Capture of Fort Davis December. Operations about Cane Hill December 4-6. Reed's Mountains December 6. Battle of Prairie Grove December 7. Expedition over Boston Mountains to Van Buren December 27-29. Capture of Van Buren December 29. Sent to Indian Territory January, 1863, and occupy line of the Arkansas River to protect friendly Indians, with Headquarters at Fort Gibson, I. T., and Fort Smith, Ark., until May, 1865. Action at Bentonville, Ark., February 20, 1863. Fort Blount April 30 and May 20. Fort Gibson, Cherokee Nation, May 22 and 25. Fort Blount June 9. Operations about Fort Gibson June 16-20. Greenlief Prairie June 16. Cabin Creek July 1-2. Elk Creek, near Honey Springs, July 17. Cabin Creek July 20. Creek Agency October 15 and 25. Repulse of Quantrell's attack on Fort Gibson December 16. Near Sheldon Place. Barren Fork, December 18. Operations in Indian Territory February 1-21, 1864. Cabin Creek September 19. Expedition from Fort Gibson to Little River and Hillabee March 18-20, 1865. Mustered out May 31, 1865.
2nd Regiment Indian Home Guard
Organized on Big Creek and at Five-Mile Creek, Kansas, June 22 to July 18, 1862. Attached to Dept. of Kansas to August, 1862. 1st Brigade, Dept. of Kansas, to October, 1862. 3rd Brigade, 1st Division, Army of the Frontier, Dept. of Missouri, to February, 1863. District of Northwest Arkansas, Dept. of Missouri, to June, 1863. District of the Frontier, Dept. of Missouri, to December, 1863. 1st Brigade, District of the Frontier, Dept. of Missouri, to January, 1864. 1st Brigade, District of the Frontier, 7th Army Corps, Dept. of Arkansas, to February, 1864. Indian Brigade, District of the Frontier, 7th Army Corps, Dept. of Arkansas, to February, 1865. 3rd Brigade, 3rd Division, 7th Army Corps, to May, 1865.
SERVICE.--Expedition into Indian Territory May 25-July 28, 1862. Capture of Fort Gibson July 18. Bayou Bernard, I. T., July 28. Blount's Campaign in Missouri and Arkansas September 17-December 3. Shirley's Ford, Spring River, September 20. Expedition to Sarcoxie September 28-30. Occupation of Newtonia October 4. Old Fort Wayne or Beattie's Prairie, near Maysville, October 22. Cane Hill, Boston Mountains, November 28. Capture of Fort Davis December. Battle of Prairie Grove, Ark., December 7. Expedition over Boston Mountains to Van Buren December 27-29. Capture of Van Buren December 29. Sent to Indian Territory and occupy line of the Arkansas River and protect friendly Indians, with Headquarters at Fort Smith, Ark., and at Fort Gibson, I. T, until May, 1865. Near Fort Gibson, I. T., May 20, 1863. Fort Blount and Fort Gibson May 22. Operations near Fort Gibson June 6-20. Greenlief Prairie June 16. Cabin Creek July 1-2. Elk Creek, near Honey Springs, July 17. Operation in Cherokee Nation September 11-25. Repulse of Quantrell's attack on Fort Gibson December 16. Near Sheldon Place, Barren Fork, December 18. Cabin Creek December 19. Mustered out May 31, 1865.
3rd Regiment Indian Home Guard
Organized at Carthage, Mo., September 16, 1862. Served Unattached, Dept. of Kansas, September, 1862. 1st Brigade, Dept. of Kansas, to October, 1862. 3rd Brigade, 1st Division, Army of the Frontier, Dept. of Missouri, to February, 1863. District of Northwest Arkansas, Dept. of Missouri, to June, 1863. District of the Frontier, Dept. of Missouri, to December, 1863. 1st Brigade, District of the Frontier, Dept. of Missouri, to January, 1864. 1st Brigade, District of the Frontier, 7th Army Corps, Dept. of Arkansas, to February, 1864. Indian Brigade, District of the Frontier, 7th Army Corps, Dept. of Arkansas, to February, 1865. 3rd Brigade, 3rd Division, 7th Army Corps, to May, 1865.
SERVICE.--Bayou Bernard, I. T., July 28, 1862. Neosho, Mo., September 1. Spring River September 1. Neosho September 3 and 5. Shirley's Ford, Spring River, September 20. Newtonia September 30. Occupation of Newtonia October 4. Newtonia October 5. Fort Gibson October 15. Old Fort Wayne or Beattie's Prairie, near Maysville, October 22. Cane Hill November 28. Capture of Fort Davis December. Salem December 2. Prairie Grove and Rhea's Mills December 7. Neosho December 15. Cane Hill December 20. Expedition over Boston Mountains and capture of Van Buren December 27-29. Sent to Indian Territory and occupy line of the Arkansas River and protect friendly Indians, with Headquarters at Fort Gibson, I. T, and Fort Smith, Ark., until May, 1865. Near Maysville January, 1863. Cherokee Country January 18. Fort Gibson February 28. Neosho March 2. Greenlief Prairie March 12. Fort Gibson March 27. Fort Blount March 27. Tahlequah March 30. Near Maysville May 8. Fort Smith, Ark., May 15. Near Fort Gibson and Fort Blount May 20. Fort Gibson May 22. Fort Blount May 25 and June 1. Operations about Fort Gibson June 6-20. Spring Creek June 6. Greenlief Prairie June 16. Fort Blount June 19. Cabin Creek July 1-2. Elk Creek, near Honey Springs, July 17. Operations in Cherokee Nation September 11-15. Fourteen Mile Creek October 30. Repulse of Quantrell's attack on Fort Gibson December 16. Near Sheldon Place, Barren Fork, December 18. Near Fort Gibson December 26. Operations in Indian Territory February 1-21, 1864. Scullyville April 16. Near Maysville May 8. Cabin Creek and Prior's Creek September 19. Cow Creek November 14 and 28. Expedition from Fort Gibson to Little River and Hillabee March 18-30, 1865. Skirmish on Snake River, Ark., April 28. Mustered out May 31, 1865.
4th Regiment Indian Home Guard
Organization commenced but not completed. Men transferred to other organizations.


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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Mer 28 Nov 2012 - 11:04

Ely Samuel Parker (à gauche sur la photo)

Ely Samuel Parker (1828–1895), né Hasanoanda, était un Américain Amérindien de la nation Sénécas dans l'État de New York, qui fut avocat, ingénieur, et un diplomate entre le gouvernement des États-Unis et les Amérindiens. Lieutenant-colonel durant la Guerre de sécession dans le camp de l'Union, il fut officier adjoint auprès du général Ulysses Grant, et aida à rédiger le texte de la reddition des Confédérés à Appomatox.
Il fut promu brigadier Général des volontaires mais il s'agissait d'une promotion par brevet et Parker demeura lieutenant colonel dans les faits.
Devenu président, Grant le nomma commissaire aux Affaires indiennes, ce qui fit de lui le premier Amérindien à ce poste, de 1869 à 1871.






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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 9:35

"Histoire pour tous" - Les Amérindiens dans la guerre de sécession -



http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/98-xixe-siecle/3774-les-amerindie…

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 9:37

Stand Watie, le dernier rebelle

Un article de Vincent Willaime sur Herodote .net

23 juin 1865

Stand Watie, le dernier rebelle


Le 23 juin 1865, le dernier général confédéré (sudiste) dépose les armes et se rend avec le reste de ses troupes aux forces de l'Union, deux mois après la capitulation de Robert Lee et de l'Armée de Virginie face à Ulysses Grant.

Symbole de deux causes perdues pour lesquelles il a lutté, le général de brigade Stand Watie a la particularité d'être le seul Indien à avoir atteint le grade de général durand la guerre de Sécession.

Un traité au goût amer

De-Ga-Ta-Ga, de son nom anglicisé Stand Watie («celui qui se tient fermement debout»), est né en Georgie, le 12 décembre 1806, d'une mère à moitié blanche et d'un père cherokee. Son oncle paternel est un leader cherokee respecté, Major Ridge.

Ce dernier ainsi que sa famille se rendent compte de l'impossibilité de demeurer sur les terres de leurs ancêtres, en Georgie et Caroline du Nord, surtout après que la découverte d'un gisement d'or y eut attiré des colons en masse.

Le 29 décembre 1835, ils signent après beaucoup d'hésitations le traité de New Echota proposé par le président Andrew Jackson. Par ce traité, la Nation cherokee cède ses terres ancestrales en échange d'argent et de terres dans le Territoire Indien, au-delà du Mississipi (actuellement l'État d'Oklahoma). Mais le texte est rejeté par la très grande majorité des Indiens cherokee et scinde la communauté en deux factions rivales qui vont s'opposer violemment jusqu'au milieu des années 1840.

Environ 2.000 Cherokees seulement se rendent volontairement sur leurs nouvelles terres et il faut l'intervention des forces fédérales, aidées de la milice de Georgie, en 1838, pour faire appliquer les clauses du traité et transférer les autres Indiens. 4.000 périssent lors de cet exode forcé, et un millier s'échappent en se cachant dans les montagnes. Cet épisode dramatique de l'histoire cherokee est connu sous le nom de «Trail of Tears» (le Chemin des Larmes).

Les signataires du traité sont assassinés en juin 1839 par des vengeurs, à l'exception de Stand Watie qui, averti, a pu s'enfuir à temps. Éduqué, riche, vivant à l'occidentale, il devient un très riche planteur et propriétaire foncier. C'est aussi un propriétaire d'esclaves beaucoup de riches Indiens du Sud. On estime qu'environ 1.600 esclaves noirs travaillent alors pour le compte de propriétaires cherokees. Comme leurs homologues blancs, ceux-ci sont partagés sur le caractère profondément immoral de l'esclavage.



Des Cherokees au service de la Confédération



Lorsqu'éclate la guerre de Sécession, Stand Watie s'engage pour le Sud, espérant peut-être, en échange de son soutien, obtenir l'indépendance pour la Nation qu'il représente.

Nommé colonel en juillet 1861, il forme un régiment de cavalerie cherokee qu'il met au service des armées confédérées. Son rayon d'action ne se limite pas exclusivement aux territoires indiens, bien que les Indiens soient en principe exempts de service en-dehors de leurs terres. Ses troupes participent à de nombreux engagements, dans les batailles rangées aux côtés des troupes confédérées et sous forme de raids derrière les lignes de l'Union.

Stand Watie est promu général de brigade en mai 1864 et reçoit le commandement de la 1ère Brigade Indienne. Environ 3.000 Cherokees vont ainsi servir la Confédération, dont la plupart sous ses ordres. Mais beaucoup d'autres vont rester fidèles à l'Union nordiste de sorte que la Nation cherokee, une nouvelle fois, va s'entredéchirer, Stand Watie et ses troupes consacrant au final beaucoup plus d'énergie à combattre leurs frères de race que les troupes nordistes !

D'après certaines estimations, la population cherokee est tombée de 21.000 âmes au début du conflit à 14.000 à la fin.

Après la guerre, Stand Watie devient membre de la délégation des Cherokees du Sud durant la négociation du «Cherokee Reconstruction Treaty» de 1866. Puis, il retourne sur ses terres où il meurt le 9 septembre 1871 sans avoir pu reconstituer sa fortune.

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 9:48

Stand Watie commandait des troupes indiennes cherokees et avait le grade de général dans l'armée confédérée





La 1er brigade indienne au départ avais 2 régiments de cav.

Le 1er commandé parr Stand Watie.
Le 2e par son frère d’Isaac S. Watie.

En plus des 5 tribus dans le 2e Rgt Cherockee cav il y avait des Osages, qui étaient les rescapés des déportations vers la Géorgie d'ou viennent les frères Watie, et vers les deserts de l'ancien Territoire indiens actuel Oklaoma.
La brigade indienne combattait essentielement sur la rivière rouge. Stand Watie ne fut jamais reconnu par le nord et n'apparu jamais pendant très longtemps dans les livres d'histoire, la raison est que le gouvernement du nord n'acceptait pas qu"un " rouge " soit le dernier signataire de paix dans cette guerre. Pour l'histoire c'est donc le général Edmund kirby Smith qui signa comme dernier général " officiel " qui signa cette paix à Shevreporth ' Louisianne " le 26 mai 1865..



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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 9:56

Un timbre Stand Watie



Incarné par Léon Yazzie
dans le documentaire : "Native Americans of the civil war"





Dans un album de la jeunesse de Blueberry





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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 10:00

Les filles de stand Watie en 1870




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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 10:14




Stand Watie - Biographie (Wiki)

Stand Watie (12 décembre 1806 – 9 septembre 1871) (également connu sous les noms de Degataga : « inébranlable » et d’Isaac S. Watie) fut un chef de la nation Cherokee et un général de brigade de l’armée des États confédérés d'Amérique durant la guerre de Sécession. Il commanda la cavalerie amérindienne, essentiellement composée de Cherokees, de Creeks et de Séminoles.

Watie naquit près de Rome, en Géorgie, le 12 décembre 1806, de Oo-watie (David Uwatie) et Susanna Reese, qui était une métisse blanche et cherokee. Il était le frère de Gallegina « Buck » Watie (plus connu sous le nom d’Elias Boudinot). Les deux frères étaient également les neveux de Major Ridge, et par conséquent, les cousins de John Ridge.

Les frères Watie étaient favorables à la politique du « Transfert indien », qui impliquait le transfert des Cherokees vers l’Oklahoma, et étaient membres du parti Ridge (nommé ainsi d’après sa principale figure, Major Ridge), dit aussi parti du traité, qui signa le traité de New Echota. Les opposants au Transfert, regroupés autour de John Ross, chef de la Nation cherokee, estimaient le traité en violation de l’opinion majoritaire au sein de la tribu, parce qu’aucun des signataires n’avait été élu et qu’ils ne pouvaient prétendre représenter la nation Cherokee. En conséquence, John Ross et ses partisans refusèrent d’entériner ce traité.

Watie, sa famille et de nombreux autres Cherokees migrèrent vers l’Ouest. Les Cherokees et leurs esclaves qui étaient restés sur leurs terres tribales de l’Est furent contraints à émigrer par le gouvernement des États-Unis en 1838, déportation connue sous le nom de Piste des Larmes, au cours de laquelle moururent des centaines de Cherokees. Le parti Ross en rendit responsables les frères Watie et la famille Ridge, accusés de meurtre ; sur les quatre hommes ainsi pointés du doigt, seul Stand Watie en réchappa vivant.

Stand Watie, qui était propriétaire d’esclaves, acquit et fit fructifier une plantation à Spavinaw Creek, dans le Territoire indien. Il fut membre, de 1845 à 1861, du Conseil Cherokee, dont il fut même un temps président.
Au service de la Confédération
Drapeau de la cavalerie cherokee sous les ordres de S. Watie

Stand Watie fut le seul amérindien des États-Unis à atteindre le grade de général de brigade (ou brigadier general selon la terminologie militaire en vigueur dans les armées américaines) dans l'une ou l'autre des deux armées alors en conflit.

Après que le chef John Ross et le Conseil Cherokee, qui avaient d’abord proclamé la neutralité des Cherokees dans le conflit, eurent décidé de soutenir la cause des États confédérés d’Amérique par crainte de diviser la nation cherokee, Watie décida de lever un régiment de cavalerie. En octobre 1861, il reçut le grade de colonel du First Cherokee Mounted Rifles.

Bien qu’il combattit officiellement les troupes fédérales, Watie usa aussi de son commandement pour s’impliquer dans des luttes internes aux Cherokees, et se retourner de la même façon contre des Creeks, des Séminoles et d’autres qui avaient choisi de soutenir l’Union. Watie est surtout connu pour son rôle dans la bataille de Pea Ridge, en Arkansas, qui se tint du 6 au 8 mars 1862 et s’acheva sur une victoire de l’Union. Les troupes de Watie y prirent les positions de l’artillerie des fédéraux, réussissant par ce fait à couvrir la retraite de l’armée confédérée du champ de bataille.

Bien que le soutien cherokee à la Confédération se fût émoussé, Watie resta à la tête de ce qui restait de ses troupes. Il fut promu au grade de général de brigade par le général Samuel Bell Maxey, et se vit confier le commandement de deux régiments de cavalerie ainsi que de trois bataillons d’infanterie composés de Cherokees, de Séminoles et d’Osages. Ces soldats étaient basés au sud de la Canadian River, qu’ils traversaient régulièrement pour mener des incursions au sein du territoire de l’Union. Ils combattirent dans nombre de batailles et d’escarmouches dans l’ouest du territoire confédéré, notamment sur le Territoire indien, l’Arkansas, le Missouri, le Kansas et le Texas. Les forces de Stand Watie sont réputées avoir davantage été engagées à l’ouest du Mississippi que toute autre unité.

Le 23 juin 1865, à Fort Towson, dans le secteur choctaw du territoire de l’Oklahoma, Watie signa un accord de cessez-le-feu avec des envoyés de l’Union, devenant ainsi le dernier général confédéré à rendre les armes.
Dirigeant des Cherokees du sud

En 1862, pendant la guerre, Watie fut élu principal chef de la « nation des Cherokees du sud ». En tant que dirigeant de cette nation des Cherokee du sud (qui émigra après la guerre au Kentucky), il fit partie de la délégation participant aux négociations devant mener au Cherokee Reconstruction Treaty (« Traité de la reconstruction cherokee ») et amorça des efforts pour reconstituer les terres tribales.

Watie et son neveu, Elias Cornelius Boudinot, furent arrêtés pour évasion fiscale : ils étaient accusés d’avoir tenté d’échapper à l’imposition sur les revenus qu’ils tiraient d’une manufacture de tabac. Les deux hommes se constituèrent plaignants dans le procès qui suivit : le Cherokee Tobacco Case (« procès du tabac cherokee ») de 1870, qui battit en brèche le statut tribal d’exemption de taxes accordé par le traité de 1866. Ce jugement amena le Congrès des États-Unis, à Washington, à gêner la conclusion de nouveaux traités avec les tribus indiennes, réservant la politique indienne aux lois votées par le Congrès ou aux décisions de l’exécutif. Après sa mort, son cousin James S. Martin emmena la nation des Cherokees du sud jusqu’au Kentucky.

Watie fut marié quatre fois, dont trois avant le transfert vers l’ouest. Il épousa en 1843 sa quatrième femme, Sarah Caroline Bell, qui lui donna cinq enfants. Il est enterré au cimetière de Polson dans l’Oklahoma, au sud-ouest du Missouri.

Voir aussi :

http://en.wikipedia.org/wiki/Stand_Watie

http://western-oldies.fr/crbst_109.html

http://www.larousse.fr/encyclopedie/article/Laroussefr_-_Article/11009655




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Dernière édition par Général Leroy A. Stone le Lun 24 Déc 2012 - 10:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 24 Déc 2012 - 10:19

Stand Watie Memorial

Memorial to Stand Watie in Polson Cemetery, Deleware County, Oklahoma. Confederate General Stand Watie was the only full-blooded Native American General on either side of the Civil War. He fought at the Battle of Pea Ridge & other battles in Arkansas & Missouri. He surrendered on 23 June 1865 as the last Confederate General in the field. In 1863, Watie was elected principal chief of the Cherokee.



Pierre tombale de Stand Watie



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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 14 Jan 2013 - 13:41

Indian Warriors: The Untold Story of The Civil War
Un documentaire de 45mn


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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 14 Jan 2013 - 16:32

Merci pour tes sujets,general Leroy. j'ai pas trop la tête à ça.( 2eme chimio pour ma femme aujourd'hui).Mac.

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 14 Jan 2013 - 17:37

On pense fort à vous mac.

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 21 Jan 2013 - 18:28

Des Cherokees chez les confédérés
"Dessins tirés de l'Osprey : "American Civil War in the Indian Territory" 2006

Vous voyez, je ne raconte pas que des conneries dans : "rires, delires, trouvailles du net" .









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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 28 Jan 2013 - 16:10

Les indiens Chippewa du 9th Minnesota

grande photo : http://img89.xooimage.com/files/f/8/2/chipcivilwar-vets-38dcedb.jpg


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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 17 Fév 2013 - 7:37


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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 17 Fév 2013 - 8:03






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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 17 Fév 2013 - 9:06

Chez les bleus et chez les gris...
Osprey Warrior 105 Native American Mounted Rifleman 1861-65





















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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 1 Déc 2013 - 11:06

Bon ça va être long à lire mais cela en vaut la peine...
Cet article n'est pas de moi (voir en bas de page)

Les indiens pendant la guerre de sécession



Introduction


Assez curieusement , quand on emploie aujourd'hui les mots "Guerres Indiennes", c'est essentiellement pour désigner les affrontements entre "peau-rouge" et "tuniques bleues" au cours des trois dernières décennies du XIXe siècle. Pourtant, ces guerres sont loin de se limiter à ces quelques décades. En fait, on peut dire qu'elles commencent pratiquement au moment des premiers contacts entre Européens et Indiens , et qu'elles vont se poursuivre, presque sans interruption, pendant trois siècles.
La guerre civile américaine ne marque pas une pause dans les guerres indiennes. Au contraire, le retrait de nombreuses troupes des forts de l'ouest (en 1860, la majeure partie des 16 000 soldats US se trouvait à l'ouest du Mississippi) va relancer sur le "sentier de la guerre" bon nombre de tribus, parfois plus ou moins pacifiées, qui crurent pouvoir enfin se débarrasser de la présence blanche et revenir à l'ancien temps, ou plus simplement, qui y virent l'occasion de fructueux pillages…


La révolte des sioux du Minnesota, 1862


Le Minnesota en 1862

En 1862, le Minnesota n'est devenu membre de l'Union américaine que depuis quatre ans. Sa population blanche s'élève à moins de 200 000 personnes (172 023 au recensement de 1860), dont un bon tiers d'émigrants européens récents, à la recherche de la terre promise et d'une vie meilleure sur un continent "neuf", mais prêts, pourtant, à défendre leur nouvelle patrie. Lorsque la guerre de sécession éclate, le gouverneur de l'état, Alexander Ramsey, est le premier à offrir des troupes au président Lincoln. La population suit Ramsey avec enthousiasme, et à l'été 1862, cinq régiments d'infanterie, une compagnie de Sharpshooters (1st USSS), trois de cavalerie et une batterie légère , soit plus de 5 000 hommes, combattent les confédérés. Après l'appel du président le 4 août réclamant 300 000 volontaires de plus, le Minnesota s'apprête à lever cinq régiments supplémentaires et, partout, retentit le tambour. Mais les événements vont appeler ces nouvelles unités à un autre combat.

Spoliation

En cet été 1862, une grande partie de l'état est à peine sorti de la "frontière", mythique limite de la civilisation aux Etats -Unis, et est encore sauvage. On compte ici et là, quelques comptoirs commerciaux, des postes militaires et surtout des villages Sioux, Chippewas et Winnebagos. Les plus nombreux sont les Sioux Santees ou Dakotas, 6 500 personnes, divisées en quatre communautés: Les Mdewkantons, les Wahpetons, les Wahpekutes et les Sissetons, tous Sioux "forestiers" cousins des Sioux Yanktons et Tetons (les Lakotas des grandes plaines). Au cours des dix années précédent la guerre civile, les Santees durent abandonner aux blancs les 9/10e de leur territoire contre des promesses généralment non tenues et le paiement d'annuités détournées, le plus souvent, au profit de spéculateurs et autres marchands, dont le futur gouverneur Ramsey lui même (mis en accusation mais innocenté par le sénat des Etats-Unis). Ce même sénat ratifia un traité signé en 1851, ou il n'était même plus question de réserve dans le territoire et les Dakotas faillirent être totalement expulsés du Minnesota. Finalement, sous la pression des défenseurs des indiens, le président Franklin Pierce intervint et les Santees furent regroupés sur une étroite bande de terre au sud-ouest, le long de la rivière Minnesota. Solution provisoire était-il précisé, en attendant leur déplacement définitif…
Les indiens n'avaient pas le choix, ils durent accepter. Deux agences furent établies pour superviser la réserve, "the Upper agency" ou "yellow medecine" pour les Wahpetons et les Sissetons, "the Lower agency" ou "Redwood creek" pour les Mdewakantons et les Wahpekutes. Fort Ridgely fut bâti en 1853, non loin de la "Lower agency" pour surveiller le tout, trois compagnies du 6th infantry y tinrent garnison.

Des missionnaires chrétiens s'efforcèrent d'évangéliser les Dakotas, et effectivement, une partie non négligeable suivra "la route des blancs" en adoptant leur religion en même temps que leur mode de vie sédentaire, leurs habitations, leurs costumes, jusqu'à leur coupe de cheveux ! Les agents du gouvernement favoriseront ces nouveaux fermiers au détriment des "traditionalistes" entendant rester fidèle au mode de vie de leurs ancêtres que l'on tentera de convaincre par tous les moyens, y compris en entravant leur droit de chasse ou en punissant les jeunes guerriers pour les inévitables raids chez les Chippewas voisins, leurs vieux ennemis.
Livrés à l'habituelle faune des marchands et aventuriers (voir même des membres du personnel du gouvernement) qui les escroquèrent et les exploitèrent sans le moindre scrupule (quand ils n'abusaient pas de leurs femmes selon le chef Big Eagle des Mdewahkantons !), les Dakotas durent également subir la pression des émigrants, principalement allemands, scandinaves et irlandais, déferlant sur leurs terres, toujours plus nombreux. Sans aucun doute ces colons étaient de braves gens pour l'immense majorité, mais ils méprisaient profondément les indiens, qui, de leur coté, "se croyaient les hommes les plus valeureux de la terre" (chef Big Eagle). Ici, comme partout ailleurs lors de la conquête du continent américain, la rencontre de deux cultures parfaitement incompatibles et l'incompréhension mutuelle qui en résultera, encore compliquée par les agissements des mauvais sujets que compte chaque peuple, vont engendrer la tragédie. Hélas, ce sont des innocents qui en seront le plus souvent les victimes, qu'ils soient blancs ou indiens. Par exemple en 1857, après qu'un colon et son fils aient, pour des raisons obscures, assassinés une douzaine de Wahpekutes, principalement des femmes et des enfants, les indiens se vengèrent en massacrant au hasard cinquante colons ! Ce crime resté impuni provoquera un mouvement de panique généralisé chez les blancs qui réclameront le départ de tous les Sioux du territoire sans distinction, et son ouverture aux colons !

En 1858, au terme d'un nouveau traité qui voit pourtant les principaux chefs Dakotas en visite à Washington, la réserve est diminuée de toute la rive nord-est de la rivière, c'est à dire réduite de moitié ! Malgré ces avatars, les Sioux restent calmes, certes contraints et forcés par la présence de l'armée, mais également par des éléments jouant un rôle modérateur au sein de leur communauté : les "indiens aux cheveux courts" et les nombreuses familles de sang mêlés aux intérêts identiques à ceux des blancs.


Provocation ou stupidité ?

Lorsqu' éclata la guerre civile, les réguliers de Fort Ridgely furent rappelés à l'est pour combattre les sudistes, les volontaires qui les remplacèrent ne restant que peu de temps, les indiens commencèrent à penser que les choses tournaient mal pour les Etats-Unis, surtout quand on vint lever une compagnie de sang- mêlés et d'employés du gouvernement. Un bon signe selon Big Eagle, " Nous commencions à penser qu'allait venir le temps de faire la guerre aux blancs et de reprendre nos terres".
Les colons considéraient pourtant de plus en plus les Santees comme des gens pacifiques et, finalement, des voisins acceptables, mais dans la réserve, les choses allaient de plus en plus mal. Les récoltes avaient été désastreuses en 1861, et en mai de l'année suivante, toutes les tribus étaient bien proches de la famine. Les Dakotas s'endettèrent énormément auprès des marchands qui profitaient de la situation. Craignant de voir les annuités du gouvernement partir directement dans les poches de ceux ci comme à l'accoutumée, les Santees commencèrent à manifester leur anxiété. Pour aggraver encore une situation explosive, le nouvel agent du gouvernement, Thomas J. Galbraith, appela des renforts de troupe (un détachement de la compagnie C du 5th Infantry vol. Rgt du lieutenant Timothy J.Sheehan) et décréta qu'il ne pouvait distribuer les provisions gouvernementales avant que ne soit réglé un problème financier qui retardait l'arrivée de l'officier payeur : les 71 000 dollars dus aux Santees seraient ils payés en or ou en billets vert cette année ? Galbraith, que l'on décrira ensuite comme arrogant, alcoolique et sans diplomatie, prétendait qu'il n'y avait là qu'un jeu d'écriture. Il semble qu'il spéculait avec Clark W.Thompson, superintendant des affaires indiennes pour l'état, et Morton Wilkinson, sénateur du Minnesota, à qui ils devaient tous deux leur position !

On comprend aisément que dans ces conditions, un parti de Sioux excédé prenne d'assaut deux entrepôts du gouvernement à l' "Upper agency" le 4 août ! L'ordre fut rétabli après que le lieutenant Sheehan ai contraint Galbraith à distribuer aux indiens une partie des denrées alimentaires. Un premier conseil eu lieu le lendemain à "Lower agency". Les marchands refusèrent de vendre des provisions aux Santees avant le paiement total des annuités ou même de leur faire crédit ! Le leader de ces marchands, Andrew J.Myrick, eut à cette occasion une parole, oh combien malheureuse : " si ils ont faim " déclara t'il " ils n'ont qu'à manger de l'herbe ou leur propre merde !" . Cette remarque fut rapportée aux indiens qui attendaient à l'extérieur le résultat de la conférence. Ils se dispersèrent sans incident, mais furieux et profondément choqués d'autant plus que Myrick , la plupart des commerçants et de leurs employés, étaient, ou bien mariés à des femmes Dakotas, ou sang- mêlés eux mêmes !!!
On a pu croire pourtant que la situation était calmée le 11 août quand Galbraith, effrayé par les possibles conséquences de ses actes et des ses propos, fit enfin des promesses aux indiens, promesses qu'il "oublia" quelques jours plus tard, pensant finalement que les mécontents n'étaient qu'une poignée. Entre temps, les troupes, après avoir servies de modérateur, étaient rentrées au fort. Apparemment tout était terminé, pourtant, l'incendie à venir ne demandait qu'une étincelle pour s'allumer…


Vers l'irréparable

Cette étincelle survint le 17. Ce jour là, un dimanche, quatre jeunes Mdewhakantons qui revenaient de la chasse, décidèrent, pour jouer, de voler quelques œufs à des fermiers blancs d'Acton. Un des jeunes gens remarquant que ce geste pourrait leur attirer des ennuis, les autres le traitèrent bien sûr de lâche et se montant la tête mutuellement, ils affirmèrent qu'ils n'avaient peur de rien et que si l'occasion se présentait ils tueraient même un blanc ! Que se passa t'il ensuite ? Il semble que les jeunes indiens participèrent à une sorte de compétition de tir avec des fermiers d'Acton, preuve de leurs bonnes relations, puis sans provocation apparente, voyant peut être là l'occasion de mettre à exécution leurs bravades précédentes, et peut être également un peu éméchés, ils retournèrent leurs armes contre les blancs, tuèrent trois hommes et deux femmes avant de prendre la fuite en volant des chevaux !!! Leur arrivée hurlante dans leur village et le récit de leurs "exploits" furent salués par la consternation quasi-générale. La plupart des indiens présents étaient certains maintenant que les annuités ne seraient jamais payées et que les représailles n'allaient pas tarder.

Au cours de la nuit suivante, des représentants de la plupart des villages de la "Lower agency" (Skakoppe, Mankato, Bouteille Magique et Grand Aigle) se réunirent chez Little Crow qui parla longuement au cours d'un conseil plutôt houleux. Que fallait il faire maintenant ? On s'était bien gardé d'inviter les "indiens aux cheveux courts" et les sang- mêlés !
Little Crow avait, environ, 50 ans au moment des faits. Il était réputé ambitieux et corrompu et était seulement le chef d'un village Mdewhakantons. Il était aussi influent et courageux, shaman Dakota, homme sacré et doté d'un charisme certain. Pourtant, en 1862, il était plutôt en disgrâce parmi son peuple après le désastreux traité de1858, et était "sur la voix des blancs". Little Crow était allé à Washington et il connaissait la puissance des blancs, il refusa d'abord de mener toute action de guerre, avertissant les partisans de la violence qu'ils n'avaient aucune chance. Il fut violemment pris à partie, et finalement, contre son gré, accepta de prendre la tête d'un soulèvement visant à se débarrasser des blancs et reprendre leurs terres. "Braves " lança Little Crow " vous êtes des petits enfants, des fous, vous allez mourir comme des lapins chassés par des loups affamés sous la lune. Je ne suis pas un couard, je mourrai avec vous !" Little crow ne manquait ni de courage…ni de vanité, il était finalement flatté d'avoir ainsi été pressenti comme chef et il voyait là un excellent moyen de reconquérir son prestige perdu. Grand Aigle (Big Eagle) plaida ensuite la cause de la paix, mais plus personne ne l'écoutait. c'était décidé, les Santees allaient faire la guerre aux blancs !


Comment on raconte un massacre

A l'aube du 18 août, en costume de guerre, Little Crow conduisit sa colonne sur la "Lower agency" . A sept heures, les indiens attaquèrent, submergeant les maisons et criant en Dakotas "tuez les blancs ! tuez les blancs !" . Parmi les premières victimes, Myrick dont on bourra la bouche avec de l'herbe ! Vingt hommes furent assassinés au cours de l'assaut, dix femmes et enfants capturés…
Dans les heures qui suivirent et dans toute la région, des bandes d'indiens déchaînés semèrent la terreur. Il peux être intéressant ici d'observer comment cette orgie de meurtres et de violences fut décrite dans les livres, selon les époques. Dans "the American civil war" publiée en 1961, E.S. Miers évoque des témoignages qui parlent "d'enfants mutilés gisant sur la prairie, de bébés au crane fracassé sur les roues des chariots, de vieux et de malades brûlés vifs dans leur lit, de femmes et de jeunes filles jetées au sol et violentées par des guerriers ivres et hurlants…"
Pas de détails de ce genre dans "the Indian wars " de R M Wiley et W.E.Ashburn (1992). On ne nie pas qu'il y ait eu des atrocités, mais on les justifie comme un juste retour des choses au nom de ce que les indiens durent eux-mêmes subir. Le "politiquement correct" est passé par là ! Mais quoi qu'on en pense, il n'y a pas de "bons massacres" et le "matin rouge du Minnesota" vaut bien "Sand Creek " !!!

Soulignons que si certains indiens "civilisés" ou métis se joignirent au mouvement, la plupart refusèrent et plus d'un risqua même sa vie pour des colons blancs, les aidant à fuir ou les protégeant quand ils étaient capturés et détenus dans un village hostile. Par exemple, le docteur Thomas Williamson, médecin et missionnaire, put il fuir avec sa famille, averti à temps par des indiens amis. Big Eagle affirmera qu'il avait sauvé plusieurs amis blancs le 18 août "Je crois" dira t'il " que d'autres participèrent à l'attaque pour les mêmes raisons, presque chaque indien avait un ami qu'il ne voulait pas voir mourir , mais il ne se souciait pas des amis des autres. "
Pour Dee Brown, très favorable aux indiens dans son livre "Bury my heart at Wounded Knee", le "massacre de plusieurs centaines de colons" (sans plus de détails) au nord de la rivière Minnesota le 18 août, fut le fait de bandes de jeunes pillards indisciplinés échappant totalement au contrôle des chefs , (les "mauvais sujets" évoqués plus haut). Ceci est parfaitement plausible mais n'enlève rien à l'horreur des faits.


Tragique embuscade

Un parti de recruteurs pour l'armée, désarmé, est également attaqué non loin de la localité de New Ulm. Pusieurs hommes sont tués et les rescapés rapportent la nouvelle en ville ou l'en pense d'abord que ce n'est là le fait que d'une bande d'indiens ivres. Le shérif Roos prend la tête d'un groupe de trente volontaires afin de les capturer. Rapidement, la vérité se fait jour. Des réfugiés, à pied, en voiture, à cheval, parviennent à New Ulm et se répandent dans les rues. Tous sont hagards, tous parlent de meurtres, d'incendies, de pillages, de viols … Plus de doute, la nation Santee toute entière s'est soulevée, aucun blanc n'est à l'abri, Sans aucun doute, New Ulm et Fort Ridgely vont être emportés par la vague… Et ils fuient plus loin, jusqu'à Saint Paul, à plus de 100 miles de là, entraînant avec eux plusieurs familles de la ville complètement affolées. Au même instant, d'autres réfugiés parviennent à Fort Ridgely avec les mêmes horribles histoires. La garnison du fort est composée de deux officiers et 76 hommes du 5th Minnesota infantry, company B, sous le commandement du capitaine Marsh qui n'a aucune expérience des indiens. Marsh prend 46 soldats et se rend vers l'agence Redwood. La petite troupe rencontre fermes brûlées et corps mutilés avant de tomber dans une embuscade. 25 hommes sont tués, dont le capitaine Marsh, 5 autres blessés, un seul Sioux est abattu. !
Roos, de retour à new Ulm, est épouvanté par ce qu'il a vu. Il est persuadé que la cité qui compte 900 habitants, largement d'origine allemande, va être attaquée dans les plus brefs délais. Il prépare la défense qui est placée sous la direction de Jacob Nix. On organise les hommes en milice, des barricades sont érigées et un message est envoyé au gouverneur Ramsey.



Le gouvernement réagit

C'est dans l'après-midi du 19 que Ramsey et la capitale de l'état, Saint Paul, apprennent la nouvelle du soulèvement. C'est la stupeur. 250à 350 colons ont déjà perdu la vie dans des conditions épouvantables, des hommes principalement, encore que certains jeunes braves se soient pavanés dans leurs villages avec des scalps de femmes à la ceinture, entraînant d'ailleurs une réprobation quasi-générale de la part des autres indiens. Les Santees ont capturé plusieurs centaines de blancs et de sang mêlés, essentiellement des femmes avec leurs enfants. Si elles ont été majoritairement épargnées, il est admis que de nombreuses femmes aient cependant été violées … Des milliers d'autres colons sont en fuite, en proie à la panique et la répandant partout ou ils passent, dépeuplant presque totalement vingt trois comtés de l'état !
Le gouverneur réagit immédiatement et réunit des troupes : quatre compagnies du 6th Minnesota, à peine entraînées, sous le commandement du colonel Henry Hastings Sibley, un négociant en fourrure surnommé "grand marchand" par les Sioux dont il semble avoir assez largement "profité" lui aussi. Sibley est l'adversaire politique de Ramsey, mais un vieil ami! Il se met en route pour Fort Ridgely le 20 août. Sa colonne avance lentement à la grande fureur de la presse, rencontrant des problèmes de ravitaillement et manquant de matériel et d'armes. En chemin, il ramasse six nouvelles compagnies du 6th et plusieurs milices locales qui portent ses effectifs à 1 400 hommes, tout à fait inexpérimentés pour la plupart …



Les "batailles" de Fort Ridgely

C'est le lieutenant Thomas P. Gere, qui commande maintenant la poignée d'hommes restant au fort. Il a 19 ans et aucune expérience du combat. Il envoie un messager au gouverneur pour obtenir des renforts. En chemin, le courrier (le soldat Sturgis) rencontre Galbraith et ses miliciens, les "Renville rangers" constituant la compagnie d'employés du gouvernement et de sang mêlés levée précédemment. Tous prennent aussitôt la direction du fort . Ce celui ci n'est pas un rectangle clôturé de rondins comme on le voit si souvent dans les "westerns", mais un groupe de bâtiments isolés les uns des autres autour d'une place d'arme, en bref, malgré ses quatre canons, une proie qui semble facile. Ajoutons au moins 200 réfugiés, femmes et enfants, et on comprendra l'inquiétude de Gere. Il a heureusement avec lui un soldie sergent d'ordonnance, John Jones, qui prépare la défense. Ironie du sort, la diligence transportant l'officier payeur avec l'argent des Sioux vient juste d'arriver . Trop tard !
A l'aube du 19 août, un grand nombre d'indiens menés par Little Crow, Mankato et Big Eagle, se montrent en vue du fort. Malgré l'avis des chefs, conscients de l'importance stratégique de la place, les jeunes guerriers préfèrent différer l'attaque. Trop d'hommes sont encore occupés à tuer les fermiers et à piller les environs. Ils insistent pour diriger leurs efforts d'abord sur New Ulm qui semble bien plus facile à enlever, et puis là bas, il y a des magasins à vider et des femmes à prendre , bref, de quoi "s'amuser" sans trop de risques. Une partie des indiens, dont les chefs cités plus haut, refusant d'aller attaquer des femmes et des enfants sans défense, abandonnent le combat tandis que les plus excités convergent sur New Ulm. Décision lourde de conséquences, car Gere reçoit des renforts, les 50 hommes de Sheehan d'abord puis les 50 miliciens de Galbraith. Ce sont, au soir du 19, près de 200 hommes en armes qui attendent à présent les Dakotas…

New Ulm subit donc l'attaque d'une centaine de Sioux à peine qui sont aisément repoussés après avoir tué dix sept personnes , leurs propres pertes sont inconnues. Leur première victime fut une fillette de treize ans, Emilie Pauli. De petits groupes de fermiers en armes arrivent des environs dans la journée et la nuit, dont un parti de 125 hommes menés par le juge Charles Flandrau qui prend bientôt la tête de la défense. 300 hommes armés attendent à présent un retour offensif des Dakotas.
Ceux ci tiennent conseil dans la nuit du 19 au 20. .Little Crow obtient enfin que l'on attaque le fort. 400 Sioux se présentent devant le poste au matin du 20 août et l'assaillent par ses quatre cotés à la fois dans l'après -midi, après maintes tergiversations. Le combat dure plusieurs heures et est caractérisé par les efforts désordonnés des indiens. "Nous ne faisions plus attention aux chefs, chacun faisait ce qu'il voulait" raconta ensuite un guerrier qui participa à l'attaque. Après avoir vainement tenté d'incendier les bâtiments ou se pressent les réfugiés, et effrayés par le tir des canons, les Sioux se retirent finalement. Une forte pluie va tomber la nuit suivante et toute la journée du 21, donnant aux défenseurs un répit inespéré.

Les hommes de Little Crow reçoivent des renforts. Si la majorité des Sissetons et Wahpetons choisissent de rester en dehors de la révolte, 400 de leurs jeunes guerriers se joignent cependant aux rebelles dans la nuit du 21. Ses forces ainsi doublées, Little Crow décide de renouveler son attaque du fort. L'effet de surprise est manqué car des guerriers impatients abattent un courrier venant de New Ulm. Les indiens se lancent donc à l'assaut en hurlant. Plusieurs attaques sont repoussées. Des groupes de Dakotas prennent pied dans des bâtiments qui sont incendiés par les tirs d'artillerie et les en chassent. Le combat fait rage tout l'après midi. Enfin, un ultime effort est brisé par un coup meurtrier d'une pièce de 24 livres et les Sioux, démoralisés, battent en retraite.
Dans les deux affaires, les défenseurs du fort ne déplorent que 6 tués et 20 blessés, on ignore les pertes coté indien. Lors d'un nouveau conseil, Little Crow décide de venger cette défaite en prenant New Ulm le lendemain. 400 hommes le suivent.



Assauts sur New Ulm

Au matin du samedi 23, les Santees se lancent à l'assaut des barricades de la ville. "les sauvages poussèrent un hurlement terrifiant et vinrent sur nous comme le vent" raconta un défenseur? D'abord paniqués, les femiers lâchent pieds et abandonnent plusieurs édifices aux assaillants, puis se ressaisissant, ils contiennent les Sioux. La bataille dure ainsi des heures, ponctuée d'avances et de replis de part et d'autre. Finalement, une dernière charge des indiens est repoussée et ceux -ci abandonnent la partie non sans une ultime démonstration le matin suivant.
Trente six défenseurs ont été tués et au moins vingt trois blessés dans les deux combats pour New Ulm. Les pertes sont toujours inconnues coté indien. 190 bâtiments sont en ruines, presque toute la ville. Confinés dans les caves et les pièces les plus sûres, les femmes et les enfants présentent des signes d'épuisement. Pas crainte des risques d'épidémie, on décide de les évacuer. Le 24 août, escortées par un nouveau contingent de 150 volontaires, deux mille personnes dans 153 chariots quittent New Ulm dévastée. Malgré la peur d'une nouvelle attaque, le voyage jusqu'à la ville de Mankato, à trente miles, se déroule sans problème.



Bilan de la "semaine rouge"

Après ces derniers affrontements, les Dakotas sont épuisés et dépités. Ils se savent vaincus. "Nous pensions que le fort était la porte de la vallée jusqu'à St Paul et que si nous prenions cette porte, plus rien ne nous arrêterait de ce coté du Mississippi. " déclara Big Eagle "mais les défenseurs du fort étaient braves et ils ont tenus la porte fermée."
Si on a aucune idée du nombre de Santees tombés au cours de cette "semaine sanglante", curieusement, on ignore également le chiffre exact des colons tués. Certains auteurs s'arrêtent aux 250 à 300 personnes assassinées le 18, d'autres parlent de 500, 700 ou 800 morts au total et on n'ose imaginer ce qui se serait passé sans la vaillance des défenseurs de Fort Ridgely et ceux, tous civils, de New Ulm ! La révolte des sioux du Minnesota reste, en tous cas, un des plus grands massacres commis par les indiens.



Un complot confédéré ?

On a pensé, on a même dit, dans le nord au moment de la révolte des Santees, que les confédérés étaient derrière cette affaire. Horace Greeley, éditeur du New York tribune, n'hésita pas à affirmer que des agents du sud avaient poussé les indiens à la rébellion. D'autres lui emboîtèrent le pas et la Confédération se vit accuser de fomenter une insurrection générale des indiens des plaines ! On peut affirmer qu'il n'en est rien, aucun "complot sudiste" n'a poussé les Dakotas du Minnesota à la guerre. C'est l'arrogance et la stupidité de certains blancs et les promesses non tenues qui sont causes de cette tragédie. L'apparente fragilité du gouvernement fédéral, mis en échec par les rebelles sudistes au cours du premier semestre 1862, a favorisé le désir de revanche des indiens qui avaient accumulé une belle quantité de rancœur depuis plusieurs décennies. La région se trouvant largement désertée par l'armée, tous les éléments se trouvaient réunis pour écrire une des pages les plus sanglantes, mais aussi des plus oubliées , des "Guerres Indiennes".
Le 27 août 1862, Sibley et ses troupes parvenaient à Fort Ridgely. Après le temps de la révolte, allait venir celui des représailles pour les Sioux révoltés…



Repli des Sioux

Après leur ultime échec devant New Ulm le 23 août 1862, les Sioux révoltés, parfaitement au courant de la progression des troupes de Sibley, décident d'abandonner leurs villages. Les dissensions sont grandes entre les fauteurs de guerre qui, en fait, ont passé leur temps à piller, comme Shakopee ou Red Middle Voice et les soldats de la loge de Rice Creek, et ceux qui voudraient « arrêter les frais » après avoir supporté le plus dur des combats, Little Crow, Big Eagle et Mankato. Certains chefs continuent à prêcher pour la paix, c'est le cas de Wabasha, Wacouta et Traveling Hail, et il est clair que la majorité des Sissetons et des Wahpeton, menés, entre autres, par Standing Buffalo et Red Iron, ne prendront pas part à la révolte. Aucune aide non plus à attendre des Yanktons, Winnebagos et Chippewas ou même des Anglais du Canada ! Little Crow est conscient que la révolte est loin d'être générale et il sait aussi qu'il ne doit pas compter sur beaucoup de jeunes guerriers pour soutenir de véritables combats. Il ne pense pas qu'il pourra tenir seul la région de la Lower Agency et parvient à décider les rebelles de gagner la Yellow Medecine et l'Upper agency. Encombrés des fruits de leur pillage et de centaines de captifs, dans tous les équipages imaginables, les Dakotas remontent vers le Nord-Ouest en une interminable colonne bariolée. De nouveaux villages sont installés près de la Yellow Medecine mais il n'est pas question d'aller plus loin, d'ailleurs Red Iron tolère les nouveaux arrivants mais sans plus.



Escarmouche à Acton

Little Crow prend la tête de 150 hommes afin d'aller couper la route aux renforts ennemis qui se dirigeraient vers Fort Ridgely. En chemin, plus persuadé que jamais qu'il faut stopper la guerre, il dicte deux notes à son secrétaire, un métis prisonnier du nom de Joe Campbell qui sait lire et écrire. Une est destinée au gouverneur Ramsey, l'autre à Sibley. Little Crow y demande une cessation des hostilités. Avant de les expédier, il les fait lire aux guerriers. Fatale erreur, c'est un véritable tollé, les notes sont détruites et l'espoir d'un armistice sombre en même temps que le prestige du chef. Dès le lendemain, tandis qu'une partie des guerriers refuse carrément d'aller plus loin, Walker Among Sacred Stones prend la tête de la faction opposée à Little Crow qui ne dispose plus que d'une quarantaine de fidèles. Les Dakotas se trouvent alors non loin de la ville d'Acton près de laquelle sont campés 75 soldats commandés par le capitaine Richard Strout. L'accrochage à lieu le jour suivant, Strout replie ses hommes sur Hutchinson. Il a perdu cinq tués et dix-sept blessés tandis que les Indiens n'ont qu'un mort et trois blessés.
Victoire des rebelles donc mais pas de Little Crow qui, après avoir laissé le commandement à White Spider, son demi-frère, a combattu comme un simple guerrier.
Le 3 septembre, Hutchinson et Forest City sont attaquées et pillées, la plupart des habitants et des fermiers des environs se sont barricadés derrière des palissades hâtivement édifiées qui ne sont d'ailleurs même pas menacées par les Sioux trop occupés à incendier les maisons et les vider de leur contenu. Toutefois, quelques familles n'ont pu ou voulu, trouver refuge dans les «forts », elles vont connaître un sort funeste tels les Adams :
Le mari est tué, sa femme et son bébé enlevés. Ce dernier criant trop fort, un indien lui fait éclater la tête sur un roc…De retour à Yellow Medecine, Little Crow y trouve un message de Sibley lui proposant une rencontre. Le colonel ignore que son interlocuteur n'a plus aucun pouvoir de décision.



La bataille de Birch Coulee

Pendant ces événements, la nouvelle était parvenue à Yellow Medecine que New Ulm avait été évacuée. Mankato et Big Eagle disposaient encore de 350 guerriers, sans compter les bandes, surexcitées mais sans valeur, de Shakopee et autres, ils décidèrent d'aller occuper le terrain et récupérer ce qui pouvait l'être. Parvenus sur les lieux, les Sioux s'aperçoivent vite que des blancs sont passés peu de temps auparavant. Une colonne est d'ailleurs bientôt signalée en direction de Fort Ridgely. Il s'agit des deux compagnies du capitaine Hiram Grant, chargées d'inhumer les restes des victimes des massacres du mois d'août. En effet, trois jours après son arrivée au fort, Sibley avait envoyé une expédition vers la Lower agency dans le double but de donner une sépulture décente aux centaines de cadavres jonchant la région, et également de reconnaître les mouvements des indiens. Grant reçut le commandement de la colonne qui comptait la compagnie A du 6th volunteer infantry et une compagnie de rangers montés menée par le capitaine Joseph Anderson, soit 150 soldats. Il faut y ajouter un certain nombre de civils désireux d'identifier les leurs. Au cours de son périple, Grant découvre Justina Krieger, 28 ans, survivante d'un carnage qui a coûté la vie à la quasi-totalité de treize familles douze jours auparavant. Depuis, grièvement blessée, presque sans eau ni nourriture, elle rampe vers le fort…
Ce 1er septembre 1862, alors que la plupart des civils ont préféré quitter la colonne pour faire route plus vite vers le fort, Grant fait camper sa troupe pour la nuit en un lieu nommé Birch Coulee, à 13 miles de fort Ridgely. Le site n'est pas idéal, mais aucune trace d'indiens n'ayant été repéré dans les environs, le capitaine estime qu'il ne risque pas une attaque surprise. Celle ci se prépare pourtant. Les Dakotas ont décidé d'anéantir la petite troupe, ils se divisent en deux groupes et encerclent le camp à la faveur des hautes herbes. Vers quatre heures du matin, une sentinelle repère un mouvement suspect et ouvre le feu, bientôt, la fusillade est générale. La surprise est manquée et les Sioux lancent un assaut immédiat. La confusion est totale, 350 indiens déferlent en hurlant. Du coté des soldats, en quelques instants, tous les chevaux, quatre-vingt-sept, sont abattus, 22 hommes sont tués et 60 blessés. Les 70 survivants s'abritant derrière les chariots et les cadavres des chevaux parviennent cependant à contenir puis repousser l'attaque, ils se battent à 5 contre 1… Deux Dakotas seulement ont perdu la vie à ce moment. Le «siège » va se poursuivre toute la journée puis toute la nuit. Seul espoir de Grant, que la garnison du fort ai entendu la fusillade. A fort Ridgely, on a effectivement entendu, mais la réaction est lente et timorée. Ce n'est que dans l'après-midi que Sibley envoie un détachement de 200 hommes avec deux canons à la rescousse de Grant. 50 indiens bruyants vont suffire pour stopper la colonne ! Au soir, une troisième expédition, avec un millier de soldats et deux autres pièces, quitte le fort et s'avance…prudemment, si prudemment qu'il lui faudra 8 heures pour parcourir les trois derniers miles et enfin secourir les hommes de Grant, à bout de force et de munitions. 28 heures après que l'on a perçu le bruit du combat au fort, 28 heures alors qu'une marche de cinq suffisait pour couvrir la distance ! ! ! Les Indiens se sont bien sûr évanouis dans la nature…Dans le seul chariot encore sur ses roues mais criblé de balles, Madame Krieger est toujours vivante ! (1)



Une situation qui s'éternise

A Yellow Medecine ou se sont donc repliés les Sioux, on tient conseil à propos de la lettre de Sibley. Que faut-il faire ? Se rendre, fuir, livrer Little Crow, se servir des 250 prisonniers comme des otages, les massacrer ? Autant de points de vue qui comptent des partisans parmi les rebelles et les divisent encore d'avantage. Finalement, une note de réponse est adressée au colonel, elle tente d'expliquer les raisons de la révolte et se termine sur une menace voilée quant au sort des prisonniers détenus par les Dakotas. Des femmes et des enfants pour la plupart, rappelons-le.
Sibley ne bouge toujours pas de fort Ridgely. Il a maintenant 1 619 hommes, deux fois plus que ses ennemis ne peuvent en aligner. Chaque jour qui passe augmente l'angoisse des prisonniers qui s'attendent à être exterminés à tout instant. Les Indiens s'amusent de leurs craintes et ridiculisent «les blancs qui ne font rien pour secourir leurs épouses et leurs enfants ». Au cours de la première quinzaine de septembre, les échanges de courrier se poursuivent entre les Sioux et le fort, Sibley n'ose rien entreprendre de peur de causer la mort des otages, il va avant tout tenter d'obtenir leur libération, du moins justifiera t'il ainsi son inaction depuis la bataille de Birch Coulee. Le 15 septembre, des chefs chrétiens qui veulent la paix, avertissent Sibley que par deux fois, les plus extrémistes des révoltés ont voté la mort des prisonniers et que chaque minute qui passe diminue leurs chances de survie. La situation semble inextricable.



Victoire à Wood Lake

Enfin, le 18 septembre, le colonel Sibley, à la tête de ses troupes quitte fort Ridgely pour Yellow Medecine. 40 miles séparent ces deux points, une route que même un convoi de chariots couvre aisément en une journée. Il en faudra pourtant quatre aux soldats pour parvenir à 4 miles des campements indiens près de Wood Lake ! Ceux-ci se concertent aussitôt et décident d'attaquer le camp de Sibley au matin du 23. La surprise devra jouer à fond et faire la décision. Malheureusement pour les Dakotas, un hasard va contrarier leur plan. Vers 7 heures ce 23 septembre, une douzaine de soldats quittent le camp pour une expédition de ravitaillement clandestine. Ce sont des gars du 3rd Minnesota volunteer, celui la même qui s'est rendu aux confédérés de Forrest à Murfreesboro (Tennessee) le 13 juillet précédent. Libéré sur parole, le régiment ne devait plus combattre les sudistes, alors on l'a envoyé contre les Indiens, mais le moral et la discipline n'y sont plus.
Accidentellement, donc, le petit groupe trébuche littéralement sur des Sioux dissimulés dans les herbes. Découverts, ceux ci ouvrent le feu. Ces premiers tirs alertent les uns et les autres et la bataille de Wood Lake s'engage, par hasard. Les hommes des deux camps y prennent part par petits groupes, les uns après les autres. Pas plus de 300 guerriers, sur les 750 présents dans les environs y participent et un tiers seulement des 1 500 soldats de Sibley. Impressionnés par le nombre des blancs et leurs canons, les Sioux rompent le combat. Sept soldats sont morts, 35 blessés. Du coté des indiens, le chef Mankato est tombé ainsi qu'une quinzaine de braves, ils seront scalpés et on accusera, sans preuve, les sang-mêlé qui se trouvent avec Sibley, de ce forfait. 50 Sioux ont été blessés et un capturé. Restant maître du terrain avec des pertes bien inférieures, Sibley peut être considéré comme le vainqueur de l'affrontement. Six jours plus tard, il sera d'ailleurs promu brigadier général pour ce «brillant fait d'armes »…


Libération !

Pour les rebelles, il est maintenant clair que la guerre contre les blancs est perdue. Les prisonniers seront pourtant épargnés, leur sauvegarde peut être un gage de sécurité pour les Sioux qui se rendront. Mais telle n'est pas l'intention d'un grand nombre. Dès le lendemain de la bataille de Wood Lake, Little Crow et les siens, dont plus d'une centaine de guerriers, prennent la direction du nord. Shakopee en fait autant avec plus de monde encore, la plupart de ceux qui ont commis les pires atrocités sont en fuite. Big Eagle, Wabasha, les chefs chrétiens, restent sur place avec Red Iron qui garde les prisonniers qui ont été regroupés. Wabasha envoie un sang-mêlé auprès de Sibley : les captifs l'attendent dans son camp. Il faudra deux jours pour que le colonel se décide à faire le chemin, toujours en se justifiant sur la possibilité d'un éventuel massacre. Enfin, le 26 septembre, la colonne de secours fait son entrée dans le camp indien, drapeaux au vent, au son des fifres et tambours, et libère 91 blancs et 150 sang-mêlé (dans les jours qui suivent, 200 autres seront délivrés). Les soldats rebaptisent le campement qui prend le nom de «camp release » (camp de libération). Les captifs ont réservé un accueil triomphal aux soldats, mais sont dans un bien triste état, épuisés, affamés, a demi vêtus. A l'exception des sang-mêlé, il n'y a que des femmes avec leurs enfants, un seul homme blanc adulte parmi eux George Spencer. Celui ci témoignera qu'à de rares exceptions (plusieurs prisonnières furent effectivement protégées des violences des autres par leurs gardiens), les femmes furent soumises "au plus horrible traitement". Ainsi il était fréquent qu'un groupe de guerriers en saisisse une, et, l'entraînant dans les bois, la viole à tour de rôle…
Il arrive aussi que l'amour emprunte des chemins étranges, au moment de sa libération, une des prisonnières blanches refusa de quitter le guerrier qui l'avait pris pour femme, menaçant quiconque oserait s'en prendre à lui, «un beau spécimen de femme blanche, assurément » écrivit Sibley, parfaitement indigné par cette conduite inqualifiable ! ! !


Le temps du châtiment

Sibley s'installe à «camp release ». Son objectif est double, saisir tous les Dakotas qu'il pourra capturer et pendre les plus coupables. Evidemment, ceux qui espéraient qu'en restant ils seraient amnistiés prennent peur et s'empressent de déguerpir dans toutes les directions ! Ceux qui se sont rendus, ou que l'on va attraper dans les semaines qui suivent, sont désarmés, enchaînés par paire et parqués avec femmes et enfants dans des camps gardés par la troupe. Sibley ne fait pas de détail et ramasse tous les Dakotas des environs, même ceux qui n'ont pris aucune part à la révolte. Bientôt, «camp release » devient une véritable «ville » peuplée de 1 600 soldats et de plus de 2 000 indiens dont 600 hommes. La plupart des captifs libérés ont pris la route de fort Ridgely, mais on a pris soin de garder les femmes qui pourraient utilement témoigner contre leurs ravisseurs.
Le 28 septembre, Sibley a institué une commission militaire qui tient de la court-martiale et du tribunal militaire. Le révérend Stephen Riggs va interroger les ex-prisonnières sur les violences qu'elles ont subies et les meurtres dont elles ont été témoins. Ses rapports vont constituer l'essentiel des charges qui pourront être retenues contre les coupables désignés. Les Indiens admettent volontiers leur présence dans les différentes batailles, mais il s'avère plus difficile de trouver les coupables des meurtres ou des viols. Au début de «l'instruction » Sibley entend faire pendre tous ceux qui se seront révélés coupable de quelque chose, affrontements compris. Pope le soutient pleinement, «il est dans mon intention d'exterminer les Sioux, ils doivent être traités comme des maniaques et des bêtes sauvages » précise t'il à Sibley. Le 7 octobre, ce dernier se trouve déjà avec plus d'une centaine de condamnés à mort ce qui commence tout de même à faire beaucoup. Sibley et Pope, demandent de nouvelles instructions à Washington.


L'hiver approchant, le tribunal est suspendu et le camp déplacé sur la Lower Agency ou les jugements reprennent. Entre le 25 octobre et le 5 novembre, 272 cas sont examinés. Au total, ce sont maintenant 306 hommes qui doivent être pendus ! Sibley communique la liste à Pope qui l'adresse à Washington.
Il annonce dans le même temps au gouverneur Ramsey «les Sioux prisonniers seront exécutés à moins que le président ne s'y oppose ce qu'il ne fera pas j'en suis sûr ». Mais justement, Lincoln n'a pas l'intention d'approuver sans en savoir plus «envoyez-moi dès que possible des détails sur les culpabilités » télégraphie t-il au général. Pope s'indigne et proteste «la seule distinction qui puisse être faite parmi les coupables, c'est de savoir lesquels ont assassiné le plus de gens ou violé le plus de jeunes filles. Les criminels condamnés doivent être exécutés sans exception ! ». Il promet toutefois d'envoyer les détails demandés. Lincoln va faire une nette distinction entre les véritables criminels et ceux qui n'ont fait que se battre les armes à la main. Comment pourrait-il se permettre une exécution en masse de plus de 300 hommes, même s'il s'agit d'indiens ?
Les Dakotas reconnus innocents, près de 1 700 personnes, dont un sur dix seulement est un homme, sont escortés vers fort Snelling près de Minneapolis ou ils seront installés. La colonne doit traverser Henderson ou des centaines de personnes, armées de tout ce qu'elles ont pu trouver, se massent sur son passage. Dès que les Indiens commencent à traverser la ville, les gens se ruent sur eux, bousculant les gardes. On compte de nombreux blessés et un enfant, arraché à sa mère, succombera quelques heures plus tard, son corps sera suspendu à un arbre !

Les condamnés sont eux menés dans un camp, «camp Lincoln », près de Mankato, mais New Ulm, repeuplé, est sur le chemin. Une autre émeute a lieu, quinze prisonniers et plusieurs soldats sont blessés. « Ces diablesses d'Allemandes sont de vraies tigresses » écrit Sibley à son épouse, les femmes de la ville, armées de ciseaux, de couteaux, de pierres…s'étant en effet montrées particulièrement agressives au cours de la traversée.
Lincoln doit maintenant faire face à deux pressions contradictoires. L'une vient de l'Ouest, incarnée par le gouverneur Ramsey et Pope. Ils réclament la mort de tous les condamnés, brandissant la menace de représailles aveugles exercées par la population au détriment de n'importe quel indien, (surtout les innocents de Fort Snelling) et les événements d'Hutchinson et New Ulm semblent leur donner raison. L'autre provient de l'Est,, émanant des amis des indiens (ils sont nombreux dans ces régions ou l'indien n'est plus qu'un lointain souvenir), des opposants à la peine de mort et de tous ceux qui considèrent les Dakotas d'abord comme des prisonniers de guerre.
Le 5 décembre, Lincoln annonce au sénat les résultats des enquêtes complémentaires qu'il a lui-même ordonnées. 40 seulement des condamnés de fort Lincoln peuvent être reconnus coupables de meurtre et deux de viol, les autres ne furent que des combattants. En conséquence, seuls ces 42 hommes devront être pendus. En réalité, 39 selon la liste que le président envoie le 6.

Arrêtons-nous un instant. Certains auteurs, s'appuyant sur ces faits, ont prétendu que finalement, on n'avait pas grand chose à reprocher aux rebelles. Que même ces 42 cas reposaient parfois sur de bien faibles présomptions et que par conséquent, on avait grandement exagéré les crimes des indiens. Une simple explication à cela, on ne tient pas les bons coupables ou plutôt, on en détient seulement une poignée. Les responsables des centaines de meurtres et de viols qui ont véritablement eu lieu n'ont pas attendu pour se rendre sagement, ils ont fui le plus loin et le plus vite possible et se sont dispersés dans toutes les directions. Les tueurs d'Acton qui ont déclenché la guerre ne sont pas là, ni Shakopee et ses guerriers, ni ceux qui ont razzié les fermes et massacrés à tour de bras pendant que leurs frères se battaient à fort Ridgely et New Ulm…Il est raisonnable de penser que la liste de Lincoln ne comporte pas plus de dix pour cent du total des assassins et des violeurs…
L'exécution de ceux qui vont finalement payer pour beaucoup d'autres est fixée au vendredi 26 décembre 1862 à Mankato. Les trente huit condamnés, il y a eut un sursis, sont conduits vers le lieu de la pendaison. 1 400 soldats forment un cordon entre eux et les milliers de curieux venus voir le spectacle. On recouvre la tête des indiens d'une cagoule, le provost-marshal actionne le levier…trente huit corps se balancent entre ciel et terre. Parmi eux, un seul nom notable, Cut Nose, qui se vantait d'avoir massacré 27 personnes et fut formellement accusé d'au moins un viol et un assassinat. Son squelette, nettoyé et articulé servira la médecine !



Le destin des rescapés

Et tous ceux qui se sont enfuis, que sont-ils devenus ? Little Crow va s'efforcer de prêcher la révolte aux tribus désunies du Nord Ouest mais sans succès, il ira même jusqu'au Canada demander l'alliance anglaise au nom des anciennes amitiés de la guerre de 1812. Les autorités lui répondront que sa place n'est pas là et qu'il n'a rien à attendre du gouvernement britannique. Le 3 juillet 1863 enfin, il est abattu par le fils d'un fermier alors qu'il tentait de voler des chevaux près d'Hutchinson au Minnesota. Ce même jour, l'Union et la Confédération toutes entières avaient les yeux fixés sur un petit village de Pennsylvanie, Gettysburg…
Red Middle Voice et les siens sont exterminés par une bande de Chippewas, les vieux ennemis des Dakotas, alors qu'ils s'étaient réfugiés au Canada. Plus chanceux, Shakopee et ses hommes, et au moins 800 Sioux franchissent la frontière et se répandent dans les territoires du Nord Ouest Canadien. Shakopee et Medecine Bottle seront un peu plus tard capturés (on peut dire kidnappés !) par des sujets de sa majesté fort intéressés par la récompense promise par les Américains. Envoyés à fort Snelling ils ne seront pendus qu'en novembre 1865…faute de preuves suffisamment éloquentes ! Quant à ceux qui n'ont pas pris la route du nord, ils franchissent le Missouri et se perdent parmi les tribus des grandes plaines. Quelle fut leur influence sur la suite des événements et les futures révoltes ? Certains seront présents lors de la bataille de la Little Big Horn en 1876…

La fin des hostilités, ou le commencement ?

En février et mars 1863, afin de calmer l'hystérie anti-indienne des populations, le congrès des Etats-Unis annule tous les traités passés avec les Indiens de la région, supprime leurs annuités et les réserves et ordonne leur bannissement de l'état du Minnesota. Au printemps, les Sioux de fort Snelling et les autres, comme les Winnebagos qui n'ont pris aucune part à la révolte, sont déportés dans le Dakota. Les conditions de vie y sont épouvantables, les Winnebagos passent au Nebraska. Les Sioux restant seront, un peu plus tard, autorisés à descendre vers le sud.

La guerre n'est pas terminée. Le général Pope a rassemblé 8 000 hommes sur la frontière du Minnesota, dont la moitié placés sous le commandement du général Sully, afin de garantir définitivement la sécurité des colons mais il n'y parvient que très imparfaitement. Si quelques escarmouches l'opposent aux indiens dans le territoire voisin du Dakota (2) à Big Mound le 24 juillet 1863, Dead Buffalo Lake le 26 et Stony Lake le 28, de petits bandes insaisissables continuent à faire régner la terreur, à tuer des hommes, égorger leurs enfants et violenter leurs femmes. Rien qu'au printemps 1863, plus de trente colons sont assassinés dans la zone de la révolte d'août de l'année précédente et ces crimes se poursuivront au cours de l'été.
Le 3 septembre, le général Sully remporte un succès plus important à Whitestone Hill, tuant 300 Sioux et en capturant 250 (en majorité des femmes et des enfants) au prix de 17 morts et 38 blessés. La campagne de l'année suivante voit une nouvelle victoire de Sully à Killdeer Mountain le 28 juillet.
Si la grande révolte des Sioux du Minnesota a pris fin, elle ne constitue que le prélude à la série de luttes qui vont opposer blancs et indiens et ensanglanter les plaines de l'Ouest pratiquement jusqu'à la fin du siècle.



Combien de morts ?

Alors, combien de personnes ont-elles trouvé la mort au cours de cet été meurtrier ? 1 500 dit la féministe Jane Swissheim en 1865. Un millier rapporte le sénateur Wilkinson à Lincoln qui lui-même fit une estimation d'environ 800 tués. L'agent Thomas Galbraith qui se livra à une étude très approfondie sur les lieux, parvint au chiffre de 644 civils et 93 militaires soit un total de 737 mais il avouait «il y en a certainement d'avantage, j'en suis persuadé ».
En fait, on ne le saura jamais, parce que des milliers de gens se sont enfuis pour ne jamais revenir, remplacés plus tard par des milliers d'autres qui n'étaient pas là en 1862 (3). Même si on sait approximativement combien de fermes ont brûlé, on ignore généralement la composition des familles qui les occupaient. Si de nombreuses tombes ont été répertoriées, beaucoup ont disparues, on ne sait pas ce qu'elles contiennent. Combien de cadavres qui n'ont jamais été retrouvés et, sans sépultures, se sont décomposés dans la prairie ? Combien de personnes qui ont brûlé avec leurs maisons ? Autant de questions sans réponse qui rendent impossible tout décompte global.


Réflexions sur la révolte du Minnesota,
Un chapitre oublié des «guerres indiennes »


On peut se demander pourquoi la révolte des Sioux du Minnesota est si peu connue dans l'histoire américaine et particulièrement dans celle des guerres indiennes. A l'époque même, elle n'attira pratiquement aucune attention. Il y a plusieurs raisons à ce phénomène. Au moment ou se déroulent les événements du Minnesota, la guerre de sécession prend une nouvelle tournure à l'est. La grande invasion de la Virginie par McClellan qui devait prendre Richmond a tourné court (campagne de la Péninsule) et à la fin du mois d'août, c'est Lee qui prend l'initiative et entame une campagne qui va le conduire à la seconde bataille de Manassas ou il va défaire Pope tandis que Bragg lance l'offensive au Kentucky et dans le Tennessee. A Washington et dans le nord tout entier, on a bien d'autres soucis que cette révolte d'indiens sur la frontière.

La violence et la cruauté du soulèvement le rendent également incompréhensibles aux yeux du public yankee. Six mois après la fin de la révolte, une féministe notoire, Jane G. Swissheim, dans une tournée de conférences, proclame «on ne peut croire à la véracité des outrages commis. Le public ne croit pas et ne croira jamais qu'une bande de sauvages a pu se livrer à de telles atrocités sur la population d'un état civilisé » ! Il faut dire que la dite population n'intéresse en fait pas grand monde. Il s'agit, pour l'immense majorité, d'émigrants de fraîche date, venant de Norvège, Allemagne, Suède ou Suisse, sans relation aux Etats Unis et dont beaucoup même ne parlent que peu ou pas du tout l'anglais. Qui, à part des familles vivant à des milliers de kilomètres de là, va se soucier du sort des Zimmerman ou des Schwandt, des Swenson ou des Palmer ?

La région souffre de plus d'un manque cruel de communication. Le télégraphe ne va que jusqu'à St Paul, et ce, depuis peu. Aucune agence de presse n'a de correspondant dans les parages et d'ailleurs, les quatre quotidiens qui paraissent dans l'état sont centralisés à St Paul. Les rares journalistes locaux sont mal informés par des rumeurs incontrôlables et leur attention est de toutes façons occupée par les événements de l'Est…Quand les réfugiés, hagards, parviennent, souvent dans un anglais très approximatif, à raconter les scènes d'horreur auxquelles ils ont assisté, la population reste incrédule.
Pope, le vaincu du 2nd Bull Run, qui va prendre le commandement du département du Nord-Ouest pour combattre les Indiens et superviser Sibley, est un général discrédité qu'on expédie «dans l'Ouest » parce qu'il a échoué ailleurs et qu'il y est encore populaire, mais à part Lincoln, qui lui accorde encore sa confiance, son action n'intéresse pas vraiment le public. Dans le même temps en effet, Lee entre au Maryland et l'armée de Virginie du Nord et celle du Potomac se livrent un combat titanesque à Antietam le 17 septembre 1862.

La révolte des Sioux du Minnesota fait, à l'époque déjà, figure d'incident négligeable et elle va rapidement tomber dans l'oubli, un oubli encore plus total de nos jours ou, par un bien curieux phénomène, les «méchants » d'hier sont devenus les «gentils » d'aujourd'hui. Situation renversée donc mais tout aussi excessive qu'auparavant. Comme toujours et partout, aucun camp n'a jamais le monopole des imbéciles ou des martyrs, des salauds ou des gens de bien, et la révolte de 1862 ne fait pas exception à cette règle.
Les innocents massacrés au Minnesota ont le grand tort d'appartenir au camp des «colons », c'est à dire, des auteurs du fameux génocide des indiens d'Amérique. Ils n'étaient, d'ailleurs, pas les premiers à se faire ainsi égorger et il y en aura encore d'autres car l'histoire de la conquête du continent est aussi bien fournie en tueries commises par les Indiens que par les blancs, il n'est pas inutile de le rappeler. Donc tant pis pour eux n'hésitent pas à dire certains, car aujourd'hui, seuls les Indiens peuvent prétendre au statut de victimes, leurs actes sont justifiés pour la "défense de leur terre et de leur foyer" et leurs crimes absous pour les mêmes raisons, et malheur à qui osera soutenir le contraire …!!!


Patrick Ailliot



Notes :

(1) Mrs Kreiger survivra et deux mois après la bataille de Birch Coulee, elle épousera John Jacob Meyer, qui avait perdu femme et enfants dans la révolte.
(2) La révolte d'août 62 avait eu des répercussions au Dakota tout proche, causant une panique générale. De petits groupes de maraudeurs indiens y avaient effectivement commis des déprédations et causés la mort de plusieurs personnes. Vers l'Est, le gouverneur du Wisconsin dut également faire face à un mouvement de panique de la population du sud-ouest de l'état bordant les frontières du Minnesota.
(3) La région de la révolte, complètement dévastée et pratiquement désertée mettra presque deux ans pour connaître à nouveau une situation à peu près normale, mais sans les Dakotas !



Sources :

« The great Sioux Uprising » C. M Oehler

« The western territories in the civil war » Leroy H Fisher editor

« The civil war in the american west » Alvin M. Josephy, jr

« War on the frontier, the trans Mississippi west » Time Life serie

« Bury my heart at Wounded Knee » Dee Brown

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Lun 2 Mar 2015 - 12:47

American Indian Soldiers
The Union Army formed the Indian Home Guard by recruiting American Indians to fight in Indian Territory. These effective troops were supplied by freight wagons from Fort Scott.


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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 10 Mai 2015 - 11:00

Un long et très intéressant article rédigé par Paddy

Prenez le temps de le lire Wink

LES INDIENS PENDANT LA GUERRE DE SECESSION 
Les Cinq Nations civilisées dans la guerre civile 
 
La piste des larmes:
 
Les cinq nations dites civilisées, Cherokees, Creeks, Chocktaws, Chickasaws et Séminoles, furent déportées de leurs terres d'origine (Alabama, Georgie, Carolines, Tennessee, Mississippi, Floride) entre 1820 et 1837 pour être "réinstallées" dans le territoire dit "indien"(actuel état de l'Oklahoma). En vertu du traité de 1830, le "Indian removal act", le président d'alors, Andrew Jackson, héros de la guerre de 1812, fut autorisé à négocier, avec les tribus, leur déplacement à I'ouest du Mississippi. Motivée par I'avidité sans borne des colons blancs sudistes désireux de s'approprier les riches terres des indiens, cette spoliation inique reste une tache indélébile dans I'histoire des Etats Unis !
Une partie des Creeks et de nombreux Choctaws et Cherokees avaient pourtant lutté aux cotés des Américains contre leurs frères pro-Anglais (les "Red stick Creeks" de Red Eagle) quand Jackson avait châtié ces derniers après I'odieux massacre de Fort Mims en 1813 ou 400 personnes avaient été assassinées. Dès lors, les nations Indiennes du sud-est, sous I'impulsion des Cherokees, s'étaient résolument engagées sur la voix de la civilisation selon le modèle occidental, mais en conservant leur spécificité. Elles adoptèrent le mode de vie des blancs, sa forme de gouvernement avec des représentants élus (les Cherokees se dotèrent d'une constitution largement inspirée de celle des Etats Unis en 1827),
I'habitat, le costume souvent, la technicité pour I'agriculture et le commerce, le système des plantations et I'esclavage.
Surtout, en 1821, Sequoyah (ou John Guess), un sang mêlé Cherokee, créait un alphabet particulier et absolument original pour son peuple. On construisit écoles et académies et quelques années suffirent pour qu'une bonne partie des Cherokees lisent et écrivent dans leur propre langue, permettant I'édition de livres, de bibles (la tribu se convertit rapidement au christianisme) et même d'un journal, le "Phoenix" en 1828 édité en Anglais et en langue Cherokee !
Les nombreux contacts avec les blancs, commerçants, missionnaires, émigrants épousant des indiennes, mais aussi indiens instruits dans les écoles de l'est et se mariant avec des jeunes filles blanches de la bourgeoisie (nordiste ou sudiste d'ailleurs) avaient favorisé l'apparition d'une classe de sang-mêlés éduqués, souvent riches, dynamiques, très au fait du monde des affaires des blancs. Ces sang-mêlés, qui se voulaient Indien avant tout, avaient peu à peu pris beaucoup d'influence sur leurs peuples et les menaient résolument sur la voix du progrès. Hélas, malgré ces efforts d'intégration originaux et uniques dans toute I'histoire indienne, ou l'on en était souvent arrivé à traiter d'égal à égal, les nations civilisées ne purent rester à I'abri de la convoitise des blancs.
En 1829/1830, la législature du Mississippi annexa purement et simplement le territoire des Choctaws, déclarant sa population citoyenne de l'état. Cette dernière précision resta pourtant lettre morte et les Choctaws durent partir pour les territoires de l'ouest.
En 1832, les Creeks tentèrent de se soulever mais le général Jessup et ses 11 000 soldats les ramenèrent rapidement à la raison. Les Creeks perdirent près de la moitie des leurs sur la route de l'ouest qui devait rester dans l'histoire sous le nom de "piste des larmes"… En 1837, les Chickasaws connurent le même destin. Seuls les Séminoles opposèrent une vive résistance à l'armée Américaine au cours de trois guerres sanglantes ( 1817/18-1835/42 et 1855/58). A la fin de la seconde guerre (sous le fameux Oscéola) il ne restait plus que 500 indiens en Floride, 1 500 étaient morts et près de 4 000 avaient été transplantés dans l'ouest.
Les Cherokees tentèrent de s'opposer à la confiscation de leurs terres (ou l'on avait découvert de l'or en 1828 pour ne rien arranger !) par des moyens légaux, mais les décisions prises en leur faveur par les courts fédérales en 1831 et 1832 n'y changèrent rien. Les Etats Unis étaient décidés à s'emparer des terres et ils les obtiendraient ! La nation Cherokee se divisa en deux factions: les partisans du traité avec les USA, menés par les familles Ridge/Watie/Boudinot (majoritairement sangs-mêlés) qui acceptaient la cession des territoires de la nation en échange du paiement d'annuités et de terres dans le territoire indien et les opposants à tout déplacement, surtout "pur-sang", menés par John Ross (qui n'avait lui même qu'un huitième de sang indien). En 1835, persuadés que c'était la seule solution raisonnable, les premiers cités conclurent le traité de New Echota, engageant toute la nation Cherokee, sans avoir consulté Ross et les siens. Paradoxalement, le major John Ridge avait été l'un des instigateurs d'une loi condamnant à mort tout Cherokee qui vendrait des terres indiennes sans l'accord du grand conseil national… Certains sauraient s'en souvenir…

Juste après la signature du traité, Ridge et ses partisans partirent volontairement pour le territoire
promis. Ils y retrouvèrent d'autres Cherokees, les "Old settlers" qui avaient émigré quelques années
plus tôt sentant le vent venir . Dans l'est, les Etats Unis, au nom d'un traité que Ross refusait de reconnaître, le contraignirent par la force, lui et ceux qui l'écoutaient, à quitter leurs terres et leurs maisons, souvent livrées au pillage et à l'incendie. Commença alors un nouvel et terrible exode sur la
"piste des larmes" ou les Cherokees perdirent 20 à 25% des leurs, dont la propre femme de Ross... (Quelques indiens restèrent pourtant sur leurs terres ancestrales). Partisans de Ridge, de Ross et "old settlers", tous réunis à I'ouest du Mississippi, tentèrent en vain de s'entendre. Le 22 juin 1839, Ridge, son fils et Elias Boudinot furent assassinés par les sympathisants de Ross ( celui-ci ne fut jamais imp1iqué dans ces meurtres) qui ne leur pardonnaient pas leur trahison. A la fin de I'année, une nouvelle constitution fut adoptée mais des douzaines de meurtres politiques eurent encore lieu entre les partis Ridge et Ross jusqu'en 1846 ou un traité, signé à Washington entre les différents protagonistes, mettait fin à cette guerre civile larvée en dédommageant les uns et les autres.

 
 
Pendant les années 1840 et 1850, les cinq nations se remirent courageusement au travail et reconstruisirent la civilisation qu'elles avaient connues, pour certaines, à I'est du Mississippi. Maisons, plantations, écoles, églises poussèrent partout sur le territoire qui leur avait été attribué, mais ce n'est qu'en .1856 que le gouvernement des Etats Unis découpa ce1ui-ci en
cinq zones autonomes, régie chacune par une des nations (voir carte). Sous le gouvernement de John Ross (à partir de 1846) les Cherokees, en particulier, connurent une période de progrès social sans précédent malgré la nostalgie de certains "pur sang" pour les anciennes coutumes. Les sangs-mêlés les surnommèrent "Pins" (d'après I'insigne qu'ils portaient sur 1eur chemise) par dérision, ayant peu d'estime pour ceux qui regardaient vers 1e passé plutôt que l'avenir…


 
 
L'alliance Confédérée :
 
En 1861, le territoire indien se trouva face à un nouveau problème, la guerre entre le nord et le sud. Sa position géographique le plaçait entre le Kansas yankee au nord, l' Arkansas et le Texas rebelles à l'est et au sud, le Missouri déchiré au nord-est et les sauvages tribus des plaines à l'ouest (qui les considéraient comme des blancs, c'est a dire des ennemis !).
Il fallait pour la confédération sudiste rallier les nations dont le territoire occupait une position stratégique de première importance, sans parler d'un cheptel de plus de 500 000 têtes de bétail ! Les Texans occupèrent donc les postes abandonnés par les troupes fédérales en retraite vers le Kansas. Le 4 mars 1861, le congrès confédéré autorisa le président Davis à envoyer un émissaire auprès des ind iens. Ce fut Albert Pike, un éditeur de I' Arkansas et un ami des cinq nations.
Pike devait proposer une alliance militaire, (mais les indiens ne seraient pas tenus de se battre en dehors de leurs frontières), le paiement des annuités versées auparavant par le gouvernement fédéral (plutôt mal que bien d'ailleurs !), la fourniture de vivres, armes, munitions, équipements militaires, I'envoi de troupes blanches pour aider les nations et surtout, l'admission de délégués des cinq nations au congrès confédéré afin de constituer, une fois la guerre terminée, un état indien à part entière dans la confédération. De quoi séduire !!!
La mission de Pike débuta mal, le chef Ross, de la nation Cherokee, lui fit savoir que son peuple observerait une stricte neutralité dans le conflit, confirmant une proclamation émise quelques jours plus tôt. L'émissaire de Richmond décida alors d'aller voir les autres tribus. Il eut plus de succès. Les Choctaws et les Chickasaws signèrent sans difficultés un traité d'alliance avec le sud le 12 juillet 1861, les Creeks et les Séminoles en firent autant, respectivement, les 10 juillet et 1er Aout, malgré I'opposition d'une partie des leurs. Ces deux peuples avaient connus, autrefois, des divisions semblables à celle des Cherokees : Partisans de la cession des terres contre adversaires, sangs-mêlés (Lower Creeks) contre pur-sang (Upper Creeks). Le Creek Opothleyahola et le Seminole Billy Bowlegs refusèrent de rencontrer Pike, Daniel Macintosh (Creek) et John Jumper (Séminole) signèrent pour les deux nations.
Restaient toujours les Cherokees. Ross fut impressionné par le ralliement presque total des autres nations à la cause sudiste mais il espérait gagner du temps jusqu'au retour des fédéraux. Certains Cherokees, comme Stand Watie, un des leaders rescapés du parti Ridge (le major Ridge était son oncle) avaient déjà pris partie. Watie, qui paradoxalement avait bien plus de sang indien que Ross, avait rassemblé ses partisans et formé une unité de cavalerie pro-confédérée, la vieille querelle à propos du traité de New Echota se rallumait. Les partisans de la sécession, le parti Ridge, les sangs-mêlés se
regroupaient dans la "Blue Lodge" et les "Knights of the golden circle" tandis que les Unionistes et les abolitionnistes, plutôt "Ross" et pur-sang rejoignaient la "Loyal League" et la "Keewootah society".

 
Le chef Cherokee John Ross et sa seconde femme, (la 1ere était une Cherokee) Mary Bryan Stappler , photographiés dans les années 50. 
Né en 1790 dans le Tennessee, Ross sympathisait plutôt avec Je sud, mais Mary, qu'il avait épousé en 1844 (il avait 54 ans 
et elle 18 !) était une Quaker de Wilmington 
(Delaware) et toute la belle famille de Ross 
était yankee... 
 
Finalement, les pressions d'une grande partie de son peuple (sangs-mêlés mais aussi pur-sang) et la victoire des confédérés à Wilson's Creek le 10 aout, obligèrent Ross à convoquer un grand conseil pour le 21 , à Tahlequah, capitale de la nation Cherokee (rien de plus qu'un village en fait). Assemblée étonnante qui vit se cotoyer turbans et hauts de forme, chemises de calico et redingotes, robes traditionnelles et crinolines. Ross, certainement contre sa conviction profonde, soutint la cause du traité avec le sud, traité qui fut signé le 7 octobre suivant et vit une poignée de mains historique entre Watie et son vieil ennemi. 
Il peut sembler étonnant que les cinq nations civilisées aient conclu une alliance avec les gens qui les avaient dépossédés de leurs terres trente ans plus tôt de bien vilaine manière, (encore que beaucoup s'en souvenant parfaitement, préférèrent rejoindre les nordistes !). En fait, la plupart des indiens en rendait responsable le gouvernement fédéral plutôt que les sudistes, gouvernement qui, de plus, n'avait que très partiellement tenu ses engagements envers eux. 
La Confédération reprenait ces promesses à son compte, cela valait la peine d'essayer d'obtenir de ce nouvel état ce que l'Union avait été  incapable de tenir... Sans même parler des liens commerciaux et des investissements financiers des uns et des autres, investissements perdus en cas d'alliance avec le nord, il existait également des affinités culturelles et sociales évidentes entre les cinq nations et les états rebelles et la première de ces affinités était 1' esclavage. 
Le brigadier général Stand Watie. Né le 12 décembre 1806 en Georgie, son nom indien était Degadoga (il se tient/he stand) et son nom chrétien, Isaac S.Watie. Eduqué dans une école blanche, avant la guerre il était avocat pour la nation Cherokee. Watie et sa famille faisaient partie de la "bonne société Cherokee", possédant plantation, terres et esclaves. Watie avait épousé Sarah Bell qui lui donna trois fils et deux filles. L 'ainé de ses fils, Saladin, servit à ses cotés pendant la guerre et se distingua par sa bravoure. Après le conflit, Stand Watie eut encore des démélés avec la justice fédérale à propos de sa
manufacture de tabac, il s'éteignit en 1871 dans le territoire Indien.
Excellent chef de guérilla, Watie fut toujours loyal au camp qu'il avait rejoint même si il ne fut pas un saint, il semble par exemple que ses hommes abattaient systématiquement les
soldats noirs qu'ils capturaient...

Sarah Caroline Bell , épouse de Stand Watie 
(Oklahoma Historical society)

L'esclavage dans les nations indiennes:
 
Au moment du déclenchement des hostilités, le "territoire indien" comptait environ 77 000 âmes:
21 000 Cherokees, 18 000 Choctaws, 5 000 Chickasaws, 15 000 Creeks et 2 200 Séminoles. D'autres tribus moins connues, y vivaient également: Delawares, Caddos, Wichitas… etc… approximativement 7 000 personnes. A ces chiffres, il faut ajouter environ un millier de blancs et de noirs libres, et 7 400 esclaves noirs appartenant aux nombreux planteurs des cinq nations. En effet, les indiens des cinq nations civilisées, originaires du sud-est rappelons le, vivaient largement comme leurs voisins sudistes et pratiquaient I'esclavage. Les noirs y étaient traités peut-être un peu mieux qu'ailleurs, mais l'abolitionnisme yankee (présent par la voix des missionnaires nordistes) y était vu d'un très mauvais oeil, d'autant que des leaders du parti républicain comme Seward, prônaient ouvertement l'expulsion des nations du territoire, une nouvelle "piste des larmes" était bien sur hors de question pour les indiens !
 
Au recensement de 1860, on comptait un esclave pour huit habitants indiens. 384 familIes Cherokees en détenaient 2 500, 385 familIes Choctaws: 2300, 1 650 pour 267 familIes Creeks et 917 pour 118 propriétaires Chickasaws. Il est à noter que contrairement aux "sangs-mêlés", peu d'indiens "pur-sang" possédaient des esclaves, les « pur-sang » étaient plutôt abolitionnistes, comme chez les Cherokees, alors que les « sangs-mêlés » étaient favorables à I'institution. Pourtant les leaders des deux factions avaient souvent bien des points communs. Si Stand Watie était logiquement propriétaire 
d'esclaves, John Ross possédait plus de 100 noirs travaillant sur sa plantation de "Rose Cottage", et même le Creek unioniste Opothleyahola détenait de nombreux esclaves exploitant ses 2 000 acres de terre ! Notons que les Séminoles ne possédaient pas ou peu d'esclaves, mais un certain nombre de noirs libres ou évadés des plantations du sud lors de l'exode, vivaient dans la tribu, ayant souvent été adoptés par elle et les mariages interraciaux n'y étaient pas rares. 
 
 
Rose Cottage, la plantation de la famille Ross à Park Hill 
(Western History col. University of Okhlaoma) 
 
Formation des premières unités indiennes confédérées:
 
Avec le retrait des forces fédérales du territoire, tout conflit armé y semblait peu probable dans l'immédiat. Désirant toutefois une présence militaire dans la région, Richmond y créa un département qui fut confié à Pike, nommé brigadier général. Ses troupes se composaient de quelques unités du Texas et de I'Arkansas, mais la majeure partie fut formée parmi les cinq nations. Le 12 juillet 1861, Stand Watie était nommé colonel dans I'armée confédérée et organisait un bataillon de 300 hommes à partir d'une unité formée pour la défense du parti Ridge, bataillon qui devint bientôt régiment. Le 1 st Cherokee mounted rifles (800 hommes) prit du service sur la frontière de l' Arkansas, alors que la
nation Cherokee était encore officiellement neutre. D'après certaines sources, une compagnie du bataillon sous le capitaine Joel Mayes aurait participé à la bataille de Wilson's creek. Quelques cadavres yankees ayant été retrouvés scalpés après l'affrontement, on pensa aussitôt qu'ils en étaient responsables (nous reviendrons sur ces accusations...) et le général Ben McCulloch les renvoya dans le territoire.
Ross et ses partisans entendaient bien avoir aussi leur régiment, c'est John Drew (marié à la nièce de Ross, Maria Coody) qui prit le commandement de ce 2nd Cherokee mounted rifles (1 000 hommes). Signalons que les deux unités se réclamèrent comme étant le 1st Cherokee, laissant le numéro 2 aux autres ! Le plus souvent, les deux régiments furent désignés par le nom de leur chef: Watie et Drew.
Pendant ce temps, les autres nations constituaient leurs propres unités.
Le 31 juillet, le 1st Creek infantry regiment (900 hommes) élisait son colonel près d'Eufaula (nation Creek) : D.N.Mclntosh (le régiment servit comme infanterie montée). En septembre fut formé le 1st Creek cavalry battalion également à Eufaula , avec 400 hommes sous le commandement du colonel Chilly Mclntosh. Enfin, le capitaine J McSmith formait une compagnie de 75 hommes.
Les Seminoles confièrent leur 1st Seminole cavalry batallion, formé en septembre avec 400 hommes, au major John Jumper (signataire du traité d'alliance).
Le 1st Choctaw and Chickasaw mounted rifles fut constitué à Scullyville (nation Choctaw) le 31 juillet, avec 1 085 hommes, il comportait 6 compagnies Choctaws, 3 Chickasaws et une mélangée. Son colonel était Douglas H.Cooper, un ex agent des affaires indiennes. Le 2nd Choctaw & Chickasaw comptait 800 hommes sous le lieutenant colonel Randy Walker
Cooper prit le commandement de la brigade qui totalisait un effectif de 5 460 hommes.

 
 
Ci dessus, à droite, Louis Downing, sang mêlé Cherokee, pasteur dans la brigade indienne de Pike. II abandonna le sud après la défaite de Locust Grove en juillet 1862. Si son costume est occidental, Downing est incontestablement un indien ! Les officiers étaient généralement des hommes éduqués et portaient des noms anglo-saxons. La majorité des Cherokees avaient à la fois des patronymes chrétiens et indiens, ces derniers étant souvent traduits en Anglais (la plupart des pur-sang conservaient eux des noms indiens), ainsi, un même individu pouvait il être appelé de trois façons différentes ! 
Les rôles des unités indiennes comportent des listes de noms assez originales ainsi dans le régiment Drew (Cherokee) on peut relever côte à côte les privates: Dick Baldridge et Jeff Ballow, mais aussi Black Hawk et Big Road ou encore, Cha Loo Ky ou Pa Sooz or kie Cah lor nu hay skie ( !!!) 
Albert  Pike (1809- 1891) Aventurier, explorateur, maitre d'école, poète réputé, homme de loi, planteur, éditeur d'un journal et général Confédéré, Pike toucha à tout. Il était opposé à la sécession mais lorsque celle ci devint une réalité, il mit toute son énergie à rallier les tribus du territoire indien à la cause sudiste.
 
A la poursuite d'Opothleyahola :
 
Au début octobre 1861, des tentatives de conciliation furent faites en direction d'Opothleyahola et des Creeks et Séminoles unionistes qui s'assemblaient et s'armaient. Le chef Creek refusa toute rencontre avec Ross ne lui pardonnant pas d'avoir rejoint la cause sudiste. Une guerre civile au sein du territoire semblait inévitable. Finalement, le 5 novembre, les partisans d'Opothleyahola se mirent en marche vers le Kansas pour se mettre sous la protection des forces fédérales. Les indiens unionistes rassemblaient au moins 6 000 personnes (Creeks, Séminoles, quelques Choctaws et Chickasaws, des Shawnees, Delawares, Comanches et Kickapoos, ainsi que des esclaves en fuite et même des Cherokees). "L'armée" proprement dite comptait 1 500 guerriers mal armés sous le commandement de Little Captain, un Creek, le reste, des femmes, des enfants, des vieillards, entassés dans des chariots avec tous leurs biens, un véritable exode…
Le colonel Cooper conduisit la poursuite de la "horde" unioniste à partir du 1 5 novembre. Sa force de 1 400 hommes comprenait 6 compagnies du 1st Choctaw & Chickasaw, le 1st Creek, le bataillon Creek de Mclntosh, celui de John Jumper ainsi qu'un détachement du 9th Texas cavalry. Le 19, Cooper attaqua les fuyards mais fut repoussé lors du combat de Round Mountain, entre Stillwater et Tulsa (il retrouvera les corps de certains de ses hommes fait prisonniers, le crâne défoncé !). Un second engagement ne fut pas plus heureux pour les confédérés le 9 décembre à Chusto- Talasah (ou Caving banks) sur le Bird creek, Cooper perdit 15 tués et 37 blessés, les Unionistes, 27 morts et environ 200 blessés. Cette fois, ce furent les hommes de Cooper qui se vantèrent des scalps pris sur l'ennemi, le lieutenant Folsom (Choctaw rgt) écrivit: "J'ai tué mon premier homme, pris son cheval, sa selle, deux scalps mais j'ai faillis perdre le mien!"
Dans la nuit du 8 au 9, le régiment Drew (Cherokee), qui avait rejoint Cooper, travaillé de I'intérieur par des éléments douteux (les Keewootah) perdit le tiers de son effectif en déserteurs, beaucoup rejoignant même Opothleyahola ! Celui ci restait libre et une importante division venait à nouveau d'apparaître chez les Cherokees dont d'autres éléments rejoignaient les indiens unionistes ou menaçaient de le faire. Devant cette grave menace, Cooper fit appel aux confédérés de l' Arkansas en réclamant des renforts. Le doute s'installait sur les capacités militaires des nations, Un texan écrivit à ce moment: « Je n'aime pas me battre aux cotés des indiens, vous ne savez jamais à quel moment ils vont
passer de l'autre coté... "

Le chef Creek Opothleyahola peint ici dans sa jeunesse en costume traditionnel . Né vers 1798, Opothleyahola restait un indien dans la vieille tradition, ( on raconte qu'il avait combattu Andrew Jackson en 1813), se peignait le visage et ne savait ni lire ni écrire, il mourut en 1862.

(Ce costume reste le plus souvent associé aux cinq nations, certains éléments devaient faire partie de la tenue portée par les indiens pendant la guerre avec des pièces d'uniformes CS ou US)
 
Tandis que Ross pardonnait aux déserteurs du régiment Drew qui rentraient au bercail (souvent pour démissionner, ne désirant plus se battre pour quiconque), à la grande fureur de Watie et de ses hommes ( quelques règlements de comptes sanglants vont avoir lieu par la suite), une force de cavalerie de 1 600 confédérés sous le colonel James McQueen Mclntosh parvenait à Fort Gibson le 20décembre. Mclntosh se lança immédiatement contre Opothleyahola. La bataille de Chustenahlah ou Patriot Hill, livrée le 26 décembre à quelques miles de Caving Banks, fut difficile, mais les sudistes finirent par balayer les unionistes qui, d'après Mclntosh, perdirent
 
250 tués, de nombreuses femmes, enfants, des chariots, 500 chevaux etc... furent capturés contre la perte de 8 morts et 32 blessés. Les
forces de Cooper qui n'avaient pu participer au combat pour des raisons logistiques, poursuivirent les fuyards dispersés en petites bandes dans les jours qui suivirent. Watie et ses hommes, qui avaient
rejoints Cooper, se distinguèrent particulièrement dans ces actions.

Les forces d'Opothleyahola, complètement démoralisées et désorganisées atteignirent le Kansas ou elles durent passer I' hiver dans des conditions extrêmement précaires. 700 étaient tombés pendant la fuite, beaucoup allaient encore périr de froid et de faim…

A suivre...

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 10 Mai 2015 - 11:02

La campaqne de Pea Ridge :
 
Après ces tragiques évènements, le territoire indien, aussi divisé que les "border states", allait connaître une certaine tranquillité, sa conquête n'entrant pas dans les objectifs immédiats de I'armée fédérale. Le jour de noël 1861, le brigadier général Samuel Ryan Curtis avait pris le commandement du district du Missouri du sud Quest. Il s'était donné pour but de chasser les confédérés du Missouri vers 1'Arkansas. Sa campagne de I'hiver 1861/62 réussit pleinement et les troupes du major général Sterling Price (Missouri state militia) se retrouvèrent au nord ouest de 1'Arkansas à la mi février. L'antagonisme existant entre Price et McCulloch favorisa largement les entreprises de Curtis, aussi le
gouvernement sudiste nomma t'il un troisième homme au commandement du district N°2 du Trans Mississippi nouvellement créé, le major général Earl Van Dorn. Celui ci devait se montrer capable d'unifier les forces rebelles de la région afin de repousser les fédéraux. Le 25 février, Van Dorn ordonna à Pike de rejoindre Price et McCulloch avec sa brigade indienne à Bentonville (Arkansas).
Pike avait bien des soucis à ce moment là avec ses diverses unités qui réclamaient leur solde afin de se mettre en marche. Beaucoup d'indiens n'étaient d'ailleurs pas d'accord pour quitter le territoire et se battre en Arkansas ce qui était contraire aux stipulations des traités. Pike venait de recevoir 500 000$ destinés aux tribus ( dont les Osages et les Comanches), il dut en prélever une partie pour payer la nation Cherokee et les troupes les plus mécontentes, comme le 1st Choctaw & Chickasaw. Finalement il rassembla ses forces, environ 1 000 hommes, et se mit en route pour rejoindre Van Dorn avec le régiment Drew, le regiment Watie, les séminoles de John Bumper et l'escadron de Texans du capitaine Welch La brigade Pike arriva sur le terrain au soir du 6 mars 1862. Un Missourien de Price vit passer les indiens: "Leurs visages étaient peints puisqu'ils étaient sur le "sentier de la guerre", Leurs longs cheveux noirs noués sur la nuque, Des chemises de peau, des leggins et des mocassins, des plumes de dinde sur la tête complétaient leur uniforme pas vraiment réglementaire. Ils présentaient une apparence sauvage, c'était pour la plupart des Cherokees, calmes et braves dans le danger, de parfaits spécimens des "nobles hommes rouges". Un Texan se rappelle qu'ils étaient tous peints "en
conformité avec les effrayantes coutumes de leur peuple". Les blancs exagèrent peut être I'apparence des indiens de Pike mais il est évident que tous n'étaient pas "civilisés" ou vêtus comme les blancs (ceux la on les remarquait moins bien sur !). Beaucoup suivaient encore les anciennes coutumes vestimentaires, les peintures de guerre ou même la pratique de scalper l'ennemi vaincu !
Dans la journée du 6 mars, Van Dorn avait fait reculer un détachement des divisions du général Sigel à McKissick's farm près de Bentonville au cours d'une sévère escarmouche. L'armée sudiste comptait maintenant 16 000 hommes et plus de 60 canons contre 10 500 et 49 pièces pour celle de Curtis, solidement retranchée. La bataille de Pea Ridge s'engagea au matin du 7 mars, d'après un sergent du 3rd Louisiana, ce fut: " une totale confusion du début à la fin !" Pike n'avait pas été mis au courant du plan de Van Dorn, "suivez McCulloch" étaient ses seuls ordres. Les Cherokees se heurtèrent a
des éléments de la division du colonel Peter Osterhaus, les hommes de Drew et Watie chargèrent furieusement et emportèrent une batterie, mais ils perdirent toute cohésion et discipline et se mirent a pousser des cris de guerre en montant sur les pièces au lieu de poursuivre les fédéraux. Osterhaus rallia ses soldats et ouvrit le feu sur les indiens avec une autre batterie. Complètement paniqués, ceux ci s'enfuirent dans les bois se mettre à l'abri ! Plus à l'aise qu'en terrain découvert, les Cherokees se reformèrent et participèrent encore efficacement et avec vaillance aux combats de cette journée.
Dans l'apres midi, Pike se retrouva à la tête de l'aile droite confédérée après la mort des généraux McCulloch et McQueen Mclntosh (nommé brigadier général après son succès contre Opothleyahola) sans rien connaître des intentions de Van Dorn, des positions sudistes ou des forces ennemies. En désespoir de cause il décida de rejoindre le gros des troupes rebelles près d'Elkhorn tavern. La, il retrouva quelques éléments des 1st Creek et 1st Choctaw et Chickasaw dont la plupart des hommes avaient préféré rester dans le territoire indien plutôt que de venir se battre en Arkansas !

Le lendemain 8 mars, la brigade protégea le train d'approvisionnement sudiste. Van Dorn, finalement, perdit la bataille de Pea Ridge, largement par manque de munitions, le précieux convoi avait été envoyé au loin suite à des ordres contradictoires et les confédérés, après avoir vidés leurs gibernes et leurs caissons, ne purent que reculer en pleine confusion devant les assauts impétueux des fédéraux qui transformèrent la défaite en déroute. Séparées les unes des autres mais persuadées d'avoir fait leur devoir, les unités indiennes se regroupèrent à Cincinnati (Arkansas) avant de prendre le chemin du territoire.

 
 
Il est temps d'évoquer la controverse qui se développa après Pea Ridge sur le comportement des indiens. 30 ou 40 yankees furent tués dans l'affrontement qui vit la prise de la batterie par les Cherokees le 7. Au cours de l'échange de correspondance qui eut lieu entre Curtis et Van Dorn à propos de l'inhumation des tués, le général sudiste fut informé de la découverte de "nombreux corps de soldats fédéraux scalpés et mutilés" (on retrouva au moins 8 corps scalpés et d'autres avec la gorge tranchée en plus des blessures par balle selon le rapport de l'adjudant du 3rd Iowa cavalry- official records vol VIII p.206/207), ce qui laisse à penser que certains blessés furent achevés. Van Dorn se montra 
"peiné" mais plaida la cause des indiens qui depuis des années "étaient considérés comme un peuple civilisé", Il fit remarquer à Curtis que certains sudistes saisis par des allemands auraient été assassinés par ces derniers et demanda que justice soit faite. Notons que 11 indiens confédérés furent capturés à Pea Ridge. Exhibés comme preuve de la barbarie rebelle à chaque halte de la colonne des 7 ou 800 sudistes en route pour le nord, ils "tentèrent de s'échapper" (?!) et furent tous abattus un à un (Monaghan p249). 
Lors de I'enquête officielle, Curtis confirma la présence de "sauvages indiens" à Pea Ridge faisant la guerre avec "toute la barbarie dont leur nature était capable". Bien sur, les journaux nordistes ne se privèrent pas d'exploiter ces atrocités et d'en rajouter, le Chicago tribune allant jusqu'à parler de 100 cadavres mutilés ! Pike fut personnellement mis en cause en des termes injurieux pour avoir incité ses hommes à ces excès. Drew et Watie se rejetèrent mutuellement la faute. Certains historiens pensent Que les "pur-sang" sont responsables, d'autres que tous les Cherokees sont à blâmer, d'autres, encore, que ce sont des Texans, qui participèrent à l'assaut, qui prirent des scalps, se basant d'ailleurs sur des témoignages de soldats de I'Union ! Comme d'habitude dans ce genre d'affaire il est bien difficile de faire la part des responsabilités. En tous cas, Pike (furieux car avec cette affaire, les rapports de Van Dorn ne mentionnaient même pas la bonne conduite générale de ses soldats !) réprimanda sévèrement ses hommes et leur interdit formellement de scalper, achever ou tuer des ennemis après leur reddition. 
 
La première invasion :
 
Après la désastreuse défaite des confédérés à Pea Ridge, les unités indiennes regagnèrent donc le territoire et se séparèrent tandis que les forces de Van Dorn étaient appelées à I'est du Mississippi auprès de l'armée d' Albert S.Johnston. Van Dorn confisqua au passage tout I'approvisionnement destiné aux troupes indiennes pour le distribuer à ses troupes !
Le 26 avril 1862, le régiment Watie, stationné sur la frontière nord de la nation Cherokee livra, avec des troupes du Missouri, une dure escarmouche à Neosho (Missouri) contre le 1st Missouri cavalry US. Le 30 avril, le grand conseil Cherokee, visiblement traumatisé par I'affaire Pea Ridge, adoptait une résolution recommandant aux troupes de la nation "d'éviter tout acte envers des ennemis capturés ou tombés qui seraient incompatibles avec les principes régissant la guerre chez les nations civilisées"
Le 26 mai, Beauregard, alors commandant du département de l'ouest, nomma le major général Thomas C.Hindman en remplacement de Van Dorn, pour le Trans Mississippi. Le 31, une nouvelle escarmouche eut lieu à Neosho puis le 6 juin à Cow skin prairie (T.indien) entre des troupes fédérales de plus en plus agressives et les hommes de Watie. Etait ce le début d'une invasion du territoire par les yankees ? En fait, les troupes nordistes s'organisaient au Kansas sous la direction du brigadier général James G.Blunt, nommé commandant du département du Kansas en avril précédent par les intrigues de son ami, le sénateur abolitionniste James H.Lane. Ce dernier rêvait d'envahir le territoire depuis 1861. Blunt confia l'invasion au colonel William Weer, un autre jayhawker ami de Lane. Les troupes confédérées indiennes du territoire qui allaient devoir s'opposer à cette "army of the Frontier" servaient toujours sans solde, avec peu ou pas d'uniformes et de matériel et ne possédaient, pour la plupart, que des fusils de chasse et des poneys indiens. La confédération manquait décidément a ses engagements, beaucoup d'indiens le pensaient et craignaient fortement d'être envoyés à l'est du Mississippi comme les unités Texanes qui avaient servies à leurs cotés auparavant. Weer, au courant des problèmes chez ses ennemis, envoya des messagers dans le territoire pour prévenir tous les indiens pro-unionistes de son arrivée imminente, selon lui, le chef Ross se rangerait sans difficultés a
ses cotés...
Les fédéraux alignaient finalement 6 000 hommes : deux régiments d'infanterie 10th Kansas et 9th Wisconsin, quatre de cavalerie (2d, 6th et 9th Kansas, 2d Ohio), deux batteries d'artillerie ( 1st Kansas et 2nd Indiana) et les 1st and 2nd Kansas indian home guards regiments, formés des survivants de I'armée d'Opothleyahola et de diverses autres tribus indiennes et commandés par des officiers blancs. Décidément le nord se méfiait de ses alliés quelle que soit leur couleur puisque les unités noires seront constituées avec la même discrimination !
On imagine sans peine l'état d'esprit animant ces deux derniers régiments vis a vis des indiens pro-confédérés !!! Le 28 juin 1862, I'armee de Weer (suivit de 1500 refugiés, femmes et enfants) entrait dans la nation Cherokee, une brigade par le Kansas, une seconde par le Missouri. En face: les régiments Drew et Watie et un bataillon blanc commandé par le colonel Clarkson, seule réponse aux demandes de renforts formulées auprès de Hindman par les Cherokees. Au matin du 3 juillet, Weer lança, par surprise, une partie de ses forces sur les confédérés campés à Locust Grove. La
troupe de Clarkson fut anéantie et lui même et ses hommes capturés, pour 3 morts et 6 blessés coté nordiste (Weer dira plus tard qu'il avait éprouvé de grandes difficultés pour empêcher ses indiens d'exterminer les prisonniers !). Non loin de la, au même moment, le 6th Kansas cavalry dispersait le régiment Watie à Watie's mills. A Cabin Creek ou ils établirent leur campement, les fédéraux fêtèrent le 4 juillet. Virtuellement, la nation Cherokee était conquise. Dans les jours qui suivirent, près de 2 000 Cherokees passèrent du coté du nord, le régiment Drew cessa d'exister (quelques uns
de ses membres rejoignirent d'autres unités rebelles). On forma un 3rd Kansas indian home guard avec ces nouvelles recrues. Dans le même temps, des centaines d'esclaves fuyaient les plantations dont beaucoup furent pillées et incendiées par les indiens pro-unionistes, de nombreux crimes furent commis contre les familles des Cherokees confédérés qui durent fuir.
Le 14 juillet, les yankees entraient sans coup férir à Fort Gibson et Tahlequah. Le 15, le capitaine Greeno rencontra Ross à Park Hill, ce dernier et sa suite, entourés des restes du régiment Drew, 2 a 300 hommes. Tout le monde fut arrêté mais rapidement libéré sur parole. Greeno exposa clairement la situation militaire du moment aux Cherokees (Capture de Fort Donelson, de la Nouvelle Orleans, bataille de Shiloh...) et les convainquit sans peine de se ranger sous la bannière de I'Union, le chef Ross compris le message.
Pourtant, malgré l'absence d'opposition, les forces nordistes commençaient maintenant à éprouver des difficultés. Pas une goutte de pluie n'était tombée depuis le début de l'invasion, on manquait d'approvisionnement, et beaucoup d'hommes des régiments blancs souhaitaient rentrer au Kansas...Exaspéré par les hésitations de son chef et lui reprochant son autoritarisme et son alcoolisme invétéré, effrayé par les rumeurs (fausses) que les confédérés puissent couper l'armée de ses bases, le colonel Frederick Salomon (un allemand du 9th Wisconsin) mit aux arrêts le colonel Weer le 18 juillet.
Salomon prit le commandement et ordonna le repli immédiat de ses troupes blanches vers le Kansas. Les unités indiennes de la brigade du colonel Robert W.Furnas conserveraient ce qu'elles pourraient du territoire conquis. En fait, les trois régiments devront également se replier en enregistrant de très nombreuses désertions à leur tour. L'exode des réfugiés à peine rentrés chez eux recommençait, augmenté des familIes des récents transfuges passés au nord dont certains laissèrent définitivement tout "tomber" et rentrèrent chez eux ! Le chef Ross et sa famille, avec le trésor Cherokee et ses archives, gagnèrent le Kansas. A nouveau, meurtres, pillages et destructions se déchaînèrent sur le pays. Quelques escarmouches opposèrent encore confédérés et yankees, mais rien de sérieux si ce n'est la bataille de Bayou Menard le 27 juillet qui couta 125 hommes à Watie et un seul aux indiens unionistes du 1st rgt ! Salomon, nommé brigadier général, désobéit aux ordres de Blunt lui enjoignant de tenir la nation Cherokee et poursuivit sa retraite en se désintéressant totalement du sort des indiens, y
compris de ceux qui composaient la brigade unioniste. Au début d'aout, l'armée yankee avait entièrement évacué le territoire. La nation Cherokee fut livrée à l'anarchie la plus totale, "oh Seigneur envoie nous la délivrance, aide nous, oh Seigneur pour notre salut !" écrivit à cette époque Hannah Worcester Hicks, fille d'un missionnaire à Park Hill, après le meurtre de son mari et l'incendie de sa maison...


 
La seconde invasion :
 
Le retrait fédéral laissa le territoire indien à nouveau sous le contrôle total des forces sudistes. Tandis que les sécessionnistes Cherokees déposaient Ross et le remplaçaient par Stand Watie à la tête de leur nation, une nouvelle vague de réfugiés indiens, plus de 2 000, gagnait le Kansas. Le général Blunt n'abandonnait pas son projet de conquête, il regroupait ses forces et préparait une nouvelle invasion.
Comme si rien ne s'était passé, Salomon et Weer prirent chacun le commandement d'une brigade dans son armée. Blunt autorisa le chef Ross à se rendre à Washington rencontrer le président Lincoln. Jusqu'à sa mort en 1866, Ross protestera de sa fidélité à l'Union, seul l'abandon de 1861 l'avait contraint à signer une alliance avec la confédération...
L 'offensive de Blunt fut retardée par les activités des guérillas infestant le Missouri, le commandant local, le brigadier général Schofield, lui ayant demandé son aide. Les confédérés finalement reconduits en Arkansas, Blunt pu reprendre ses préparatifs.
Le 16 juillet précédent, Jefferson Davis avait nommé le major général Théophilus H.Holmes chef du nouveau département du Trans Mississippi (du fleuve à l'Arizona), le plaçant au dessus de Hindman, peu apprecié. Comme Van Dorn, Hindman se moquait bien du territoire indien et de ses habitants, l'interception des convois destinés au territoire était d'ailleurs devenue une habitude. Dégoûté, Pike finit par démissionner, impuissant à aider ou protéger ses amis indiens, et retourna a la vie civile. C'est Cooper qui prit son commandement. II rejoignit l'armée de Hindman au nord ouest de l'Arkansas avec environ 2000 hommes : les Choctaws et Chickasaws, 200 Texans et le régiment Watie.
Avant d'entamer son action, Blunt envoya les brigades Salomon et Weer tâter les sudistes. Le choc eut lieu le 30 septembre à Newtonia (Arkansas) simple escarmouche ou les Missouriens de Shelby et les indiens obligèrent les fédéraux de Salomon à reculer. Le 1st Choctaw/Chickasaw du lieutenant colonel Tandy Walker s'étant particulièrement distingué dans cette action.
A St Louis, depuis le 19 septembre, c'est le général Curtis qui coiffait à présent Schofield et Blunt. Ce dernier fut encore force de différer sa campagne pour seconder Schofield au Missouri. Le 4 octobre, lors de la seconde bataille de Newtonia, les nordistes mirent en déroute les forces rebelles du général James S.Rains (remplaçant Hindman). Pressés par leurs ennemis, les confédérés se séparèrent en deux. Cooper et ses indiens regagnant le territoire. Blunt les poursuivit et le 22 octobre les surprit totalement à Old Fort Wayne, juste sur la frontière. II leur prit leur artillerie et les chassa au sud de la rivière Arkansas, découragés, beaucoup d'indiens désertèrent encore. Watie tenta un raid sur Fort Scott (Kansas) le mois suivant, mais le colonel Phillips, détaché par Blunt, l'obligea à y renoncer. A Fort Smith, Hindman qui avait relevé Rains (pour alcoolisme !), entreprit de regrouper ses forces. Coté nordiste, Schofield prit ses quartiers d'hiver près de Springfield (Missouri) laissant Blunt et sa division dangereusement exposés en Arkansas. Hindman et ses soldats reçurent l'ordre de rejoindre Vicksburg, mais le général sudiste obtint la permission de se débarrasser d'abord de Blunt et de Schofield, chose possible d'après lui !
Hélas pour les rebelles, et malgré la vaillance de Marmaduke et Shelby, la bataille de Cane hill, livrée le 28 novembre en Arkansas, fut une défaite pour les confédérés obligés de céder le terrain. Le 3rd indian home guard régiment du colonel Phillips (US) se distinguant au cours de cette action.
Le 7 décembre suivant, Hindman et Blunt se heurtèrent encore à Prairie Grove, les sudistes durent se replier à nouveau après une bataille meurtrière et indécise, mais leurs forces, épuisées se désintégrèrent littéralement lors de la retraite. Pour comble de malheur, le 28 décembre, les fédéraux s'emparaient du camp sudiste avec tous ses approvisionnements !

 
Pendant ce temps, le colonel Phillips avec 1 200 indiens unionistes, une section d'artillerie et quelques troupes du Kansas, était entré dans le territoire indien le 22 décembre. Watie et les siens furent forcés à la retraite à Fort Davis le 27, au cours d'une brève escarmouche. Les indiens confédérés se retirèrent vers la frontière du Texas. A nouveau, les demeures et les champs des partisans du sud, brûlèrent. Finalement Phillips fit demi tour et rejoignit Blunt. La défaite de Prairie Grove avait donné aux fédéraux le contrôle définitif du nord ouest de l' Arkansas et de la partie du territoire indien située au nord de la rivière Arkansas. Plus jamais les sudistes ne seront en mesure de les reconquérir. Washington et Richmond, ayant bien d'autres "chats à fouetter", vont se désintéresser de la région, mais la guerre va s'y poursuivre en une série de raids, contre-raids et escarmouches, terreur, haine, meurtres et pillages...
L'hiver 1862/63 se passe ainsi en rencontres entre détachements indiens ennemis, en lutte contre les guérillas et autres bushwackers. Les nations Cherokees et Creeks, largement dévastées, sont laissées à elles-même et deviennent le territoire de prédilection de bandes de hors la lai qui volent, pillent et
violent, aussi bien les partisans du nord que ceux du sud ! Les unionistes Cherokees (Cooper et Watie étant loin au sud) tentent bien de restaurer un semblant d'ordre. Lors d'un conseil national, ils
dénoncent le traité signé avec la confédération, affirment leur allégeance à l'Union, abolissent I'esclavage et mettent Watie et les siens hors la loi ( en confisquant leurs propriétés au passage !)


 
Le colonel William A Phillips, un temps commandant du 3rd Indian Home guard rgt (US). Phillips, un Ecossais, était arrivé au Kansas en 1855 comme correspondant du New York Tribune, le journal du fameux abolitionniste Horace Greeley. 
 
1863:
 
Après la campagne de I'hiver précédent, Blunt avait promis aux réfugiés indiens qu'ils rentreraient chez eux au printemps suivant. C'est au colonel Phillips et à sa brigade de 3 000 hommes (largement. indiens) que Blunt va confier cette mission. Phillips occupe Fort Gibson le 13 avril. Les réfugiés Cherokees regagnent ce qui reste de leurs demeures, quand aux Creeks et Séminoles ils devront encore attendre la "libération" de leurs terres toujours sous domination sudiste.
En juin 1863, la situation de Phillips se détériore. Cooper, promu brigadier général et à la tête de 5 000 hommes (indiens et renforts texans) se fait menaçant, tandis que les lignes d'approvisionnements fédérales à travers I' Arkansas sont mises en danger. Blunt détache le 1st Kansas colored infantry, nouvellement formé à partir de noirs libres et d'anciens esclaves de la région, le 2d Colorado infantry et une section d'artillerie pour renforcer Fort Gibson.
 
Le 1er juillet, un convoi d'approvisionnement de 300 chariots destiné a Phillips est intercepté par 2 000 Texans et indiens confédérés conduits par le colonel Watie à Cabin Creek. Les renforts sudistes du general Cabell ne purent se joindre à Watie à cause de rivières en crue et les nordistes repoussant l'attaque, parvinrent au fort. Blunt lui même y arriva la semaine suivante et décida d'attaquer Cooper avant que celui ci ne fasse sa jonction avec
Cabell et ses gars de I' Arkansas. Le 7 juillet avec 3 000 hommes, Blunt défait les 5 000 sudistes à Honey Springs (Elk Creek), ses douze canons firent la différence face aux quatre howitzers de Cooper au cours de la plus grande bataille livrée sur le territoire. Au prix de 60 tués, blessés et capturés, Blunt s'empara du train et de I'artillerie de Cooper et lui mit plusieurs centaines d'hommes hors de combat. De retour à Fort Gibson, Blunt fut encore renforcé par les 5 000 soldats du colonel Cloud le 22 aout. Il poursuivit les confédérés de Cooper en retraite jusqu'au pays Choctaw, puis ceux de Cabell en Arkansas. La capitale de I'état, Little Rock, tomba entre les mains des fédéraux. Mais Blunt ne savoura pas longtemps son triomphe. Totalement déconsidéré en octobre après le massacre de son escorte à Baxter Springs par Quantrill et ses guérillas (voir N° 39 du "Courrier"), Schofield (qui a remplacé Curtis à la tête du département du Missouri) le relève de son commandement et le remplace
par le général McNeil.
De son coté, Stand Watie tente d'attirer l'attention du gouvernement confédéré sur la situation épouvantable du territoire et des indiens pro-sudistes. Un officier de sa brigade écrit à sa femme en septembre 1863: "Sur nos 5 000 hommes, 1 000 sont sans arme, sans chaussures ou vêtements de rechange". Watie parvient à obtenir quelques subsides et la promesse de renforts du général Kirby Smith (successeur de Holmes au Trans Mississippi) qui lui affirme son admiration pour le courage de ses hommes et leur loyauté, chose rare dans les parages... Tandis que près de 18 000 civils Creeks et Cherokees pro-confédérés fuient vers le Texas, les fédéraux sont eux encombrés de réfugiés de 1'Arkansas, ravagé par la guérilla.
Les forces sudistes ne bougent guère, seul Watie se montre agressif en lançant une série de raids autour de Fort Gibson en octobre et novembre. Au cours de l'un de ces raids, Watie entre à Tahlequah, "liquide" quelques Cherokees unionistes et brûle la demeure de Ross à Park Hill. En décembre, il pénètre au Missouri mais les fédéraux le rejettent vers le sud. Comme on l'a déjà vu, la guerre civile dans cette partie des Etats Unis est particulièrement sauvage. Ainsi, au cours des diverses escarmouches, raids et actions diverses, de nombreux prisonniers sont abattus par les deux camps.
Le 11 décembre 1863, les sudistes remplacent le général William Steele à la tête du territoire indien par Samuel B Maxey, un homme qui comme Pike, apprécie les indiens et se préoccupe de leur sort. II va tenter de réorganiser une force digne de ce nom dans le territoire, mais le colonel Phillips lance une offensive sur la nation Choctaw pour briser sa résistance. Phillips doit rebrousser chemin, non sans avoir tué 250 indiens confédérés et dévasté le pays. 

Watie poursuit ses raids en Arkansas et livre quelques combats, (18 décembre à Barren forks) avant de rentrer dans la nation Creek le 26 décembre.
 
Unités indiennes levées dans le territoire entre 1861 et 1865 

 
Etats confédérés d' Amérique:
-1st Cherokee Mounted rifles ou Watie's rgt ou 2nd CMR (formé en 1861) Colonel Stand Watie, se rend le 23 juin 1865
-1st Cherokee Mounted rifles ou Drew's rgt ou 2nd CMR, Colonel Drew, formé en 61, dispersé en aout 1862, passe largement au nord.
-2nd Cherokee Mounted rifles (formé en 1863 à partir du 1st Cherokee partisans rangers et d'éléments du rgt Watie), Colonel W.P.Adair, se rend le 23 juin 1865
-1st Cherokee partisans rangers, Major Bryan, formé en 1862, versé au 2nd rgt Cherokee Mounted rifles en 63.
-1st Cherokee cavalry batallion, réorganisé en 1863, major J.M Bryan, se rend le 23 juin 1865
-Faye's Scale's Cherokee Cavalry batallion, organisé à l'été 1864, Majors Moses C Faye et Joseph A Scales, se rend le 23/6/65
-1st Chickasaw cavalry regiment, (ou Hunter's rgt indian vol.) formé en 1863, dispersé fin 1864, Colonel William L.Hunter
-1st Chickasaw cavalry batallion, organisé fin 1862 avec 5 cos, Lt Col. J.D.Harris, devient le Shecoe's Chickasaw Bn Mounted vol. en 1864 (Lt Col Martin Shecoe), se rend le 23/6/65
-1st Choctaw and Chickasaw mounted rifles, formé en 1861, colonel D.H.Cooper, se rend le 23/6/65
-2nd rgt Choctaws and Chickasaws mounted rifles, colonel Randy Walker
-1st Choctaw cavalry batallion , major J. W .Pierce (Mc Curtain), devient 3rd Choctaw cav.rgt fin 1863
-1st Choctaw cavalry rgt, formé au printemps 62, Colonel Sampson Folsom, se rend le 23/6/65
-2nd Choctaw cavalry rgt (ou 1st Choctaw cavalry war rgt), formé à l'été 62, Colonel Sompson N.Folsom, se rend le 23/6/65
-3rd Choctaw cavalry rgt, formé fin 63 avec le 1st Choctaw cavalry batallion (McCurtain), Colonel Jackson McCurtain, se rend le 23/6/65
-1st Creek cavalry batallion, formé en 1861, col. Chilly Mclntosh, devient 2nd Creek mounted vol. rgt en 1862
-1st Creek mounted vol. rgt (ou infantry rgt), formé en aout 61, Colonel D.N.Mclntosh, se rend le 23/6/65
-2nd Creek mounted vol. rgt (ou infantry rgt), formé en 62, colonels Timothy Barnett, Chilly Mclntosh, se rend le 23/6/65
-1st Seminole Cavalry batallion, formé en septembre 61, devient 1st Seminole mounted vol. rgt en 64. Lt Col John Jumper
-1st Seminole mounted vol. rgt, formé en 64 (voir ci dessus), se rend le 23/6/65
-Osage cavalry batallion, organisé en 1863 avec 4 cos, major Broke Arm, se rend le 23/6/65
A l'exception de Cooper et Pike, les commandants d'unité furent tous d'origine Indienne.
On estime à 12600 le nombre d'hommes levés dans le territoire indien pour la confédération entre 1861 et 1865 (4200 Cherokees, 4 250 Choctaws, 2 050 Chickasaws, 1 700 Creeks et 800 Osages et Seminoles). Notons qu'au moins 1 000 ou 1 500 de ces indiens passèrent du coté de L'Union pendant la guerre.
 
Etats Unis d'Amérique:
-1st Indian home guard mounted rgt ( 1862/65) Creeks et Seminoles d'Opothleyahola
-2nd Indian home guard mounted rgt (1862/65) Delawares, Quapaws, Caddos, Shawnees, Kansas, Osages, Kickapoos, Cherokees...
-3rd Indian home guard mounted rgt (1862/65) Cherokees de l'ex regiment Drew
Soit environ 3 530 hommes fournis par les nations indiennes à l'Union, (dont 2 000 Cherokees). Sur ce total, 1 018 y laissèrent la vie, soit 28,8%.
 


A suivre...

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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 10 Mai 2015 - 11:03

1864/1865 : 

Au début de 1 864, Stand Watie est plus actif que jamais et perturbe sérieusement les communications fédérales. 5 000 réfugiés supplémentaires viennent encore s'agglutiner autour de Fort Gibson et compliquer la logistique des nordistes. 
En mars, Maxey envoie en Arkansas, les Texans de Gano et une brigade de deux régiments Choctaws, conduite par le colonel Tandy Walker, afin de s'opposer à la progression des troupes du général Frederick Steele qui doit rejoindre Banks pour sa campagne de la Red River en Louisiane. Le train fédéral est capturé lors de la bataille de Poison Springs (Arkansas) le 18 avril et les confédérés poursuivent I'armée Steele en retraite après l'échec de Banks. Au cours de l'affrontement, 180 soldats noirs du 1 st Kansas colored, qui s'étaient distingués dans le pillage des terres Choctaws et le massacre des civils, furent tués pendant et après le combat ou achevés par les indiens (mais aussi les Texans). On retrouva dans leurs sacs de nombreux objets volés dont beaucoup de vêtements de femmes et d'enfants... 
Le 10 mai 1864, Stand Watie est promu brigadier général par le president Davis (d'autres officiers Cherokees reçurent également du galon). Le conseil de la nation prit bientôt des mesures pour appliquer la conscription aux hommes de 17 à 50 ans afin d'organiser enfin la brigade que Watie était autorisé à lever depuis l'année précédente. 
Le 15 juin, Watie accrut sa réputation par la prise du vapeur " J.R. Williams" qui transportait pour 100 000$ de matériel et vivres (dont un important stock d'uniformes dont les indiens confédérés manquèrent toujours). De nombreux Cherokees quittèrent les rangs pour aller ravitailler leurs familIes et Watie dut détruire le steamer et tout ce qu'il ne pouvait emporter. Après une brève escarmouche, les indiens regagnèrent leur base. 
Le 31 juillet , les confédérés de Cooper, Gano et Watie bien sûr, tentèrent d'enlever Fort Smith mais durent renoncer face à la résistance du 6th Kansas cavalry. Le 24 aout, l'indomptable général Cherokee attaquait encore un campement fédéral à Gunter's prairie et prenait 150 chevaux et mules. 
En septembre, un énorme convoi fut signalé se dirigeant vers Fort Gibson. Avec 2 000 hommes, dont sa nouvelle brigade de 800 Cherokees, Creeks et Seminoles, et 6 canons, Watie décida de le capturer. Ce qui fut fait le 19 à Cabin Creek. Les sudistes s'emparèrent de 250 chariots transportant pour près de 1 500 000$ en matériel de toutes sortes, de nombreux chevaux et mules et firent 140 prisonniers (les confédérés furent, plus tard, accusés d'avoir à cette occasion massacrés des indiens unionistes prisonniers). Les yankees tentèrent une action contre Watie mais celui ci les retint suffisamment longtemps à Pryor's creek pour permettre au convoi de prendre le large. La retraite fut un peu difficile car les sudistes avaient trouvé un stock d'alcool dans les chariots et le consommèrent de suite ! 
Après ces exploits, Watie fut plus que jamais, la hantise de tous les officiers fédéraux de la région qui le voyaient partout à la fois et utilisèrent des forces considérables dans la protection du moindre convoi !!! 
Un grand raid que projetait Stand Watie au Kansas depuis longtemps ne vit jamais le jour car les officiels confédérés se montrèrent peu confiants dans les talents militaires des indiens. A la fin de 1864, la désastreuse campagne du général Price au Missouri (bataille de Westport) mettait pratiquement un terme à toute action dans le Trans-Mississippi. Watie et d'autres groupes continuèrent leur guérilla dans la vallée de la riviere Arkansas en attendant une éventuelle réorganisation des forces indiennes, Watie devant remplacer Cooper qui ne commanderait plus que les Choctaws et les Chickasaws. 
En avril 1865, Lee se rendait a Grant, le 26 mai, le général Buckner, agissant pour Kirby Smith, signa it la capitulation du Trans-Mississippi. Cooper fit la reddition des troupes banches du territoire indien au début juin, Les Choctaws signèrent le 19 juin, Les Chickasaws le 14 juillet. Watie et les siens, (Cherokees, Creeks, Séminoles et Osages, hommes, femmes et enfants) regroupés le long de la frontière du Texas et sans aucun espoir de pouvoir poursuivre la lutte, se rendirent à leur tour le 23 juin à Doaksville, capitale de la nation Choctaw. Désespéré, Stand Watie était le dernier général confédéré à déposer les armes. 
En 1865, les cinq nations, exsangues, sont ruinées, tout ce qui avait été construit après le déplacement des années 1830 est détruit. (En 1863, on estime que le tiers des femmes Cherokees unionistes adultes était veuve et le quart des enfants orphelins. Situation similaire coté confédéré. De 21 000 en 1860, les Cherokees ne sont plus que 13 566 en 1867). 
Tout est à reconstruire, la société, l'économie et les institutions politiques. Le 13 juillet 1865, le conseil Cherokee (unioniste) proclame I'amnistie pour tous ceux qui ont portés les armes contre les Etats Unis. Une grande conférence a lieu à Fort Smith le 8 septembre avec des délégues des USA (dont le général Ely Parker, indien Sénéca et secrétaire de Grant), et des indiens unionistes et confédérés (avec Watie et Elias Boudinot). Les Cherokees sont traités comme une seule nation qui, s'étant alliée aux rebelles, a perdu tous ses droits face aux USA: annuités, terres et protection. Les Etats Unis imposent I'abolition de I'esclavage sans compensation, une cession d'une partie des terres, le droit de pénétration du chemin de fer, la possibilité d'installer d'autres peuples indiens sur les terres Cherokees, le droit d'y établir des postes militaires. Les Cherokees ex-confédérés refusent de signer, mais peu importe ... 
Les cinq nations civilisées ne se relèveront jamais de la guerre civile. Quelques temps plus tard, I'expansion blanche ne fera qu'une bouchée du territoire et le rêve d'un véritable état indien au sein des USA ne sera plus qu'un souvenir ! 

                                                                                          
Patrick Ailliot CCFF 

Sources : 
« Beetween two fires, american indians in the CW » L M Hauptman 
« Stand Watie Gl Confédéré de race indienne », J J Need in « Journal of the West » repris par la CHAB (Confederate historical association of Belgium in CHAB News 
« Confederate government relations with the 5 civilized tribes »O Morton, Chronicles of Oklahoma 
« Delegates to the 5 civilized tribes to the confederate congress » T P Wilson (idem ci-dessus) 
« The Confederate Cherokees » W C Gaines 
« The CW in the western territories » Ray C Colton 
« The western territories in the CW » Leroy B Fisher 
« CW on the western border » James Monaghan 
« The CW in the american west » Alvin M Joseph Jr 
« Confederate cavalry west of the river » S B Oates 
« units of the CS army » J Crute jr 
« American military equipage vol 1 » F P Todd 
« CW battles in the west » L H Fiher 
« The american frontier 1800/99 » W C Davis 
 

Ci-dessus, le capitaine Henry Brewer 
CO C 1st Cherokee Mounted rifles (Watie rgt) 

À droite, le colonel Daniel Newman McIntosh , 1st Creek mounted vol. 
 

À gauche Saladin Watie , fils ainé de Stand Watie 

Ci-dessus, le capitaine Samuel H Gunter, 1st Cherokee Mounted rifles (Watie rgt) 
 
 
Drapeau présumé du 1st Cherokee mounted rifles capturé à Locust Grove le 3 juillet 1862. Du type « stars and bars » (premier drapeau national confédéré ) Il porte les 11 étoiles des états de la Confédération plus cinq étoiles rouges pour les cinq nations civilisées, la plus importante représentant les Cherokees . 


Fin

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Mer 17 Aoû 2016 - 11:04

Général Lawrence Sisco a écrit:
Ely Samuel Parker (à gauche sur la photo)

Ely Samuel Parker (1828–1895), né Hasanoanda, était un Américain Amérindien de la nation Sénécas dans l'État de New York, qui fut avocat, ingénieur, et un diplomate entre le gouvernement des États-Unis et les Amérindiens. Lieutenant-colonel durant la Guerre de sécession dans le camp de l'Union, il fut officier adjoint auprès du général Ulysses Grant, et aida à rédiger le texte de la reddition des Confédérés à Appomatox.
Il fut promu brigadier Général des volontaires mais il s'agissait d'une promotion par brevet et Parker demeura lieutenant colonel dans les faits.
Devenu président, Grant le nomma commissaire aux Affaires indiennes, ce qui fit de lui le premier Amérindien à ce poste, de 1869 à 1871.







Parker avec sa fille . Elle montre peu de son patrimoine génétique amérindien . La famille passa dans la communauté américano-européenne .


Parker enfant

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MessageSujet: Re: Les Amérindiens dans la guerre de sécession   Dim 29 Oct 2017 - 12:43

Les Amérindiens dans la guerre de sécession

Les Amérindiens durant la guerre


Le rôle des Amérindiens est souvent méconnu, l’attention du conflit étant surtout porté sur les campagnes des généraux Lee et Grant. Cependant, il a bel et bien existé un «pendant» indien à la guerre de Sécession sur lequel, il est assez intéressant de se pencher.

A la veille de la guerre civile américaine, il y avait 110 000 Indiens parqués dans des «réserves» dont il leur était à peine permis de sortir. D’après le Bureau indien (relevant de l’administration fédérale), 230 000 autres Indiens vivaient en dehors des réserves, principalement dans le Far West, bien au-delà de la mythique «Frontière» si chère aux Américains. Environ 65 000 «Peaux-rouges» (sur les 110 000 soumis) vivaient dans le Territoire indien, une zone sans aucune organisation politique ou administrative correspondant à l’actuel Etat de l’Oklahoma. Ces Amérindiens avaient emprunté de nombreuses caractéristiques de la société américaine, a fortiori sudiste : agriculture en plantations et, fait notable, l’esclavage (on comptait 7 000 esclaves noirs en 1861 dans le Territoire).

En 1861, le gouvernement sudiste envoya un ancien agent du Bureau indien, Douglas Cooper, dans le Territoire indien afin de le rallier à la Confédération. Outre la proximité économique et culturelle, les Amérindiens éprouvaient une rancœur naturelle à l’égard de Washington et Cooper rattacha rapidement le Territoire indien à la CSA. De nombreux Indiens s’engagèrent dans l’armée confédérée, dont un membre du cercle dirigeant des Cherokee nommé Stand Watie. Cooper fut promu général pour son succès.

Malgré tout, une minorité refusa de s’associer aux Sudistes et demeura loyale à l’Union. Dirigée par le Creek Opothleyahola, les loyalistes furent attaqués par Cooper et ses Indiens renforcés de détachements texans. Round Moutain, Chusto-Talasah et Chustenanlah furent le lieu d’accrochages entre les Confédérés et les Nordistes, sans soutien aucun de l’armée fédérale, battant en retraite vers le Kansas. La retraite d’Opothleyahola fut un calvaire en plein mois de décembre…

L’année suivant vit la contre-offensive de l’Union dans les terres indiennes. Après leur victoire de Pea Ridge, les Nordistes pouvaient se donner les moyens de reprendre aux «sauvages rouges» leur Territoire. Sans renfort, Cooper et Stand Watie menèrent une petite guerre faite d’escarmouches durant plus d’un an. La bataille de Honey Springs, la seule bataille rangée de cette campagne, donna la victoire à l’Union. Exactions et vengeances personnelles furent alors le lot des Indiens car leurs compatriotes pro-Union avaient formé une Indian Home Guard forte de trois régiments qui participa à la reconquête du Territoire.

Stand Watie continua seul la lutte envers et contre tout par une guérilla aussi brillante que désespérée. Il fut le dernier général de la Confédération à déposer les armes aux troupes de l’Union le 23 juin 1865.

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