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 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.

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MessageSujet: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mar 21 Fév 2012 - 17:19

Ce revolver fut inventé en 1856 par un parisien d'origine du nom de François Alexandre Le Mat, médecin résidant à la Nouvelle-Orléans,.

Les différentes versions de cette arme furent principalement utilisées par les officiers de l'armée sudiste pendant la guerre de sécession.

Les premiers modèles du Le Mat furent construits à Philadelphie, mais à la suite de la Guerre Civile, la production, toujours destinée aux États Confédérés fut transférée en France.

Ce revolver, probablement l'arme la plus prestigieuse et respectable jamais produite, permettait de tirer dix coups. En effet, outre un barillet à 9 coups, l’arme dispose sous le canon principal d’un second canon, lisse, destiné au tir d’une charge de chevrotines équivalent à un cal.16 de fusil de chasse. Près de 3000 exemplaires du Le Mat furent livrés aux Confédérés au cours de la Guerre Civile. Depuis la fin de la guerre, ces armes font le bonheur de nombreux shérifs et Marshals qui apprécient son aspect impressionnant, idéal pour tenir en respect un prévenu, ainsi que son canon central à chevrotines, très efficace pour "balayer" tout un saloon…



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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Dim 16 Sep 2012 - 23:21

C'était le revolver du général JEB Stuart.

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Mac Lean
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 17 Sep 2012 - 9:20

Belle arme en effet.j'ignorais le "détail" de la chevrotine...Mac

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Jeu 29 Aoû 2013 - 11:42

je me souviens avoir lu il y a bien des années dans une vieille archive d'un journal de l'ouest qu'un journaliste avait écrit qu'un énervé avait reçu une balle mortelle dans un combat de rue car il ignorait que l'adversaire avait un Le Mat et que ses derniers mots avaient été "son of a bitch, he has shoot more than six !" (enfant de putain, il a tiré plus de 6 fois !)

Hollywood ainsi que les bandes dessinées hebdomadaires contemporaines (ancêtres des "comics") ont toujours complètement déformé la réalité. Les journaux contemporains sont plus fiables. En se basant sur ces journaux de l'époque, l'historien Stammel a, dans de nombreux ouvrages (traduits en français), remis les pendules à l'heure et classé dans les bons ce qui méritaient d'y être, dans les mauvais ceux qui l'ont été et dans les moitié bons moitié mauvais tous les autres, c'est à dire la majorité Wink
De mémoire, dans les mauvais : les frères Doolin, les frères Dalton, Jesse James, James Hickok, Wyatt Earp, Johnny Ringo, Doc Hollyday
Dans les moitié bon moitié mauvais : Franck James, Kit Carson (que je classerai moi dans les mauvais)
Dans les bons : "Buffalo Bill", le redoutable John Wesley Hardin, Jim Bridger
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Ven 30 Aoû 2013 - 20:23

Il semble qu'il y a eu de très gros problèmes de qualité de fabrication sur ces armes. Des sous traitants français, mal choisis ont produit de très mauvaises séries en particulier au niveau des métaux utilisés ce qui fait que les revolvers de qualité acceptable ont été peu nombreux.

Mon expérience avec le Le Mat se limite à la réplique de Pietta, fort bien réalisée dans des aciers modernes avec un niveau de finition qui aurait certainement fait rêver les confédérés. Pourtant je n'ai pas été "mordu" et ai fini par m'en séparer pour plusieurs raisons:
-Le refouloir est un accessoire particulièrement fragile et peu commode à utiliser. Mieux vaut démonter le barillet ce qui est facile mais assez long.
-La percussion du canon central est peu fiable. Pour selectionner ce canon il faut basculer une pièce dans le chien mais une fois celle-ci en place, la course du chien est très courte et en dépit d'un ressort très puissant l'amorce ne part pas à tous les coups. Pourtant les amorces modernes sont très régulières, bien plus que celles d'époque ce qui laisse des doutes sur l'efficacité de ce système au XIXème siècle.
-La prise en main au tir est plutôt bonne et pour certains même meilleure que sur beaucoup d'autres revolvers de l'époque. La visée n'est pas mal non plus et le guidon dérivale est un plus. Par contre, lorsqu'il s'agit d'armer le chien avec son puissant ressort, l'ergonomie est déplorable et on se met vite à armer de la main faible pour ne pas se pincer et arriver à engager le cran d'armé sans contorsions exagérées de la main. A moins de tirer à deux mains, il est facile de tirer deux balles avec un Colt ou un Remington avant d'en sortir une avec le Le Mat et le poids de l'engin n'arrange rien.
-Pour finir, par rapport aux revolvers classiques le Le Mat a un côté "usine à gaz" qui ne facilite pas l'entretient.

Bien sûr, chacun a son opinion sur les armes et ce qui rebute l'un peut faire le bonheur d'un autre. De plus certains finissent par s'habituer aux particularités d'une arme qu'ils aiment pour son look ou son histoire.
En ce qui me concerne le Le Mat est loin d'être mon choix comme arme de tir et encore moins pour un usage "réel" si par magie je me retrouvais au temps de la civil war. Comme pour d'autres armes "hors normes", c'est souvent plus excitant sur le papier que dans la réalité.
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Sam 31 Aoû 2013 - 7:14

Le classement de Buffalo Bill dans les bons,ne me convient pas trop.
Opinion perso.
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 2 Sep 2013 - 7:13

Bill a sorti de nombreux Lakota de leur léthargie dans la réserve. La tombe est toujours entretenue par des Lakota, ce qui prouve qu'il est globalement apprécié.
Le record de bisons tués dans le même laps de temps a été dépassé par 4 ou 5 chasseurs mais on ne l'a pas beaucoup su.
Le record de bisons massacrés sans prendre la durée en compte a été dépassé par probablement mille chasseurs. Masterson, par exemple, a été du lot.
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 2 Sep 2013 - 14:03

je n'ai jamais tiré avec la repro du Le Mat, ni avec l'origine Shocked .
Cette repro est très belle. Le levier refouloir me semble bien fragile. Et je suis tout à fait d'accord avec les précédentes remarques à propos de cette reproduction. Remarques qui contrastent par rapport aux niaiseries qu'on peut trouver dans bien des fora de discussion ...
Universal Arms m'avait dit que la maison Pietta avait un accord avec les descendants de l'inventeur et que Pietta était donc le seul fabricant autorisé à sortir ces reproductions : j'ai un doute là dessus
L'arme, historiquement, n'est jamais sortie en 44. Si mes souvenirs sont ok, c'était du 41 ... et pas beaucoup d'acier sur le barillet à la périphérie de la chambre
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mar 3 Sep 2013 - 20:14

C'était bien du 41. Vu la très faible épaisseur d'acier entre les chambres de la réplique en 44, les aciers d'époque n'auraient pas tenus d'où la réduction de calibre.
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 15:34

Jean Alexandre François Le Mat

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Les dates (naissance et décès) les plus folles circulent sur Jean Alexandre François Le Mat, idem pour son lieu de décès et le cimetière ou il est inhumé !?!
Moi, j'ai ceci : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Alexandre_François_Le_Mat

Le docteur Jean Alexandre François Le Mat - orthographié LeMat dans un contexte anglo-saxon - (9 juin 1824 à Paris – 15 décembre 1883 à La Nouvelle-Orléans) est l'inventeur du revolver LeMat, utilisé par les troupes confédérées pendant la guerre de Sécession.
Jean Alexandre Le Mat, alors qu'il est médecin à La Nouvelle-Orléans, dépose le 21 octobre 1856 le brevet américain #15925 pour la conception de son revolver. En 1859, il dépose des brevets au Royaume-Uni pour ce même modèle, avant de concevoir plus tard un fusil faisant appel au même principe.

Quelqu'un aurait-il un saurait-il ou trouver une biographie sérieuse, même succincte ? :message:

sioux plait, à vot' bon cœur m'sieurs dames . Wink


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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 17:12

Ouf, j'ai enfin trouvé un article complet :

Des Français dans la Guerre de sécession François Alexandre LE MAT

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Bien que sa famille fut originaire de Bretagne, c’est à Bordeaux , le 15 avril 1821, à neuf heures du matin, que naît François Alexandre Le Mat. Son père Jean et sa mère Jeanne (née Pommez) , étaient boulangers .
François fit ses études au petit séminaire de Bordeaux afin de devenir prêtre, mais il préféra s’intéresser à la médecine et devint interne à l’hôpital Saint André . C’est en 1840 qu’il prête le serment d’Hippocrate à la faculté de Montpellier et devient chirurgien aide-major à l’hospice militaire de Bordeaux. Il donne sa démission le 12 novembre 1843 et s’embarque pour les Amériques , notamment pour la Nouvelle Orléans , ou il veut étudier les maladies contagieuses qui y font des ravages. Tout ne se déroule pas facilement en Louisiane pour le jeune médecin français puisque ce n’est que le 28 avril 1849 que le docteur Le Mat obtient du comité médical de la Nouvelle Orléans le droit d’exercer son art.

Il devient alors médecin chef de l’hospice de la Sainte famille tout en recevant une riche clientèle dans son cabinet privé. En effet, Le Mat avait pris pied dans la bonne société Louisianaise en épousant le 9 avril précédent, Justine Sophie Lepretre , native de la Nouvelle Orléans et arrière petite nièce du marquis Sébastien Lespretre , plus connut sous le nom de Vauban (1633-1707), maréchal de France et commissaire général des fortifications du roi Louis XIV. Par ce mariage, Le Mat, devenait également cousin par alliance de la famille Beauregard. …

Le Mat eut toujours un esprit curieux et inventif , et ceci dans bien des domaines. En médecine bien sûr, ou il obtint une médaille à l’exposition universelle de Londres en 1862 pour un instrument de chirurgie. Dans le domaine naval avec des brevets en 1856 aux Etats- Unis et en France , ou encore en 1866 et 1872. Dans le domaine de l’armement, pour l’artillerie par exemple avec un système de rayure des canons par compression ou encore un obturateur automatique des pièces de campagne en 1859. Adopté par l’artillerie , ce système remplaçait le doigtier , petit sachet de cuir dans lequel le chef de pièce mettait le pouce de la main gauche pour boucher la lumière du canon lors du rechargement . Et puis évidemment avec son fameux révolver à Mitraille , au point dès 1859 et qui devait porter son nom.
21 octobre 1856, 1er brevet concernant un révolver enregistré à Washington sous le N° 15925
30 octobre 1857, 1er brevet européen N) 5173 à Bruxelles

Le Mat s’associa avec P.T. Beauregard , alors major dans l’armée des Etats-Unis , pour promouvoir militairement cette dernière invention . Il fut d’ailleurs nommé colonel et aide-de-camp du gouverneur de Louisiane le 16 avril 1859. En mars, le révolver Le Mat passa devant une commission de l’armée et de la marine à la Nouvelle Orléans qui fit un rapport positif, tout comme la commission militaire de Washington le 9 mai qui émit cependant quelques réserves quand à sa solidité.


Le Mat et Beauregard espéraient des commandes de l’armée mais celle-ci n’avait pas d’argent pour acheter des armes nouvelles qui n’avaient pas fait leurs preuves. Les firmes privées ne se montrèrent pas plus intéressées.
En juillet 1860, Beauregard cède le quart de l’exploitation du brevet qu’il détenait à Le Mat et quitte la partie, il est remplacé par Charles Frédéric Girard , assistant secrétaire du Smithsonian institute de Washington. Girard est sans doute l’inventeur du fusil Girard à chargement par la culasse dont le brevet fut déposé à Paris en 1858.
En février 1861, il est possible que le colonel Le Mat ai été présent à Montgomery (Alabama ) lors de la création des Etats Confédérés d’Amérique , en compagnie de Beauregard. En tous cas, Le Mat décrocha deux gros contrats avec le nouveau gouvernement sudiste , la marine commanda 3 000 révolvers et l’armée 5 000 ! Quand éclate la guerre civile , on peut dire que le colonel Le Mat est aux premières loges, sinon personnellement, du moins par ses inventions . En effet au matin du 12 avril 1861, des obus éclairants et incendiaires d’un système inventé par Le Mat furent tirés par les canons de Beauregard !

Le révolver Le Mat , (ici du 1er modèle) une légende de la guerre de sécession, mais une légende bien peu répandue ...
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Le Mat, laisse la réalisation des commandes à Girard et est nommé , le 27 septembre 1861, agent du ministère de la guerre . A ce titre, il accomplit de nombreux voyages vers l’Europe , en Belgique , en France, et en Angleterre, dépêché par le ministère de la guerre sudiste afin de trouver et acheter des armes et autres fournitures militaires. Le 11 novembre , l’état de Géorgie le charge ainsi d’acheter
2 000 Enfield, 5 000 couvertures, 5 000 paires de chaussures, 800 000 mètres de drap gris… Le Mat prit contact avec une société d’import-export de Louisiane, la firme Gautherin et se rendit en Belgique en 1862 pour négocier ses achats... Il est d’ailleurs présent sur le Trent lors de son arraisonnement par les fédéraux qui arrêtent à son bord les représentants Mason et Slidell . Afin de sauver les courriers qu’il porte , il simule une trahison qui lui valut d’abord l’opprobre puis des félicitations !

Pendant ce temps, Girard moyennant 78% des droits du brevet, se chargeait de la fabrication des révolvers , il créa à cet effet l’entreprise Girard & Co à paris, 9 passage Joinville. Cependant il est plus que probable que la fabrication en elle-même commença d’abord à Liège en Belgique , ville dont la réputation en matière d’armurerie n’était plus à faire !

Au cours de six premiers mois de 1862, Girard livra 400 revolvers Le Mat à l’armée du sud et 200 à la marine. Cependant l’arrivée à Londres du capitaine Caleb Huse , envoyé du ministère sudiste pour inspecter, accepter et payer tous les achats destinés à la Confédération, allait compliquer les choses. Huse et James D.Bulloch , qui représentait quand à lui, la marine confédérée, refusèrent la majorité des armes présentées pour non conformité du métal employé et la fabrication s’en trouva considérablement retardée au cours des années 62 et 63. Il semble que l’armurerie Liégeoise en général , débordée de commandes à ce moment, se montra assez peu scrupuleuse en matière de qualité !

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 17:13

La réaction fit que désormais toutes les armes fabriquées furent soumises à un banc d’essai, ce qui n’était pas le cas précédemment !
En tous cas, il est probable que Girard entama à ce moment la fabrication des revolvers Le Mat à Paris, sous la direction d’un certain Chevereau. Il parvint à faire inspecter 500 autres revolvers en 1862-63 (100 pour l’armée et 400 pour la marine).

La présence des bureaux de Huse et Bulloch à Londres incita Le Mat et Girard à déposer un brevet en Angleterre afin d’y faire fabriquer leurs armes ce qui faciliterait les transactions. Ce fut chose faite le 15 avril 1862 sous le N° 1081. La production fut effective entre 1864 et 1865 chez Aston bros pour l’armée et Tipping & lawden pour la marine.
Pas plus de 3 500 exemplaires des revolvers Le Mat furent fabriqués en Belgique, France et Angleterre au cours du conflit. 1 500 environs le furent en Angleterre dont une partie seulement fut livrée à la Confédération. L’armée reçu 900 armes au total, la marine 600. Il ne semble d’ailleurs exister aucune distinction entre les deux types, sinon un poinçon « M » sur certains modèles destinés à la marine.
Vraisemblablement ruinée par la défaite confédérée, la firme Girard cesse ses activités en 1866. Quand à Le Mat, la fin de la guerre le rend à la vie civile et à ses affaires. Il ne cesse par la suite de
perfectionner ses armes . Nous n’entrerons pas ici dans le détail des améliorations et des brevets déposés qui s’échelonnent jusqu’en 1883. Signalons que dans le domaine des armes légères, Le Mat réalise également des modèles plus petit de son révolver à mitraille , le Baby Le Mat ainsi que des carabines , le tout ne dépassant pas le millier d’exemplaires et fabriqués en Belgique pour la majorité, par les établissements Mariette (fermés en 1865). 2 000 « Baby LeMat » furent commandés par les confédérés en juin 1864, mais pas plus d’une centaine franchirent le blocus...

Un autre Le Mat du 2e modèle
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Un peu de technique:

Malgré d'innombrables variations mineures, il n'existe, à l'époque de la guerre de Sécession, que deux modèles de revolver Le Mat, avec entre eux, ce qu'on pourrait appeler un "modèle de transition". Les revolvers Le Mat sont d'un calibre légèrement inférieur à celui de leurs concurrents Colt, Remington et autres (.41 au lieu de .44), ce qui leur donne une puissance d'arrêt moindre; ils compensent cependant largement cet handicap par une puissance de feu largement supérieure, avec un barillet à 9 coups au lieu de 6, et surtout avec leur canon central lisse, de calibre 20 (.65), qui peut être chargé à balle mais qui en fait est destiné à recevoir une charge de chevrotines. Avec une telle charge et la dispersion due à la longueur du canon et à l'absence de choc, les Le Mat sont des armes redoutables, qui en combat rapproché ou en lieu clos font des ravages comparables à ceux de nos modernes riot-guns. TOUS les revolvers Le Mat de cette période ont un barillet à 9 coups de calibre .41, et un canon central à âme lisse de calibre 20. Bien construits et robustes, ces revolvers sont indubitablement supérieurs à tous les autres revolvers à percussion utilisés pendant la guerre de Sécession.

LE PREMIER MODELE
Le premier modèle a un canon rond, avec une partie octogonale vers la chambre; son refouloir est placé à droite, le long du canon, et le pontet est muni d'un repose-doigt. La calotte de crosse est légèrement arrondie, et pourvue d'un anneau de calotte de type classique. Le ressort principal, logé dans la poignée, est très court. Les n°s de série de 1 à 450, sont également marqués du logo Le Mat, constitué des lettres L et M en cursive, dans un cercle.

LE SECOND MODELE
Suite aux demandes formulées par l'armée, le second modèle Le Mat a un canon octogonal sur toute la longueur, et le refouloir fixé du côté gauche de ce canon. Le pontet est ovale, et l'anneau de calotte est intégré d'un bloc dans la calotte elle-même. Sur ces revolvers, le logo Le Mat est formé des lettres LM en capitales d'imprimerie surmontées d'une étoile à cinq branches. Le ressort principal de ces revolvers est beaucoup plus long que sur le 1er modèle. Toutes les autres spécifications sont identiques à celles du 1er modèle. Les n°s de série du 2nd modèle vont de 950 à 2500 environ.

LE MODELE DIT " DE TRANSITION"
Les n°s de série entre 450 et 950 sont des armes constituées de pièces appartenant aux deux modèles; on peut y trouver des armes ayant, par exemple, un canon du 1er modèle et une carcasse, un pontet et une crosse du second modèle, ou toute autre combinaison. Aucune explication satisfaisante à l'existence de ce modèle n'a pu être donnée jusqu'ici.

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 17:16

Les diverses armes conçues par Le Mat
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Le Mat rentre en France , définitivement, sans doute en 1867. Lors de la guerre qui éclate en 1870, il propose au gouvernement de défense nationale , qui a remplacé le Second Empire de Napoléon III , un système de camp retranché qui fut adopté. Il crée également la légion des volontaires américains avec laquelle il se bat et ou son fils est blessé. (Il ne m’a pas été possible d’en découvrir plus à ce sujet, il y eut bien cependant une « légion américaine » en 1870, commandée par un lieutenant Soula…)
Lors de l’insurrection de la Commune de Paris en 1871, le chef du pouvoir exécutif , Adolphe Thiers, le choisit pour négocier avec le général Cluseret , ancien général de l’Union et nommé par les communards au département de la guerre .

Le Mat vécut ensuite longtemps à Boulogne sur Seine , s’intéressant de près à la navigation aérienne , il inventa un dirigeable qui fut d’ailleurs expérimenté avec succès à Paris (brevets de 1886 et 1888). Entre temps, son épouse était décédée en 1879. Il perdit également l’une de ses deux filles, Anne , en 1886.
Le colonel Le Mat se retira de la vie publique à l’age de 73 ans en devenant le premier pensionnaire payant de l’hôpital général de Provins (Seine et Marne) . Il s’y éteignit le 28 juillet 1895.

Le révolver Le Mat reste indissolublement lié à la confédération sudiste , JEB Stuart, Beauregard, peut être Jackson, en possédait un .

Aujourd’hui le « Museum of the confederacy » de Richmond en propose une version commémorative dorée à l’or fin (ci-dessous) avec les portraits de Lee, Stuart et Davis en gravure, que vous pourrez acquérir pour la modique somme de … 2 495 $ (dollars ...US bien sûr !)
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Ci-dessus, une rare cartouche d’époque, complète de LeMat

P.Ailliot,
d’après le livre de M et Mme Serpette « Colonel François A. Le Mat » La Chatre 1995, le site belge http://www.littlegun.be qui comporte une partie fort intéressante sur les révolvers confédérés de la guerre de sécession et divers sites US .

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 18:48

SUPER EXPOSE Mon général,Histoire très interressante,merci.Mac:biere: 

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Lun 18 Nov 2013 - 19:19


  

à plus  
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mar 19 Nov 2013 - 4:33

Ce n'est pas de moi, je ne fait que partager cet article. Le nom de l'auteur est au bas de la page. C'est un éminent spécialiste de la période et un reconstituteur chevronné et pointu dans le détail.
Merci pour lui.

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mar 19 Nov 2013 - 8:30

Plutôt surprenant pour un Médecin, les outils "chirurgicaux" qu'il a inventé étaient peut-être destinés à lui fournir une clientèle ?     
Sérieursement  
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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Dim 12 Jan 2014 - 5:31


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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Dim 12 Jan 2014 - 10:09

OUAI..,bel objet mais ça coûte bonbon    

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mar 4 Mar 2014 - 13:40

Un autre article sur le Le Mat, ce n'est pas de moi.

Le Dr Le Mat et ses revolvers à percussion 

Arme de poing à la silhouette incomparable et reconnaissable au premier regard, le revolver Le Mat à percussion est un symbole à lui tout seul. 
Sa simple évocation emporte le collectionneur dans un tourbillon vers le passé ou se mêlent les images romantiques et celles, tragiques, de la terrible guerre fratricide qui déchira les Etats-Unis de 1861 à 1865.


1) LE GENIAL INVENTEUR


Né à Bordeaux le 21 Avril 1821, Jean Alexandre François Le Mat se destine d’abord à devenir prêtre. Au bout d’un an, il change radicalement l’orientation de sa vie et décide de faire des études de médecine, sanctionnée par un diplôme de la faculté de Montpellier le 15 juillet 1842. Il travaille alors pendant 16 mois à l’hôpital militaire de Bordeaux avant de quitter la France pour rejoindre la Louisiane. C’est ainsi qu’il arrive à la Nouvelle Orléans le 7 février 1844.
Plutôt que d’exercer la médecine, il choisit la voie des inventions, du commerce et des affaires. 
De 1844 à 1859, il fut impliqué dans le commerce de tabac vers la France, se maria avec la fille du plus important banquier de la ville, développa d’importantes relations influentes, déposa plusieurs brevets d’inventions relatives au domaine maritime. Surtout, il forma un partenariat avec le Major Beauregard de l’US ARMY (formalisé le 4 avril 1859) et déposa le 21 Octobre 1856 un brevet révolutionnaire pour un revolver dont l’axe autour duquel tournait le barillet était un canon à âme lisse (« grape shot revolver »).



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Les premiers prototypes de ce revolver ne seront construits qu’à partir de l’année 1859, ces rarissimes exemplaires seront manufacturés par l’armurier John Krider de Philadelphie. 
Sept exemplaires sont actuellement recensés dans le monde, en plus d’avoir un design différent des armes produites en séries, ils sont marqués sur le canon : « MADE BY JOHN KRIDER PHILADA. LE MAT’S GRAPE SHOT REVOLVER PATENT ».



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Grâce à l’appui du MAJ Beauregard, Le Mat tente de séduire les milieux militaires avec son nouveau revolver. Le 16 Avril 1859, le Dr Le Mat est promu aide de camp du Gouverneur de Louisiane et reçoit le titre honorifique de Colonel.

Le 9 mai 1859 le revolver est testé à l’arsenal de Washington et reçoit un accueil chaleureux de la commission, suggérant quelques ajustements mineurs et surtout que l’arme soit distribuée à titre de test sur le terrain aux formations de l’US Army.

Mais en cette période de paix, l’US Army n’est pas intéressée pour produire à ses frais ce revolver.
De mai 1859 à juillet 1860, le Maj Beauregard, en tant que représentant américain du partenariat avec Le Mat, prit contact avec toutes les principales entreprises d’armes à travers le pays en vue de faire construire ce revolver en série. 
Pendant ce temps le Dr Le Mat effectuait les mêmes démarches en Europe. 
Il est probable que les revolvers Kryder N°1 et N°2 aient servis de modèles de présentation pour les 2 hommes auprès des armuriers.
Ces revolvers Kryder sont très probablement les seuls revolvers Le Mat qui furent produits en Amérique.

Les 2 hommes se trouvaient alors dans une situation paradoxale, leur revolver pouvait potentiellement intéresser l’US Army mais ils n’étaient pas capables de réaliser la production industrielle de cette arme.

Le Mat s’associa alors avec un riche confrère Français, le Dr Girard, probablement dans le but de faciliter cette mise en production. 
Cette association provoqua une brouille entre le Major Beauregard et le Dr Le Mat et aboutit à la dissolution de leur partenariat le 2 juillet 1860. 
Ainsi naquit le nouveau partenariat entre le Dr Le Mat et le Dr Girard le 10 juillet 1860, le Dr Girard possédant alors 75% des parts de l’entreprise.
Après plusieurs mois de travail, les deux associés décrochèrent le 15 novembre 1860 leur premier contrat de 400 revolvers pour la Garde de la Nouvelle Orléans : une composante de la milice de Louisiane. 
Avec le déclenchement de la guerre de sécession en 1861, cette commande sera incluse dans les futures commandes des armées de la confédération (le 12 Août 1861, le Dr Le Mat passa un contrat de 5000 revolvers)

Devant le peu de ressources industrielles du Sud, les associés décidèrent d’installer la fabrication dans une petite usine à Paris située au 9 passage Joinville à Paris, afin de produire leur revolver. 
C’est ainsi que débute réellement l’histoire des revolvers Le Mat avec la production en série à Paris du célèbre modèle à percussion à destination des armées de la CSA (Confederate States Army). Certains auteurs affirment que les 450 premiers revolvers Le Mat furent produits à Liège et non à Paris : quelques zones de mystères persistent!


2) LES REVOLVERS LE MAT A PERCUSSION

Traditionnellement, les revolvers Le Mat à percussion sont classés en plusieurs modèles distincts, en fonction de leurs caractéristiques extérieures :

a) Les premiers modèles de revolvers Le Mat (numéro de série de 1 à 450) comportent les caractéristiques suivantes :
• un pontet repose doigt, 
• le levier de chargement à la droite de l'arme
• Système de clef pour le démontage sous la forme d’une petite pédale
• Un anneau de calotte flottant
• Un canon octogonal au départ puis rond.
• Le marquage LM en lettres anglaises entrelacées dans un ovale à côté du numéro de série sur le coté droit de l’arme

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b) Entre les numéros de série 450 vers 1000 (environ), apparaissent les modèles dits « de transition », combinant les caractéristiques des 1ers modèles et celles du 2eme modèle.

c) A partir du numéro de série 1000 (environ), on voit apparaître des changements qui caractérisent les revolvers Le Mat « second modèle », à savoir :

• Suppression du pontet repose doigt pour laisser à la place un pontet rond
• Levier de chargement à gauche de l'arme
• Démontage du revolver par une grosse goupille sous le canon
• Anneau de calotte intégrée dans l’armature de la poignée
• Canon supérieur octogonal sur toute la longueur
• Marquage LM en lettres capitales surmonté d’une étoile à coté du numéro de série sur le coté droit de l’arme


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Il existera tout au long de l'évolution de ce revolver des variantes mineures concernant la forme du chien à 2 têtes et des variantes de marquages sur le canon associées à chaque évolution. 



Ainsi un changement notable de marquage sur le canon est observé à partir des premiers revolvers autour du numéro 1800. Avant ce numéro le marquage est « Col Le Mat Bte sgdg Paris », le nouveau marquage devient alors « Syst Le Mat Bte sgdg Paris » en lettres gothiques ou capitales.


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Curieusement on a pu observer certains revolvers portant ce marquage en lettres capitales avec une faute de frappe : SCDG au lieu de SGDG.

Le revolver Le Mat de fabrication parisienne portant le plus haut numéro observé est le 2494, on ignore si la production continua longtemps après ce numéro à Paris.

d) Les revolvers Le Mat produits en Grande Bretagne.

Une certaine zone de mystère entoure encore la production de ces armes outre-manche. 

Dans le but de diversifier et d’augmenter les capacités de production de leur revolver les deux associés se tournèrent alors vers l’industrie armurière britannique. 
La numérotation des Le Mat Anglais est confuse, certaines armes comportent des numéros de série faibles (un spécimen numéroté 5 est connu) puis la numérotation saute directement 
autour du chiffre 100 puis dans la tranche des 1000, 3000, 5000, la grande majorité de ces revolvers étant numéroté entre 8000 et 9000.

D’après les recherches les plus récentes sur le sujet, il semble probable que les revolvers produits en Angleterre soient divisés en 2 catégories distinctes :

• Les armes produites par de petits armuriers indépendants (Aston & Francis, Robert Jones…)

• Celles incluses dans le cadre d’un contrat de 2000 armes clairement défini avec l’entreprise Tipping & Lawden (seuls 1000 exemplaires de ce contrat furent en réalité produits)


Les revolvers portant un numéro de série bas (inférieur à 8000) ont toutes les caractéristiques des revolvers produits à Paris dans les premières années. 
De plus ces armes comportent des variantes au niveau du marquage du canon et une numérotation complètement chaotique suggérant la fabrication par des petits armuriers indépendants. 
En réalité en observant de près ces revolvers on remarque des similitudes d’usinage avec les armes produites à Paris, indiquant très certainement que ces revolvers furent produits à Paris et expédiés pour finition (numérotation, marquage sur le canon …) chez différentes petites entreprises en Angleterre.



A l’inverse, les revolvers dont le numéro de série est compris entre 8000 et 9000 sont quasiment tous identiques au niveau finition comme au niveau mécanique, suggérant ainsi leur fabrication par une entreprise unique. 
De plus ils comportent des différences d’usinage significatives avec les modèles tardifs produits à Paris, confirmant ainsi l’hypothèse d’une production entièrement anglaise.
Ces armes sont marquées sur le canon : « LEMAT & GIRARD’S PATENT LONDON » en lettres capitales.


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La production effective de ces armes du contrat Tipping & Lawden débuta au début de l’année 1865, devant les difficultés financières croissantes du gouvernement de la Confédération, le Dr Girard ne fut payé que pour les 1000 premiers exemplaires et le reste de la commande fut annulé. 

Il est peu probable qu’un seul de ces revolvers fut utilisé au combat par les armées du Sud, en effet le dernier document officiel témoignant d’une livraison effective de revolvers Le Mat par un bateau ayant réussi à forcer le blocus maritime du Nord date du milieu de l’année 1864.





e) Un autre critère de classification :

En réalité, si les différents modèles de revolvers Le Mat sont aujourd'hui désignés par les collectionneurs de la façon décrite ci dessus, il existe une différence importante dans le mécanisme de l'arme qui est transverse à la classification décrite. 
En effet sur les premiers modèles de revolvers Parisien compris entre le numéro 1 et 2000 (environ), le verrouillage du barillet est assuré par un petit axe en métal qui, lorsque le chien est à l'armé, sort à coté de la barrette pour s'emboîter dans des petits trous (diam 1.5 mm) creusés dans la face arrière du barillet. 
Ce mode de verrouillage ne convenait pas à l'utilisation pour de nombreuses raisons :
manqué de précision d'ajustage dans la fabrication, encrassage du à l'emploi de la poudre noire et de résidus divers qui bouchaient les trous dans le barillet, casse du petit ergot en métal....

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Il faut souligner que les revolvers portant des marquages anglais avec des petits numéros de série comportent ce système de blocage du barillet.

Suite à ces problèmes, le mode de verrouillage fut changé (à partir environ du numéro de série 2000) au profit d'une came s'emboîtant à l’arrière du barillet dans de larges encoches, assurant ainsi un verrouillage de bien meilleure qualité ! 
Les revolvers fabriqués à Londres dans le cadre du contrat Tipping & Lawden (numéro de série 8000 à 9000) comportent tous ce nouveau système de verrouillage.



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Cette différence fondamentale de mécanisme est visible au premier coup d’œil en observant le côté droit du revolver. En effet, la présence d’une petite vis à côté de la grosse vis de l’axe du chien indique d’emblée que le système de verrouillage est du premier type (cette petite vis est la vis de tension du ressort du petit axe s’emboîtant dans les trous à l’arrière du barillet)


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f) La fabrication et la livraison des revolvers Le Mat 

Le Docteur Le Mat et son associé le Dr Girard signèrent un contrat de 5000 revolvers pour les armées du sud, ce contrat ne sera jamais honoré totalement pour plusieurs raisons. 
Tout d'abord, au niveau de la production, le revolver se révèle compliqué et long à produire. 
De plus, le temps passant la confédération rechignait à payer les revolvers pour des problèmes de trésorerie.
Ainsi, les relations entre les Dr Girard responsable de la production à Paris et le major Caleb Huse, inspecteur des armées du sud responsable des achats d'armes en Europe, devinrent extrêmement tendues, Huse refusant de nombreux revolvers à l'inspection. 
Un des reproches du Maj Huse portait sur le jeu que comportait le barillet à l’armé, imputable à un mode de verrouillage fragile. C'est suite à ces remarques, qu'il fut décidé de changer le système de verrouillage.
Cette modification ne désarma ni l’hostilité évidente du major Huse manifeste, ni sa mauvaise volonté certaine à accepter les revolvers Le Mat. Il fut même accusé par les 2 docteurs d'être corrompu et de privilégier l'achat du revolver anglais KERR produit par la London Armoury (de fait le revolver KERR avait clairement la préférence du MAJ HUSE). 
Enfin, aux problèmes de production du revolver, s'ajoutait le problème de leur livraison car le temps passant, le blocus maritime des côtes de la confédération par la marine du nord s’avérait de plus en plus efficace, coulant de nombreux navires sudistes tentant de forcer le 
passage.

Ainsi, on estime que les derniers revolvers Le Mat fabriqués à Paris à avoir pu traverser l'atlantique et combattre aux mains de soldats confédérés ont des numéros de séries inférieurs à #1850 (environ).

Le total de production des revolvers Le Mat à percussion toutes productions confondues (France, Angleterre) est estimé à environ 3500 exemplaires dont à peu prés 1500 furent effectivement livrés aux armées de la Confédération. 
Une écrasante majorité des revolvers utilisés par la CSA furent produits à Paris, quelques revolvers finis à Londres par des petits armuriers indépendants ont peut être pu forcer le blocus et rejoindre le Sud.

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   Mer 5 Mar 2014 - 16:45

Super révolver et belle histoire.

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MessageSujet: Re: 1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.   

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1856 LEMAT Cal.44. et Cal.16.
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