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 Les Hurons-Wendats

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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 12:14

Les Hurons


Les Hurons forment une confédération de cinq tribus de langue iroquoienne qui occupent le nord du comté de Simcoe, en Ontario, ainsi que le centre et le nord du Québec. Lors de leurs premières explorations, les Européens donnent à la région située près de la baie Georgienne le nom de Huronie. Toutefois, les membres de la tribu appellent leurs terres traditionnelles Wendake.
Inspirés par la coiffure des hommes de cette tribu, les Français les surnomment « hurons », en s'inspirant peut-être de « hure », un mot français du XVIe siècle signifiant « tignasse ». En ancien français, il désigne aussi un animal et, appliqué à une personne, il désigne quelqu'un dont les cheveux semblent raides ou mal peignés. Les Hurons, quant à eux, se désignent par le terme Quendat (Wendat, Wyandot ou Wyandotte), qui signifie communément « insulaires ». Les peuples de la confédération sont les Attignawantans (« peuplade de l'Ours »), les Attigneenongnahacs (« peuplade de la Corde »), les Arendaronons (« peuplade du Rocher »), les Tahontaenrats (« peuplade du Daim ») et les Ataronchronons (« peuplade des Marais »). Dès le début du XVIIe siècle, ces trois dernières peuplades quittent le sud et l'est de l'Ontario pour s'installer en pays huron et se joindre aux deux premiers groupes afin de former une alliance défensive contre leurs ennemis communs, les cinq tribus d'Iroquois du nord de l'État de New York.
Avant le début du XVIIe siècle, il y a au Canada de 20 000 à 25 000 Hurons, mais, de 1634 à 1640, leur population tombe à 9000 après une série d'épidémies, particulièrement celle de la variole en 1639. La guerre intense entre les nations iroquoiennes, la famine et la propagation des maladies entraînent un déclin spectaculaire de la population des Hurons et, en 1760, on estime que la région du Québec n'en compte que 100. La population se stabilise et commence à augmenter graduellement pour se chiffrer à près de 300 au milieu du XIXe siècle.
Les Hurons vivent dans une vingtaine de villages, dont certains comptent jusqu'à 3500 habitants. Leur économie de subsistance est basée sur le maïs, les haricots, la courge et le poisson. À l'époque de leur contact avec les Français, de 1615 à 1649, ces bons cultivateurs occupent un territoire de quelque 880 km2, ce qui constitue une densité moyenne de 23 habitants par km2. L'agriculture perd de son importance avec l'expansion de la lucrative traite des fourrures, due à une forte demande, et les Hurons délaissent les champs pour la chasse. Ce changement culturel rend également les Hurons plus nomades que certains groupes d'Iroquois, plus sédentaires.
Au moment de la défaite et de la dispersion d'Huronia par les Iroquois (1649-1650), quelque 500 Hurons deviennent catholiques et quittent la baie Georgienne pour trouver refuge près des Français, dans la région qui est maintenant la ville de Québec. Certains retournent sur l'île d'Orléans (1650-1656) et, en 1697, d'autres s'installent dans le nord du Québec, à Jeune-Lorette (Wendake), aussi appelée Village-des-Hurons. Beaucoup de Hurons se joignent aux Iroquois, et d'autres fuient vers l'ouest avec les survivants pétuns et vivent dans ce qui est maintenant la réserve Wyandot, dans l'État d'Oklahoma.
Les Hurons, qui font partie de l'alliance des Sept Nations, sont alliés avec les Français jusqu'en 1760 et avec les Britanniques par la suite. Toutefois, en raison de leur petit nombre, ils ne jouent qu'un rôle modeste dans les conflits nord-américains. La plupart des villages sont fortifiés de palissades pour les protéger des attaques des Iroquois et de leurs alliés européens. Ils sont habituellement situés sur des emplacements légèrement élevés, proches d'une source d'eau permanente et de bonnes terres cultivables. Les villages déménagent vers d'autres emplacements tous les 10 ou 15 ans, après l'épuisement des sols et du bois de chauffage.
Les Hurons forment des familles nucléaires monogames. L'unité socio-économique fondamentale est cependant la famille matrilinéaire élargie, composée de quelques familles dont les femmes ont en commun une même mère ou une grand-mère, qui dirige les affaires quotidiennes. La famille élargie habite les maison longue, d'une largeur de 7 m environ et dont la longueur varie selon la taille de la famille. Des études archéologiques font état de maisons atteignant jusqu'à 90 m de longueur. Chaque Huron appartient à l'un de huit clans matrilinéaires. Les membres d'un clan se considèrent comme cousins et ne peuvent se marier entre eux. Deux conseils gèrent les affaires du village, l'un s'occupe des affaires civiles et l'autre, des affaires militaires. Tous les hommes de plus de 30 ans en sont membres. En principe, toutes les décisions sont prises par consensus mais, en réalité, les véritables décideurs sont les hommes âgés et les chefs élus des grandes familles en raison de leur statut dans la communauté et de leurs pouvoirs oratoires.
Commerçants aguerris, les Hurons entretiennent d'étroites relations avec les Pétuns, les Neutres, les Outaouais, les Nipissings et lesAlgonquins de la vallée de l'Outaouais. Leur premier contact avec les Français remonte à 1609, à l'arrivée de Samuel de Champlain, avec lequel ils concluent une alliance militaire et commerciale qui entraîne les Français dans le conflit Hurons-Iroquois (voir Guerres iroquoises). Des missionnaires récollets sont envoyés chez les Hurons en 1615 et sont suivis par des Jésuites en 1625. Dans les années 1620, les Hurons, dont le réseau de traite englobe la majeure partie de l'Ontario et de l'ouest du Québec, sont déjà les plus importants fournisseurs de fourrures des Français. L'économie des Hurons dépend aussi de la production et de la vente d'articles traditionnels, comme des raquettes à neige, des paniers et des canots, mais la traite des fourrures se fait principalement avec les coureurs des bois.
Aujourd'hui, les Hurons font partie des communautés autochtones les plus urbanisées et prospères au Québec, le groupe le plus important vivant à Loretteville, près de Québec. La majorité des Hurons sont des catholiques, et leur langue maternelle est en général le français. En 1999, ils célèbrent le 350e anniversaire de leur dispersion du nord de l'Ontario et du Québec. Des représentants des quatre principaux groupes Wyandot forment une nouvelle confédération.
Selon le gouvernement du Canada, en 2009, on compte 3029 Hurons Wyandot enregistrés au Canada.

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 12:22

Un début du XVIIe siècle, on estime que la population huronne compte entre 16 000 et 30 000 individus établis sur des territoires répartis dans le sud-est de l'Ontario (Bai Georgienne), chevauchant les frontières actuelles des États-Unis et du Québec.

Vivant principalement de l'agriculture et du commerce, la Nation Huronne est, à cette époque, un des groupes les plus prospères et stables en Amérique du Nord. Les Hurons, appelés les Wendat, détiennent le monopole du maïs et du tabac dont ils font le commerce avec les autres nations autochtones, contre des fourrures et des objets quotidiens. Par la suite, le troc se fera avec les groupes européens qui viendront exploiter et coloniser ces territoires. La zone commerciale des Hurons comprend la région des Grands-Lacs, la Mauricie et mme la Baie d'Hudson. Selon Marguerite Vincent, auteur du livre La Nation Huronne, les Hurons étaient bien conscients de la perfection de leur système de commerce et très orgueilleux de l'influence dont ils jouissaient parmi les autres Indiens; au point qu'ils refusèrent d'apprendre d'autres dialectes que le leur, forçant les Indiens qui trafiquaient avec eux à apprendre le Huron.


Lors de la première visite de Jacques Cartier (en 1534), les Hurons sont en guerre contre les Iroquois. Les deux nations se disputent le contrôle du commerce de la fourrure et du tabac dans la vallée de l'Ohio et le long du Mississipi. La situation s'envenime avec l'apport des armes à feu par les Européens. Bientôt, la guerre que se livrent les Anglais et les Français se superpose à celle des Iroquois et des Hurons, ajoutant ainsi à la violence des hostilités.  partir de 1649, les Hurons subissent de sérieuses défaites et de nombreuses pertes en vies humaines qui s'ajouteront à celles subies par les maladies contagieuses dues aux contacts avec les Européens. Ils quittent définitivement la Huronnie avec une délégation de missionnaires jésuites pour se réfugier au Québec. Ils sont toujours poursuivis par les Iroquois, qui les relancent jusqu'à leur dernier retranchement. Les Hurons-Wendat se déplaceront successivement à sept (7) emplacements différents (soit sur des terres qui leur seront concédées ou dans des réductions) avant de se fixer de façon permanente dans la réserve indienne de Wendake (Village-des-Hurons) près de Québec en 1697.

La population huronne chute dramatiquement; on ne compte qu'environ 400 à 1000 membres, en 1740, installés dans la région de Lorette et sur les rives du lac Érié. En 1829, la population du Village-des-Hurons ne compte plus que 179 individus. Elle se chiffre aujourd'hui à 2 751 membres, dont 1 100 résident dans la communauté de Wendake. Les Hurons forment aujourd'hui une communauté prospère. L'économie de Wendake fournit du travail à la majorité de ses membres durant la saison touristique ainsi qu'à plus de 300 non-autochtones. La fabrication de raquettes, de mocassins et de canots de facture Huronne-Wendat jouissent d'une renommée internationale. Les secteurs touristiques, culturels, manufacturiers et de services constituent le moteur du développement économique de la communauté.

Vivant en zone urbanisée depuis plus de trois cent ans, les Hurons font actuellement des efforts pour reconstituer leur culture et leur langue.

Parmi les Hurons les plus célèbres, mentionnons Degandawidam qui fut le père de la Ligue des cinq Nations dont le fonctionnement a inspiré la constitution américaine; le chef Kondiaronk, reconnu pour ses talents de diplomate et pour son rôle dans la conclusion du traité de paix de 1701 auquel ont adhéré toutes les nations indiennes de la Nouvelle-France; Prosper Vincent (1842-1915), premier Huron a être ordonné prêtre; le chef Ludger Bastien (1879-1948), premier Huron élu comme député à la législature du Québec et homme d'affaires prospère; Oscar Bastien, qui fut le premier Huron annonceur à la radio (1927-1942); et Léon Gros-Louis, qui fut le premier médecin de la nation diplômé de l'Université Laval.

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 13:02

Village


Maison longue



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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 13:21

Très interressant,merci Law. Wink

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 15:04

je suis allé deux fois les voir, ils sont très sympa et c'est cool d'entendre parler des amérindiens en français.








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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 15:12

OUI,ça doit surprendre.mais je suppose qu'ils parlent aussi leur langue d'origine ?

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 15:16

Oui mais pas tous encore, le retour aux sources est long, certaines familles ont toujours parlé leur langue d'origine mais d'autres plus occidentalisées dans les décennies précédentes y reviennent.

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 29 Mar 2015 - 15:36

La revitalisation de la langue huronne-wendat : ré-imaginer linterculturel

Louis-Jacques Dorais

Résumé



Cet article explore certaines limites de linterculturel, en se penchant sur le cas des autochtones hurons-wendat de la région de Québec (Canada), et plus particulièrement sur le projet, toujours en cours, de revitalisation de leur langue ancestrale, celle-ci nétant plus utilisée depuis environ 150 ans. Biologiquement métissés, de langue et de culture franco-québécoises, les Wendat ne se distinguent presque plus de leurs voisins allochtones. Et pourtant, ils continuent à sidentifier comme appartenant à une nation différente de celle des Québécois et des Canadiens. Afin de bien marquer la frontière sociale les séparant des allochtones, ils ont ré-imaginé et se sont réapproprié depuis quelques décennies divers éléments de leur culture ancestrale. La revivification de la langue wendat fait partie de ce processus daffirmation identitaire : on crée un champ de différentiation interculturelle là où il nen existait pas, afin de ré-établir une distance sociale qui sétait presque totalement effacée au cours des ans. Ce qui peut être présenté par certains chercheurs et intervenants comme des différences objectives entre ensembles de pratiques et représentations qualifiés de « cultures » (justifiant ainsi lexistence du domaine des études interculturelles) relève donc souvent dun processus idéologique de construction identitaire, qui cherche à marquer une frontière ethnique autrement peu apparente. Pour analyser ce processus à partir du cas wendat, larticle fait appel, entre autres, aux apports théoriques de Barth (1969) sur les frontières ethniques, de Bourdieu (1982) sur la notion de marché linguistique et de Friedman (2009) sur celle dautochtonie. Les données, de nature qualitative, sont tirées de la participation de lauteur, depuis 2006, à un projet danthropologie linguistique appliquée décrit dans le texte, visant à faire réentendre la langue wendat au sein de la communauté.

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Mer 1 Avr 2015 - 8:34


James fedimore Cooper, dans la série "le dernier des Mohicans" n'est pas tendre avec les "MINGOS" ni d'ailleurs avec tout

ce qui touche la France de ce temps là Crying or Very sad Crying or Very sad

à plus

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MessageSujet: Re: Les Hurons-Wendats   Dim 14 Juin 2015 - 11:30

Général Lawrence Sisco a écrit:
je suis allé deux fois les voir, ils sont très sympa et c'est cool d'entendre parler des amérindiens en français.
Et avec ce bel accent québécois qui va bien
Pour ma part, lors de notre voyage au canada (été 2012) le site Huron ne nous a pas vraiment fait l'effet WOU
Peut être parce que les groupes s'enchainaient tellement vite et proches que ça faisait "usine à touriste"
Mai surtout peut être parce que quelques temps avant, nous étions sur un site MicMac avec des tenanciers vachement cool
(nous sommes restés papoter plus d'une heure et demie après la fermeture avec les personnes du site )

En bonus, quelques photos:
 
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