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 Biographies de nos personnages

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Mésoké

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mer 8 Juil 2015 - 18:24

REsalut GUY'S,c'est Mac,je suis sur l'ordi de ma femme parce que le miens "Merde".
Je voulais te dire que tu viens d'écrire une phrase magique"je vis au quotidien comme un Cow boy dans mon Ranch",je t'envie et profite en bien.Pour le reste continue comme ça tu es un acteur apprécié sur ce forum.
Un dernier truc précise moi dans quel coin du val de Loire tu te trouve.Bonne soirée,amicalement ,Mac.
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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Lun 30 Nov 2015 - 8:30

Ben mince, il ne se passe plus rien, nos personnages seraient-ils tous en maison de retraite ? Crying or Very sad

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Johnnie Reb

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Lun 30 Nov 2015 - 9:30

L'hiver devrait être propice à la réflexion Wink
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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Lun 30 Nov 2015 - 11:42

guy's Suyaka a écrit:
- - - - Le personnage de gaye Suyaka .  

 - - je m' appelle Guillaume-Antoine Pasquet , ou gaye Suyaka , en territoire de la Nouvelle France .
 Je suis né à Crémieu en Dauphiné , le 15 juillet 1708 , fils d' Anthoine Pasquet  & d' Antoinette Boiron .
 Mon père fût Écuyer , garde au corps du Roi .    Combattant de Louis Mandrin , bandit de grands chemins mais pour lequel il portait de la sympathie et de l' estime .
 L' aîné d' une fratrie de 18 enfants je fis rapidement une carrière militaire .  Tout comme mon père , je fût Écuyer , garde au corps du roi .
Étant célibataire et démobilisé de ma charge d' Écuyer , en ce mois de janvier 1732 je vais quitter la France pour le Québec .
  Avide de lectures , séduit par ces récits , très attiré par l' aventure et la liberté , j' ai hâte de découvrir ce pays immense dit ton ; très rude l' hiver , mais ne suis je pas né en Dauphiné .  Robuste de constitution et de santé , alors nous verrons bien sur place , je vais partir .
je suis à la recherche d' un embarquement . je pense partir de la Rochelle , je devrais retrouver des gens de ma condition , habitant l' Ouest de la France , car très peu de gens du Dauphiné sont tentés par l' aventure .
La Nouvelle France , ce pays peuplé de gens à l' apparence bizarre , mais d' excellents chasseurs dit t' on . La bas je pense à y pratiquer la chasse , le commerce de la fourrure et qui le sait devenir peut être un jour «  Patron «  d' une compagnie . Et peut être rencontrer une épouse et pourquoi pas créer une famille . J' aurai peut être la visite de mon frère Joseph Antoine ,mon cadet , qui lui l' an dernier , à quitté la France pour Haïti .
     M' étant dessaisi d' une bonne partie de mes biens , Je pars avec une bourse assez bien garnie ,  je compte bien m' approvisionner sur place sur les conseils des autochtones . Avant mon départ je pense m' enquerrire  d' un ou deux fusils modernes à silex , de la manufacture de  Tvlle , d' une paire de bons pistolets , de divers couteaux , tant pour mes besoin au quotidien que pour la chasse et aussi d' une bonne hache que l' on porte à la ceinture .
  La bas sur place , je trouverai des vêtements appropriés à ce pays et ses habitants , qui ont pour certains , la peau bien foncée à ce que l' on raconte . On dit aussi qu' ils sont revêtus de bas cuir , et d' un brayet , laissant les cuisses libre de toute protection.
     Dans les premiers temps , j' espère aussi obtenir un congé de traite du pays d' en bas afin de pouvoir y chasser afin de constituer un joli stock de fourrures et aller le vendre dans un fort le plus proche où j' y trouverai bien une compagnie . Je ferai le voyage en canot tel un voyageur , en parcourant le fleuve Saint Laurent .
    On m' a conté que :: depuis 1681, puis à partir de 1716  un système de Congés de Traite est instauré dans le but de réduire le nombre de coureurs de bois engagés dans la traite, mais aussi pour en tenir un registre officiel. En 1681, chaque coureur de bois installé dans le "bas-pays", c'est-à-dire dans la vallée du Saint Laurent , n'avait plus droit qu'à trente voyages en canot par an à l'intérieur du "Haut-pays", dans la forêt sauvage .
Nous verrons bien sur place et nous nous adapterons aux coutumes de ce beau pays .
La charge d' Écuyer , m' ayant conduit et fait vivre quelques temps en Angleterre , je possède l' exercice de cette langue , ce qui me facilitera l' intégration au travers de ce pays peuplé en grande majorité pas les Anglais .

- - A suivre .......................

Salut Guy, Guillaume-Antoine Pasquet n'est-il jamais arrivé en nouvelle France ?  Wink

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Mac Lean
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Lun 30 Nov 2015 - 11:53

La suite promet...

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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mar 8 Déc 2015 - 15:05

Rien de nouveau les amis ?

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Mac Lean
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mar 8 Déc 2015 - 18:39

Je trouve que Guy's nous a fait un très bon début de présentation.j'aimerais bien connaitre la suite.

A ce sujet j'ai pensé mettre toutes les présentation sur mon site.Ca serait un bon sujet pour les "Westerners" qui me lise.
Mais bien sur j'ai besoin de votre aval.SI c'est OK ,ça sera pour le mois de janvier.

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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mar 8 Déc 2015 - 18:58

Pour moi c'est ok 

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pat le trappeur

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mer 9 Déc 2015 - 5:19

ok aussi pour moi
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Johnnie Reb

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mer 9 Déc 2015 - 9:01

OK pour moi aussi
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two medicine man

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Mer 9 Déc 2015 - 16:06


No problémo pour moi


à plus

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pat le trappeur

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Jeu 24 Déc 2015 - 10:59

A partir de 1630 la coutume du Perche , dite égalitaire , dispose que tous les enfants d'un même couple , filles ou garçons , héritent à part égale . De ce fait , la surface des terres agricoles diminue à chaque génération . La superficie moyenne passe alors à 2 ou 3 hectares par paysan . En Nouvelle France , une concession mesure entre 70 et 100 arpents ( soit 20 à 30 hectares ) . Cette raréfaction des terres est sans doute l'une des raisons des départs vers le Canada .
De génération en génération , se transmettait le souvenir des scènes tragiques qui hantaient les esprits , l'abandon et la ruine des fermes prospères , la fuite et la misère dans les bois , la longue et stérile attente des secours de France , les déchirements de la venue au Canada .

L'histoire que je raconte vient de ma grand mère qui tenait cela de sa mère qu'elle même le tenait de sa mère ou de sa grand mère .... .

Je vous passe en rapide la vie de nôtre famille ( Coudrin ) du 18ème siècle jusqu'au Grand Dérangement . Sachant qu'ils partaient du Mans dans le Maine et qu' ils ont pris le bateau à Saint Malo vers le début du 18ème siècle .
Par contre la famille de lily , Louis ( charpentier ) et Simone ( couturière ) Boishébert sont partis du Mans mais ils sont partis du port de La Rochelle début 19ème siècle .

La Déportation des Acadiens est une expression utilisée pour désigner l'expropriation massive et la déportation des Acadiens, peuple francophone d'Amérique, lors de la prise de possession par les Britanniques d'une partie des anciennes colonies françaises en Amérique, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La déportation des Acadiens constitue une opération de nettoyage ethnique de grande envergure, compte tenu de la démographie de l'époque, puisqu'elle a transformé la composition de la population de trois provinces canadiennes, la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, et aussi une partie de l'état américain du Maine.

Le Grand Dérangement constitue une période de l'histoire de l'Acadie s'échelonnant ,  selon les historiens , de 1749 ou 1750 aux années 1780 ou même 1820  . La déportation des Acadiens , souvent considérée comme synonyme , ne couvre qu'une partie de cette période, soit de 1755 à 1763  .

En Acadie la population ont fait de tous les étrangers des Français .
Ex :
Shaw - Chat
Mulhoran - Malorin
Shauffer - Chauffes
O' Flaherty - Fleurty

Américains ou Protestants , on en faisait des Catholiques Français par voisinage et surtout épousable . Car aucune famille Acadienne n'eut accepté le mariage d'une de ses filles avec un prétendant dont la religion n'aurait pas été Catholique .
La convertion précédait donc toujours le mariage . Le temps de quelques années et ces étrangers parlaient tous Français . En moins d'une génération , la graphie de leur nom s'était Francisé .

Le nom de Fitzpatrick vient qu'au début du 18ème siècle un Irlandais qui aurait été prisonnier par les Anglais se réfugia en Acadie et épousa Marie Coudrin .

Je suis né en 1833 ( Lily en 1831 ) dans les environs de Maskinongé situé à quelques kilomètre à l'ouest de Trois Rivières , sur la rive Nord du Saint Laurent . Il se peut que nos parents soient des paysans . Pat Fitzpatrick ( qui apparait sous le nom de Filspatrick  dans le registre de la paroisse de Maskinongé ) est entré dans la traite des fourrures pour la première fois et  fut employé durant trois ans .
Je n'apparais pas dans le registre de la traite car j'avais décidé de revenir fermier dans la vallée du saint Laurent et d'épouser ma femme .

Maintenant nous vivons de chasse et de culture ; L'hiver nous sommes dans une cabane et l'été nous voyageons avec notre Range-Tipi suivant le rythme des animaux .


C'est qu'au bout d'un certain temps , quand on a quitté le vieux monde pour le nouveau , la ville pour la forêt , quand on a compris que le bonheur se trouve seulement au fond des bois , on secoue la plante de ses pieds pour qu'il ne reste plus un atome de la poussières des villes.
On recommence sa vie , on se refait un nom et tout va bien.
Ils avaient t disparu sans laisser de trace .....
En ce faisant colon , de même que beaucoup d'autres , il aura changé de nom.......

Tout le monde l'appelle "Sarbacane" depuis leurs passages chez les cherokees où ce peuple lui a appris à chasser avec .
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Général Lawrence Sisco
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Jeu 24 Déc 2015 - 11:26

Bien Pat, merci de relancer ce post. 

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Fricoteur



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MessageSujet: Biographie Fricoteur   Ven 26 Fév 2016 - 12:58

Volontaire de l'an deux, fusilier-grenadier de la Garde Impériale, campagnes d'Allemagne, d'Autriche, de Prusse, d'Espagne, de Russie, de Saxe, de France et de Belgique.

Echappant à la pourriture royaliste, j'ai pris le large vers l'ouest. Je n'ai pas rejoint la colonie du Texas car j'ai suffisamment vu de soleil en Espagne. De plus, j'ai un petit contentieux avec les Espagnols et d'ailleurs c'est mutuel.

La forêt, les animaux, des Sauvages simples et droits, voilà qui me convient.

Et je pisse sur tous les Bourbons ! Vive la République et vive l'Empereur, nom de nom !
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Mac Lean
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Lun 29 Fév 2016 - 10:01

Voilà qui est parlé,de Diou...

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Jeu 7 Avr 2016 - 13:57

Hommage à H.P.Lovecraft

Richmond, le 20 Mars 1865 - A la plus grande attention du Docteur Harmitage, Miskatonic University, Arkham, Massachusetts

Cher Dr Harmitage,

Nous ne nous connaissons pas personnellement mais votre réputation est parvenue jusqu'à moi. Je suis le général confédéré Lawrence Sisco. Il y a quatre ans, alors que je rejoignais la Virginie qui venait de faire sécession je m’arrêtai dans un hospice d'aliénés se trouvant sur mon chemin afin de m'y désaltérer quand un homme sombre me confia ce manuscrit ainsi qu'un court rapport médical à votre attention. je n'y pris pas garde et rangeai ces documents dans mes fontes, c'est avec quatre ans de retard que je vous les transmet. Depuis j'ai pris le temps de les lire et cela m'a bouleversé mais après quatre ans de cette guerre interminable, plus rien ne étonne... 


L’auberge au bord du monde

Manuscrit de George Rosewood (1860)

" Lorsque vous entrez dans cette auberge, vous remontez le temps jusqu'aux années trente, 1830. Il n’y a jamais de client. Les murs sont jaunis par l'énorme vieux poêle à bois adossé à la cloison de droite. Près de la porte d'entrée, le comptoir en bois, de moins d'un mètre de long, est surplombé par une minuscule armoire vitrée contenant une quinzaine de paquets de cigare. Au centre de la salle, trône un magnifique billard français; il est recouvert de sa plaque de protection et sert ainsi de range-tout. Autour, sept vieilles tables en bois, assorties de quatre chaises, sont disposées contre les murs. Derrière le bar, à gauche de l'ancien miroir, une porte à demi vitrée donne sur une épicerie. A l'extrémité de la salle, deux portes: l'une cache de sordides toilettes au fond d'une cour et l'autre donne sur la cuisine. 

Vous êtes accueilli par une vieille dame à la démarche lente mais fort aimable, ou par une jeune femme à l'air gentil et triste à la fois. Celle-ci est assez menue mais dotée d'une belle poitrine; elle serait jolie si elle ne semblait prématurément vieillie, avec ses cheveux bruns, mi-longs et pas entièrement démêlés. Mais vous ne les voyez jamais en même temps.
Cette auberge n'est pas situé dans une vallée oubliée du Vermont, mais à 60 km au sud-ouest de Boston. Elle existe encore aujourd'hui et ces deux femmes y demeurent toujours; paix à leurs âmes. 
Il est parfois des choses qu'il ne faudrait jamais connaître.

J'ai découvert ce lieu il y a quelques mois et seul l'ultime sommeil, si celui-ci est encore possible, me permettra d'oublier ce que j'y ai vécu. 
Je passai par hasard devant ce saloon et m'y arrêtai pour y acheter des cigares. Je fus séduit d'emblée, par le charme hors du temps de ces lieux et décidai d'y retourner deux à trois fois par semaine pour boire un café ou une bière tout en lisant des nouvelles de littérature fantastique rédigées dans les années 40 par le fameux Edgar Allan Poe. Le climat de cet endroit me plongeait au cœur même de mes lectures. Rapidement une certaine cordialité s'installa entre ces femmes, (que je voyais toujours à tour de rôle), et moi.
- Je me présente: Sarah Barlow.
- Enchanté, George Rosewood.
- j'ai connu un certain Richard Rosewood, qui essaya de me venir en aide en 1839. Mais il n'y parvint pas; c'est vrai qu'il avait d'autres problèmes à régler.
- Richard Rosewood était mon grand-père, répliquai-je. Il est décédé il y à un peu plus de trois ans.
- Quelle tristesse, mais je suis ravie de rencontrer son petit-fils. Vous lisez des contes fantastiques, continua la vieille dame en regardant le livre ouvert entre mon café et mes cigares.
-Oui, j'aime beaucoup ce genre de littérature. Je suis d'ailleurs bibliothécaire et travaille, en ce moment, tout près d'ici pour un particulier.
-C'est passionnant, dit-elle, nous avons une bibliothèque qui devrait vous plaire. Elle est bien garnie et contient des volumes très anciens. Cela fait longtemps que je vous vois lire; un jour, si vous avez le temps, nous vous inviterons à déguster un bon chocolat dans notre bibliothèque. Nous n'avons pas si souvent le plaisir de recevoir et de redonner un peu de vie à tous nos livres.
-Avec joie, lui rétorquai-je. Je peux disposer de plus de temps mardi en début d'après-midi.
-Très bien, alors à mardi.
-D'accord, au revoir Madame. Sur ces mots, je pris mes affaires et quittai les lieux.

Le mardi suivant, je retournai dans l’auberge et fut invité, comme convenu, à boire un chocolat chaud dans la fameuse bibliothèque. L'appartement donnait derrière l'épicerie. Une cuisine qui ne se différenciait en rien de la vétusté du café, puis un vieil escalier en bois menait à l'étage. Et là, tout était si différent. Un long couloir richement décoré desservait quatre pièces: trois chambres, sans doute et la bibliothèque où la vieille femme me fit entrer. C'était une pièce chaleureuse, d'une vingtaine de mètres carrés. Le bureau et les trois fauteuils semblaient être du plus pure style Anglais, d'épais tapis recouvraient toute la surface du sol et d'immenses bibliothèques habillaient la totalité des quatre murs à l'exception du pourtour de la porte et de la fenêtre. Cela représentait plus de trois mille cinq cents ouvrages, dont certains étaient très anciens. La femme âgée, Sarah, me proposa de m'asseoir et m'apporta une tasse d'un excellent chocolat. 

La plus jeune jouait du violon, assise devant une fenêtre aux rideaux clos, la seule fenêtre de la pièce. C'était une musique oppressante, à la limite du supportable. Mais la conversation de la vielle dame me fascinait; elle évoquait la littérature fantastique comme si elle y vivait. La jeune femme, qui se prénommait Alice et qui avait, tout au plus, vingt ans, vînt me rejoindre; sa mère se rendît près de la fenêtre, afin d'y jouer, au violon, cette même hystérie musicale. La conversation d'Alice était plus légère, bien que le ton reflétait une grande lassitude. Elle désirait tout savoir de Boston et des autres villes proches, Pawtucket, Providence… Elles avaient pourtant des journaux récents mais Alice m'avoua qu'elle et sa mère ne sortaient guère. Après deux heures agréablement passées dans ces lieux, je pris congé des deux femmes en les remerciant chaleureusement, j'eus même droit à une bise de la part d'Alice. Je devais retourner sur mon lieu de travail, une grande bibliothèque privée à réorganiser, dans un manoir de la région de Providence qui appartenait à une vieille et riche famille.

***

Trois jours plus tard, nous étions le 24 décembre 1860, je rentrai d'un dur labeur à la bibliothèque et passai à moins d'un kilomètre de la fameuse auberge. Il était 17 heures et la tempête de neige, qui faisait rage depuis le matin, avait totalement effacé la route. J'essayai tout de même de rejoindre ma demeure à Providence, quand mon buggy heurta une énorme congère et s'immobilisa  sur le champ, une roue brisée, il y avait peu d'espoir de repartir sans l'aide d'un remorquage et d'une bonne réparation. Je décidai donc de me rendre à l’auberge des deux femmes afin de m’y protéger. Après vingt minutes d'une progression lente et difficile dans la neige et le vent, je parvins enfin à la porte de l’auberge. C'est Alice qui m'accueillit chaleureusement.
Alice me proposa aussitôt de réveillonner avec elles; ma compagnie leur ferait plaisir. Personne ne m'attendait; j'étais célibataire et n'avais plus de famille, hormis un proche cousin qui passait actuellement les fêtes de fin d'année en famille à la montagne. C'est avec un plaisir non feint que j'acceptai. En ce qui concerne mon véhicule, on ne pouvait rien avant demain, et peut être plus. Alice, moins triste qu'à son habitude, m'amena au salon-bibliothèque où se dressait une magnifique table. Seule ombre au tableau: sa mère jouait frénétiquement du violon, assise près de la fenêtre aux rideaux tirés. Cette atmosphère tendue me glaça le sang et cela dut se remarquer. 
Alice allât remplacer sa mère au violon et celle-ci vint me saluer:

- Bonsoir, George, asseyez-vous, je vous prie. Comme vous le voyez, nous devons toujours nous relayer au violon. Nous n'avons pas d'activité commune, c'est pour cette raison que nous n'apparaissons jamais ensemble au café, où l'espace de trois minutes, pas plus. Je dois vous expliquer. Vous allez tout comprendre car vous en êtes capable; mais j'espère que vous allez me croire.
Elle prit place dans un somptueux fauteuil et raconta:

-Tout a commencé en décembre 1838, j'étais alors une toute jeune mariée et tenais ce saloon, hérité de mes parents. Mon époux était professeur à Boston. La veille de Noël un homme est entré dans la salle du café. Il s'appelait Nyarlathotep et semblait fort sympathique; il était vêtu comme un ecclésiastique anglican, en noir avec un petit col blanc. Bien que ses traits soit européens il avait la peau noire et ressemblait à un prêtre Tamoul. Il se disait prédicateur ambulant et désirait nous offrir un antique reliquaire, sa façon de célébrer Noël avec des gens hospitaliers. Il s'agissait d'un petit coffret, apparemment très ancien et finement ciselé de signes inconnus. Mais dès l'ouverture du coffret, tout changea très rapidement. La pièce s'est assombrie, portes et fenêtres se sont ouvertes avec un fracas sans nom sur une région glacée qui ne ressemblait en rien à notre monde et des êtres cauchemardesques sont apparus. Tous humanoïdes et cornus, les uns étaient pourvus d'ailes de chauves-souris avec une tête sans visage, les autres possédaient des membres inférieurs de chèvres. 

Nyarlathotep était venu dans le seul but d'ouvrir ici un passage, une porte dimensionnelle, vers un autre monde: les contées du rêve. Sur son ordre les entités immondes s'enfuirent et le calme revint. Il nous informa que notre maison, ainsi que ses habitants, faisait partie d'un no man's land dimensionnel et que si nous sortions d'ici nous passions directement sur le plateau de Leng, une des régions les plus hostiles des contrées du rêve, peuplée d'êtres abjectes, dont nous venions de voir certains spécimens. Par contre les individus de notre dimension pourront toujours entrer chez nous sans aucun problème car l'intérieur du café est resté de ce monde. Voilà pourquoi nous sommes toujours ouverts; cela nous permet de garder le contact avec notre dimension, d'être approvisionnés, de rencontrer des gens. Les êtres de notre dimension, qui nous rendent visite, ne sont pas affectés par cette situation, s'ils restent ici moins d'une révolution terrestre. Sur ces précisions, il nous salua cordialement et disparut par la porte qui ouvrait désormais sur un autre monde.

Le récit  de cette femme me fascinait, mais je l'entendais comme une fiction.
- Vous devrez donc, quel que soit l'état des routes, nous quitter demain avant 17 heures, me dit-elle en marge de son récit qu'elle reprit aussitôt.
- Je dois vous apporter quelques précisions au sujet de cet homme et des deux espèces que nous apercevions pour la première fois ce 24 décembre 1838. Nyarlathotep est le messager des Grands Anciens, où des anciens Dieux, si vous préférez, mais il est peut-être aussi le plus grand d'entre eux. Alors que ses congénères se languissent dans une semi mort, lui va à son gré, d'une dimension à l'autre. Cela fait soixante millions d'années qu'il visite notre monde, mais depuis l'aube de l'humanité il prend une apparence anthropoïde, plus ou moins humaine; les hommes l'amusent. C'est suite à ses maintes apparitions et à ses coups tordus d'échanges d'êtres d'une dimension à l'autre, qu'est né le mythe du Diable. Ses acolytes, sont également à l'origine d'une certaine imagerie du Démon. Les "hommes" du plateau de Leng, d'apparence humaine, portent des cornes et possèdent les membres inférieurs d'un bouc. Ils ne sont pas le fruit d'une évolution divergente d'une branche des hominidés, mais plutôt la convergence d'une espèce totalement différente: celle des caprins. Les autres, cornus également, dépourvus de visage, possédant des ailes de chauves-souris et une queue de scorpion sont appelés "maigres bêtes de la nuit".

Depuis ce jour, nous sommes prisonniers de cette demeure. Dès les premiers jours, deux hommes bons et sensés nous rendirent visite. Ils venaient de régions plus hospitalières des contrées de rêve. Ils avaient appartenu à notre monde et en tant que rêveurs expérimentés n'avaient pas besoin de portail dimensionnel pour passer d'une dimension à l'autre.  Ils se nommaient Randolph Carter et Kuranes, mais malheureusement ils étaient morts dans le monde éveillé et appartenaient à jamais aux contrées du rêve. Nous ne pouvions les suivre car seuls des individus de notre dimension pouvaient empêcher les entités cauchemardesques de s'y propager. En nous quittant, ils nous ont laissé la partition d'une musique composée par un certain Erich Zann qui fut confronté à une situation similaire dans les années 1820, à Paris. Seule la musique que nous jouons sans relâche, à la fenêtre de cette pièce, constitue un rempart efficace, contre les êtres maléfiques du plateau de Leng.

Nous avons eu trois enfants: Peter en 1838, Henry en 39 et Alice en 40. Au début nous ne voulions pas d'enfants, pour qu'ils ne subissent pas cette existence, mais ce fut à chaque fois une grande joie. Ne pouvant sortir pour se rendre à l’école, nous les avons éduqués nous-même. Avant notre "emprisonnement", Charles, mon époux, était professeur de rhétorique; en l'occurrence, il possédait de sérieuses connaissances en mathématiques et en Latin. De plus nous disposions d'une remarquable bibliothèque, léguée par les parents de Charles; celle-là même que vous admirez aujourd'hui. Nous explorions, en de rares occasions, les abords proches de la maison, mais l'attitude menaçante des "cornus de Leng" nous forçaient à rentrer rapidement. En 1854, Pierre, le plus audacieux, qui n'en pouvait plus de cette vie entre quatre murs, parvint à traverser les étendues glacées pour rejoindre Messieurs Carter et Kuranes dans la très agréable cité de Serannian, dont Kuranés était le souverain. Depuis il y vit heureux et a même fonder une famille. Il revient nous voir tous les ans, accompagné d'une imposante escorte que lui octroi le roi Kuranés. Quatre ans plus tard, mon époux et notre fils cadet furent atrocement déchiquetés par les habitants du plateau. Ils s'étaient introduits dans la maison après une interruption de moins de quinze minutes de notre musique salvatrice. Voilà, vous savez tout. 

Je vous sens sceptique, alors levez-vous et accompagnez-moi à la fenêtre.
Je m'exécutai. Elle écarta les rideaux et je découvris une étendue glacée.
- Normal, lui fis-je remarquer. Avec la tempête de neige qui sévit sur la Région...
- Je vois que vous n'avez pas remarqué les hautes montagnes, au loin. Mais ne gâchons pas ce réveillon de Noël, et puis demain au plus tard, vous serez parti.
Après le repas, que mes hôtesses prirent à tour de rôle, la vieille femme déclara prendre son tour de garde à la fenêtre pour y jouer du violon le reste de la nuit; trois heures du matin sonnaient déjà à l'horloge. Alice, qui n'avait pas souvent l'occasion d'aimer, m'attira dans son lit. J'y entrai avec joie car ce genre de plaisir n’arrive pas souvent à un "rat de bibliothèque" célibataire.

***

Mais trois heures plus tard, nous fûmes tirés de l'extase par le déchaînement d'une violence inouïe: la vieille femme s'était assoupie et avait cessé de jouer la musique d'Erich Zann. Des maigres bêtes de la nuit était entrées par la fenêtre et mettaient la maison à sac. La femme avait donc dit vrai; quelle horrible réalité! Alice m'entraîna au rez de chaussée, dans la salle du café et me conjura de quitter ces lieux. Alors que Sarah avait recommencé à jouer et que les maigres bêtes de la nuit retournaient lentement vers les contrées du rêve, j'enfilai mes vêtements et les suppliai de me suivre. Des larmes plein les yeux, Alice s'adressa à moi dans un dernier sanglot:
- N'as-tu rien compris, ma mère disait vrai, tu dois partir, si un de ces monstre t'emmène, tu seras immolé car leurs maîtres adorent les nouveaux arrivants du monde éveillé. C'est pour ton bien, sache que j'aurais tant aimé te garder. Adieu.
Sur ces derniers mots, elle ouvrit la porte et me poussa dehors. Je ne me trouvais pas dans le Massachusetts enneigée, mais sur les étendues glacées du plateau de Leng où les monts du nord culminaient à plus de dix mille mètres. Etais-je resté trop longtemps en ces lieux pour demeurer à jamais dans les contrées du rêve? Non, à peine 12 heures. J'ai fui droit devant moi, à travers la plaine glacée. Ma course effrénée dura dix minutes et j'entrai à nouveau dans notre monde, près de mon buggy endommagé. Je décidai de repartir au café où Alice était en danger. Là, par la fenêtre, je vis un maelström épouvantable: les deux femmes étaient assises et pleuraient, la tête entre les mains. Un grand homme en noir vociférait et gesticulait, accompagné de ses mignons: les hommes cornus de Leng et les maigres bêtes de la nuit.

***

Je m'enfuis en courant et fus retrouvé huit heures plus tard errant dans la campagne enneigée, le regard vide et transi de froid. Depuis, après un bref séjour à mon domicile, je suis soigné dans un hospice pour aliénés, de nuit comme de jour, je discerne par la fenêtre les étendues glacées du plateau de Leng, où l'homme en noir, accompagné de ses acolytes cornus m'épie. Mais par-dessus tout, je redoute le sommeil, car dans ces moments, je rejoins inéluctablement les contrées du rêve. Je n'en puis plus et décide d'en finir ce soir... "

P.S. : Cher cousin, tu es ma seule famille et je vais te faire parvenir, par l'intermédiaire d'une infirmière de confiance, ce récit, sous pli cacheté.

Rapport du Médecin de garde

" Le patient, George Rosewood, s'est étouffé volontairement avec son oreiller. Nous avons, sans doute, sous-estimé sa paranoïa. Il craignait les fenêtres et ne supportait pas l'idée de dormir; il avait la phobie des rêves.
Mais la mort ou l'ultime sommeil, comme on l'appelle, n'est-elle pas un passage définitif vers les contrées du rêve? "                                      
Dr  Nyar  Lathotep

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Dernière édition par Général Lawrence Sisco le Dim 3 Juil 2016 - 4:25, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Jeu 7 Avr 2016 - 14:57


Shocked Shocked Shocked Tu fumes quoi en ce moment ?? ou des champignons??? ça pourrait servir de décor au prochain TArantino

Mais une question: qu'est ce que vient faire la dedans la télé et le téléphone et la radio ????

à plus

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MessageSujet: Re: Biographies de nos personnages   Jeu 7 Avr 2016 - 15:24

Purée,cette ligne m'avait échappée.
C'est une nouvelle que j'avais écrit en 95 avec deux autres qui ont été éditées dans des revues "Lovecraftiennes".
J'ai réadaptée celle- ci pour les USA 1860's, je corrige de suite  Wink

Merci Michel et merci d'avoir lu.

Il faut connaitre l'oeuvre d'Howard Phillips Lovecraft (le père de la littérature fantastique moderne) et notamment la partie consacrée aux "contrées du rêve" pour apprécier mon récit ci-dessus, c'est peut-être votre cas...

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Biographies de nos personnages
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